© Alessandro Cinque

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Festival La Gacilly : l'impact des mines dans les pays Andins

Terres souillées, corps blessés

Exposé au festival photo la Gacilly, le photographe Alessandro Cinque, Grand lauréat du Prix Terre Solidaire, témoigne des conséquences de l’exploitation minière dans les pays andins.

Grâce au soutien du CCFD-Terre Solidaire, il a poursuivi son documentaire photographique, initialement au Pérou, à trois autres pays andins : la Bolivie, l’Équateur et l’Argentine.

Dans ces pays, le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires locaux sont en première ligne pour défendre les droits et le bien-vivre des populations affectées par le pillage intensif de leurs ressources. Ensemble, nous portons leurs voix.

Les Andes, l’eldorado du secteur minier

 

Depuis l’arrivée des conquistadors au XVIe siècle, l’Amérique latine est le théâtre de l’exploitation de ses nombreuses richesses naturelles, et notamment en minerais. Dans les années 1990, avec l’émergence du néolibéralisme, les activités extractives se sont intensifiées dans le sous-continent, attirant les investissements étrangers.

Au Pérou, la face cachée du miracle économique

 

Le Pérou est le deuxième producteur mondial d’argent et de cuivre, et un important exportateur d’or. L’industrie minière représente 15 % de son PIB. Grâce aux richesses de ses montagnes, le pays a connu un véritable “miracle économique“.

 

Pourtant, derrière cette prospérité, se cache une réalité bien moins glorieuse. Grâce à l’appui du gouvernement, de nombreuses entreprises étrangères se sont implantées dans des territoires autochtones, pour y exploiter des mines à ciel ouvert, entraînant des décennies de misère, de pauvreté et d’inégalités.

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En Bolivie, le dilemme du développement 

 

La Bolivie regorge de ressources en minerais et en hydrocarbures. En 2006, un tournant s’opère avec le gouvernement d’Evo Morales qui décide de reprendre le contrôle des ressources du pays et de les redistribuer, en nationalisant de nombreuses mines.

 

Pour autant, les objectifs de l’ancien président ont laissé place à de nombreuses contradictions. La Bolivie est toujours dépendante des exploitations minières qui ne bénéficient guère à sa population. Le pays demeure l’un des plus pauvres d’Amérique latine.

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Dans le triangle du lithium, la course à l’or moderne 

 

Le Chili, la Bolivie et l’Argentine, surnommés le “triangle du lithium”, détiennent plus de 60 % des réserves mondiales de cet “or blanc”, très prisé par les géants de la technologie et les constructeurs de voitures électriques qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements. Pour opérer la transition énergétique, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) estime qu’il faudra 42 fois plus de lithium d’ici 2040. 

 

Or, son extraction nécessite une quantité considérable d’eau, estimée à environ 2000 litres pour produire 1kg de lithium, ce qui aggrave la pression dans des zones déjà arides.

L’Équateur, en marche vers plus de régulation

 

L’Équateur, grand exportateur de pétrole, est l’un des premiers pays à fixer des limites au modèle extractif face à la nécessité de préserver l’environnement.

 

En février 2022, la Cour Suprême équatorienne vote un arrêt historique. Celui-ci reconnaît, pour la première fois, le droit des peuples autochtones à donner leur consentement préalable, libre et éclairé sur la poursuite de projets miniers susceptibles d’affecter leurs terres ancestrales. Un an plus tard, le pays vote par référendum l’arrêt de l’exploitation d’un important gisement pétrolier situé dans la réserve amazonienne de Yasuni.

 

284

cas de conflits sociaux liés à l’exploitation minière, en 2023.

2000 L

quantité d’eau nécessaire pour extraire 1 kg de lithium.
Les impacts de l’industrie minière

 

Aujourd’hui, l’exportation des minerais est devenue l’un des piliers des économies latino-américaines. Néanmoins, ce modèle de développement repose sur l’illusion d’une prospérité économique et sociale dont les impacts en matière d’environnements et de droits humains sont de plus en plus documentés.

