76% des tomates importées en France viennent du Maroc. 67% du soja importé est brésilien. 85% des crevettes qu’exporte Madagascar sont destinées à la France.
Le système alimentaire français repose en très grande partie sur les pays du Sud.
Dans son Observatoire de la souveraineté alimentaire, le CCFD-Terre Solidaire met en lumière les interdépendances entre la France et les pays du Sud. Dans un contexte de fragilisation des systèmes alimentaires, il dénonce la manière dont la souveraineté alimentaire est instrumentalisée pour justifier une politique d’export tournant le dos à la solidarité internationale
Principaux enseignements
34%
En 2015, 34% des émissions de gaz à effet de serre étaient liées au système alimentaire mondial.
10,7%
La France est responsable de 10,7% de la déforestation importée par l’Union européenne.
7 300
En 2023, la France a exporté 7300 tonnes de pesticides interdits.
Le coût caché de nos dépendances alimentaires
L’Observatoire s’appuie sur une étude de cas : celle des tomates au Maroc.
Cette étude montre la complexité d’un système alimentaire mondialisé, dominé par la recherche de rentabilité au détriment des impératifs environnementaux, sanitaires et sociaux.
Les décisions économiques opérées par une poignée d’acteurs engendrent des coûts sociétaux significatifs, tant au Maroc qu’en France.
Pour illustrer ce sujet complexe, nous avons décidé de faire appel… à des tomates !
Souveraineté alimentaire
Définition de l’ONU (UNDROP, art 15, 2018)
« Les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales ont le droit de définir leur systèmes alimentaires et agricoles, droit reconnu par de nombreux Etats et régions comme le droit à la souveraineté alimentaire. Ceci inclut le droit de participer aux processus décisionnels concernant la politique alimentaire et agricole et le droit à une nourriture saine et suffisante produites par des méthodes écologiques et durables respectueuses de leur culture. »
La souveraineté alimentaire expliquée par des tomates, c’est par ici.
De la compétition à la coopération, une nécessaire bifurcation
Il est temps de tourner la page d’un système alimentaire fondé sur la compétition, la domination et le pillage des ressources. L’agriculture ne peut plus servir les profits de quelques-uns au détriment du droit de toutes et tous à se nourrir dignement.
Le CCFD-Terre Solidaire appelle à un changement de cap radical :
- Des règles plus justes pour le commerce international
- Une transition agroécologique globale, pour sortir des logique de spécialisation
- Une gouvernance démocratique des systèmes alimentaires
Face à l’urgence climatique, aux inégalités croissantes et à la montée des tensions géopolitiques, un choix s’impose : faire de l’alimentation un bien commun, plutôt qu’une arme. Élaborer des politiques publiques pour nourrir les peuples, plutôt que les marchés.
Découvrir l’Observatoire de la Souveraineté alimentaire
« La France à table, le Sud paie l’addition ». L’Observatoire de la souveraineté alimentaire du CCFD-Terre Solidaire propose un examen des échanges agricoles et alimentaires entre la France et les pays du Sud, et révèle les profonds mécanismes de dépendances qui en découlent.
Une synthèse est également disponible.
Photo de couverture : Roberta Valerio