Edito

Publié le 17.06.2012

De quoi cristalliser beaucoup d’avidités, et stimuler des stratégies de conquête. Conquête par les États, conquête par les élites, les puissants… Conquêtes en faveur d’un modèle de développement qui au final a primé sur tout autre, permettant à une minorité de la population mondiale de vivre dans l’opulence, laissant des miettes aux autres. Une opulence qui aujourd’hui dérègle tout, au sein même des sociétés censées en bénéficier. Car au nom d’impératifs divers de civilisation, puis de progrès, de croissance, les acteurs de cette conquête des ressources poursuivent trop souvent une logique implacable : celle du profit, du pouvoir. En face, des femmes et des hommes luttent, parfois au péril de leur vie, pour accéder à ces ressources afin de se nourrir.

Aujourd’hui, 14% de la population mondiale ne mange pas à sa faim, tandis que 1% des plus riches de la planète s’accaparent 45% des richesses, et restent enfermés dans une logique de consommation vorace des ressources. En témoigne la nouvelle vague d’accaparements des terres et des ressources : une fuite en avant visant à poursuivre à tout prix, à l’échelle planétaire, l’accumulation et la croissance pour les plus nantis, ou pour les nouveaux riches.

L’accaparement des ressources passe par des « investissements ». Le terme évoque l’apport en capitaux, en savoir faire, à des pays qui en manqueraient cruellement… Dans les faits, c’est souvent le pillage qui domine, et les violations des droits des populations locales. Certes, des investissements sont nécessaires, mais lesquels, par qui, pour qui ?

La question devrait être au cœur de la conférence de Rio +20 : pas de développement durable sans respect des droits humains, sans répartition plus équitable de ressources naturelles que l’on sait aujourd’hui limitées. Ces accaparements ne prendront jamais fin, si ne s’impose pas une volonté plus forte que cette cupidité individuelle et collective. Ces investissements doivent donc être encadrés, réglementés, jugés à l’aune de leur respect des droits des populations locales et des générations futures. Grâce à des décennies de luttes et de propositions par les sociétés civiles, les Nations Unies, l’OCDE, et certains États, ont formulé des normes, mais elles restent insuffisantes, non contraignantes. Ils doivent maintenant aller au bout de ce qu’ils ont commencé, et ne pas céder aux sirènes de la croissance, de la conquête de nouveaux marchés, des seuls intérêts du secteur privé. L’intérêt général et le bien commun doivent primer.

Un défi pour la justice. Un défi pour l’écologie, pour la planète toute entière. Un sujet sensible, bien entendu, qui exige d’aller au-delà des changements cosmétiques. « L’économie verte » et les principes de gouvernance débattus à Rio doivent mettre cette question au coeur, en donnant la priorité, dans l’accès aux ressources, aux droits humains et aux besoins fondamentaux, tels que l’alimentation humaine. C’est tout le modèle de développement qu’il faut repenser. Il faut empêcher que la planète ne soit dépecée au profi t d’une minorité, qui fi nira par en mourir elle-même.

Les États, les entreprises, les investisseurs, les sociétés civiles, les citoyens… tous sont parties prenantes de la recherche d’autres voies. Permettre à chacun un juste accès à une part de ces richesses, afin que l’humanité vive dans la dignité : voilà un défi à relever pour la conférence Rio + 20 et son plan d’action.

Catherine Gaudard
Directrice du plaidoyer CCFD-Terre Solidaire

avec le CCFD - TERRE SOLIDAIRE

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Edito

Publié le 30.03.2010

Le gouvernement congolais et la communauté internationale, pourtant présente à travers la plus importante force des Nations unies au monde (la Monuc), ne sont pas parvenus à rétablir la sécurité et à instaurer une paix durable.