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L’impact sur les populations et l’environnement

 

La majorité des activités extractives s’implantent dans des zones rurales où vivent des communautés autochtones et paysannes. Ces dernières subissent de plein fouet les impacts environnementaux liés à l’exploitation minière : accaparement des terres, détournement des ressources en eau, pollution toxique, hausse des catastrophes environnementales.

 

Bien souvent, les entreprises promettent des avantages en termes de développement, de travail et d’investissements. Or, ces engagements sont rarement tenus. Au bout du compte, les mines affectent la souveraineté alimentaire des communautés, leur santé, leur économie et leur mode de vie. Elles fragilisent leur tissu social et déséquilibrent leur relation sacrée avec la Pachamama (la “Terre Mère“).

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Hausse de la violence et de la répression 

 

Les mégaprojets miniers se développent, bien souvent, sans le respect au consentement libre, préalable et éclairé (CLIP) des populations locales. La violation de ce droit renforce la stigmatisation, la criminalisation et la violence envers les communautés autochtones et les défenseur.euses des droits. Au niveau local, le recours à la division des communautés pour pouvoir développer ou maintenir une activité extractive est un mode opératoire régulièrement constaté. 

 

En Amérique latine, l’Observatoire de Conflits Miniers en Amérique Latine (OCMAL) recense 284 cas de conflits sociaux liés à l’exploitation minière, en 2023. Et, l’ONG Global Witness fait état de 139 assassinats de défenseur.euses de l’environnement (sur les 177 cas dans le monde, en 2022). 

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Des États aveuglés par la course à une conception figée du développement

 

Malgré l’accession au pouvoir de plusieurs gouvernements progressistes, peu d’États de la région ont réellement remis en question le modèle extractif.

 

Cette persistance à étendre le secteur minier pourrait s’expliquer par l’illusion “développementiste“.  Celle-ci repose sur le mythe de l’abondance des ressources naturelles en Amérique latine. L’extraction intensive de celles-ci est considérée comme un moyen efficace et rapide pour développer son économie afin de sortir de la pauvreté et combler l’écart avec les pays industrialisés occidentaux. Or, cette illusion exacerbe davantage les tensions sur les territoires concernés et engendre des effets néfastes à long terme.

Un développement alternatif, c’est possible

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Face aux conséquences de l’extractivisme, nous encourageons avec nos partenaires un modèle de développement durable tourné vers l’économie circulaire et l’agroécologie. Ces approches favorisent la souveraineté alimentaire et une meilleure répartition des bénéfices économiques tout en préservant l’environnement.

Nous menons également un plaidoyer à l’échelle locale, régionale et internationale pour mettre un terme à l’impunité des multinationales impliquées dans des atteintes aux droits humains et à l’environnement.

Notre combat pour la loi sur le devoir de vigilance

FACE À LA MINE, L’AGRICULTURE EN ALTITUDE, OÙ PEU DE CHOSES POUSSENT, NE DOIT PLUS ÊTRE SYNONYME DE PAUVRETÉ, MAIS D’ESPOIR.


Centre Bartolome de Las Casas

CooperAcción

Centre Bartolome de las Casas (CBC)

Pérou

CooperAcción et le CBC agissent pour protéger les droits des communautés affectées par l’exploitation minière à Espinar et à Las Bambas, au Pérou. Ils favorisent des alternatives au travail minier en soutenant des projets en agroécologie. Ils travaillent à la formation de leaders autochtones et renforcent le dialogue social entre ces derniers et les autorités locales pour résoudre les conflits.

 

Pour renforcer l’accès à l’information et appuyer son plaidoyer, CooperAcción met à disposition une cartographie des conflits

Bienaventurados los Pobres (BePe)

Argentine

BePe soutient les communautés défavorisées dans le nord de l’Argentine et dénonce les dangers de l’industrie minière, qu’il s’agisse du cuivre déjà exploité depuis longtemps ou de la course au lithium.

 

L’association promeut l’agroécologie et l’économie sociale et solidaire, tout en renforçant les capacités d’action des organisations sociales.

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