Dans les coulisses du Comité de la sécurité alimentaire mondiale à Rome
Du 15 au 19 juin, le CCFD-Terre Solidaire a participé aux négociations du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, un espace où Etats, société civile, chercheurs et acteurs privés se réunissent pour trouver des solutions face à la faim. Récit.
Ce n’est ni pour le Colisée, ni pour la Fontaine de Trevi qu’Ysé El Bouhali Bouchet s’est rendue dans la capitale italienne en juin dernier. La chargée de plaidoyer souveraineté alimentaire du CCFD-Terre Solidaire avait un tout autre itinéraire en tête : les couloirs et les salles de réunion de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Le Comité de la sécurité alimentaire, une COP de l’alimentation
Car du 15 au 19 juin, la FAO accueillait les négociations annuelles du Comité de la sécurité alimentaire mondiale. Ce comité, comme son nom l’indique, a pour but de renforcer la sécurité alimentaire dans le monde et de défendre le droit à l’alimentation. Il rassemble à la fois des représentants de gouvernements, d’institutions de recherche et du secteur privé, mais aussi d’organisations non gouvernementales et de peuples autochtones.
Le Comité de la sécurité alimentaire mondiale se réunit chaque année autour d’un sujet particulier dans le but d’aboutir à une déclaration finale adoptée par les Etats membres de la FAO. Cette année, c’est la résilience de nos systèmes alimentaires qui est au menu des négociations. Autrement dit : comment garantir notre capacité à nous nourrir, même en période de crise.
Ce format ressemble à la COP qui a lieu chaque année pour coordonner la réponse mondiale face au changement climatique. La dernière a eu lieu à Belém en novembre 2025 et le CCFD-Terre Solidaire s’y était rendu. Mais à Rome, c’est la sécurité alimentaire qui est au centre des discussions.
Faire rentrer les réalités du terrain dans un texte international
Présente aux négociations du mois de juin, Ysé représentait le CCFD-Terre Solidaire pour défendre la souveraineté alimentaire, le droit à l’alimentation et l’agroécologie.
Avant les plénières avec les Etats membres, nous nous sommes réunis avec les représentants de la société civile et des peuples autochtones pour relire le projet de texte, partager les réalités de terrain et construire une position commune.
Ysé El Bouhali Bouchet, chargée de plaidoyer souveraineté alimentaire au CCFD-Terre Solidaire
Dans cet espace, les personnes concernées au plus près par les enjeux de sécurité alimentaire ont la priorité. Les ONG sont là en soutien et non pour parler à leur place.
Nous avons pu collecter les doléances des jeunes de l’Afrique centrale pour porter la voix de ces communautés, pour que leurs revendications soient incluses pendant les négociations, notamment en ce qui concerne la restauration des terres dégradées.
Christian Poro, coordinateur des programmes chez ADC Cameroun
Car l’enjeu des discussions, c’est aussi ça : faire entrer les réalités du terrain dans un texte international.
Les négociations se sont poursuivies en juillet lors d’une seconde phase de négociations et devraient aboutir en octobre avec l’adoption de la déclaration finale, si le calendrier est tenu. Bien que la déclaration finale ne soit pas contraignante pour les Etats signataires, elle met sur la table un enjeu crucial : garantir à chacun et chacune une alimentation digne, saine et accessible.
Photo de couverture : Roberta Valerio / CCFD-Terre Solidaire
Vero, membre de notre partenaire FARM (Femmes en action rurale à Madagascar), a mis en place chez elle une « vitrine » agroécologique. Elle donne des formations aux jeunes agriculteurs pour leur transmettre les connaissances nécessaires sur l’agroécologie et ses pratiques.
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