Mouvement des Sans Terre

Le Mouvement des Sans Terre brésilien est né dans le sud du Brésil en 1978 durant la dictature militaire et découle du travail pastoral réalisé par les Eglises catholiques et luthériennes.

En 1984, le processus d’articulation de ces luttes pour la terre se concrétise par la création d’un mouvement national.

Le mouvement s’est d’abord constitué dans le but de démocratiser l’accès à la terre. Sa stratégie d’action était principalement la lutte directe par l’occupation des terres non exploitées.

En 1985, un an après sa création, le mouvement avait organisé 35 occupations de terre, et mobilisait un peu plus de 10 000 familles. Aujourd’hui, le mouvement regroupe approximativement 350 000 familles, dont 250 000 installées et 100 000 occupants des terres, en attente de titres de propriété.

Le mouvement des sans terre combine la lutte directe (par l’occupation des terres) avec la lutte socio-économique (l’organisation de coopératives).
Son action va au-delà de la simple organisation de la production, poursuivant trois objectifs principaux :
- éradiquer la pauvreté en zone rurale,
- mettre un terme aux inégalités sociales,
- mettre en place des changements structurels dans l’ensemble de la société.

Le mouvement aide les paysans sans terre à s’organiser, à se former, et à exiger que l’Etat met en place la réforme agraire.

Il n’est pas seulement un mouvement social défendant les intérêts spécifiques des petits paysans touchés par le développement de l’agriculture capitaliste, il s’est aussi doté d’une perspective politique indépendante, visant une véritable réforme agraire à long terme. Il tient donc à rester indépendant de toute formation politique.

Le MST cherche à renforcer les organisations populaires et paysannes. Pour cela, il aide aussi les petits agriculteurs qui ont conquis la terre à connaître leurs droits, à créer des écoles, à produire en respectant l’environnement (agro-écologie), à commercialiser leurs produits, à garantir les mêmes droits pour les femmes et pour les hommes et à se solidariser avec des paysans d’autres pays.

La dimension éducative est très importante au sein du Mouvement des sans terre. Pour cela, le mouvement développe des actions d’alphabétisation, d’éducation primaire et secondaire, de formations technique et professionnelle, basées sur les pratiques concrètes de chacun et visant une transformation de la réalité sociale quotidienne.

De même, il insiste sur l’importance de la formation des militants et cadres du mouvement, en vue d’améliorer la gestion des coopératives et la capacité d’organisation du mouvement.

La participation des femmes est également essentielle au sein du mouvement.

Enfin, le mouvement des sans terre approfondit le travail en réseau aux niveaux national et international. L’objectif est de porter le débat sur la scène internationale, d’échanger des expériences et de défendre une position commune, pour proposer une alternative au modèle de mondialisation néolibérale.

Le mouvement s’oriente vers une alliance avec l’ensemble des mouvements ruraux ainsi qu’avec les consommateurs des milieux populaires et des petites classes moyennes urbaines.

Il met aussi l’accent sur l’enjeu de production agro-écologique : produire plus, produire mieux, pénétrer dans les filières de distribution pour relever le pari de l’alimentation des brésiliens par les petits producteurs familiaux.

Depuis la destitution de Dilma Rousseff en 2016 et l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro en 2019, le mouvement est particulièrement la cible d ’attaques, désigné par le gouvernement comme un ennemi et une menace.

De nombreuses communautés paysannes ont subi courant 2019 des expulsions forcées de leurs terres ou ont été victimes de violences de toutes sortes.

Dans un contexte de grande précarisation de la vie quotidienne, le mouvement représente pourtant un refuge et un recours pour beaucoup de familles sans ressources et qui trouve dans les occupations de terres une solution de logement et de mode de vie.

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