Il faudrait pour cela traiter les causes structurelles des conflits. Les nombreux criminels de guerre, tant au sein des différentes milices que de l’armée, restent impunis. Les élections n’ont pas permis d’en finir avec une mauvaise gestion ou d’établir un pouvoir capable de mettre efficacement en œuvre les projets de développement réclamés par les citoyens congolais. La trop forte pression foncière a été aggravée par les flux de déplacés. Les pays voisins de la RDC continuent à être partie prenante du problème autant que de la solution, compte tenu de leur implication passive ou active dans le soutien aux groupes armés, le pillage des ressources naturelles congolaises ou encore la gestion non maîtrisée des flux migratoires transfrontaliers. Pourtant, les solutions existent, ainsi que la possibilité de les mettre en œuvre :

Des acteurs de la société civile développent des initiatives locales porteuses et luttent pour que leurs propositions soient prises en compte dans les processus de résolution du conflit. Le 30 juin 2010, la RDC célèbrera le cinquantième anniversaire de son indépendance. Cette année va également coïncider avec la redéfinition du rôle de la Monuc et la formulation des conditions de son départ, tandis que la RDC s’avancera vers de nouvelles échéances électorales. Cela doit correspondre à une véritable libération des populations qui aspirent à ce qu’il soit mis fi n à la violence et à l’insécurité, à la pauvreté, au pillage des ressources et à la corruption généralisée ;

La France, tant au sein de l’Union européenne que du Conseil de sécurité des Nations unies, peut jouer un rôle de premier plan en faveur d’une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs. Comme l’a annoncé Nicolas Sarkozy, un Forum pour la coopération dans la région des Grands Lacs sera organisé en France cette année.

Saisissons-nous de ces opportunités pour faire entendre la voix des citoyens congolais et français dans les semaines qui viennent, afin que des réponses durables soient apportées aux causes structurelles de ces conflits.

Protéger les populations civilesRetour ligne automatique
Garantir l’accès aux services de baseRetour ligne automatique
Renforcer les processus démocratiques et citoyensRetour ligne automatique
Mettre fin à la militarisation de l’exploitation et du commerce des ressources naturelles

avec le CCFD - TERRE SOLIDAIRE

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Publié le 08.03.2007

Le Brésil, « Arabie saoudite de l’éthanol »

-15% de la flotte automobile du pays et plus de 80% des voitures neuves, toutes équipées de moteurs spéciaux, dits « flex fuel » ou « polycarburants » roulent à l’éthanol. Ils fonctionnent à l’essence complétée de 25% d’éthanol, à l’essence pure ou à l’éthanol pur.

-Plus de 3 millions de voitures fonctionnent à l’éthanol,
-16 millions avec un carburant mélangé.

-367 usines ont distillé, en 2007, près de 20 milliards de litres d’alcool,
-soit, pour l’économie brésilienne, plus de 15 milliards d’euros de recettes, dont 20% à l’exportation,
-soit plus de 3,5% du PIB.

-6,1 millions d’hectares de terres cultivables sont consacrées à la canne à sucre.
-140 millions d’hectares de terres cultivables : c’est le potentiel que le pays peut dédier, hors déforestation, aux usines de distillation.

-En 2030, le Brésil devrait produire 20 % du combustible vert mondial, soit 130 milliards de litres.
-1 nouvelle usine de distillation devrait être créée tous les mois durant les deux ans à venir.

-2008 : le Brésil lance la production en série de « l’Ipanema ». Le premier avion qui vole à alcool servira à la fumigation agricole. A terme, les petits avions seront eux aussi équipés de moteurs à éthanol.

Trois grandes périodes
-De 1975, après le premier choc pétrolier, à 1990, le programme gouvernemental « Proalcool » assure la promotion et le développement de l’éthanol.
-De 1990 à 2000, le pétrole est prioritairement utilisé.
-Avec le rebond des prix du pétrole à partir de 2000, la consommation de l’éthanol repart.

L’éthanol, qu’est-ce que c’est ?
Un alcool. Il est fabriqué à partir de la fermentation du sucre. On le trouve dans le vin, la bière ou le whisky… et de plus en plus dans l’essence. Au Brésil, l’éthanol sert de carburant depuis 1925.

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Edito

Publié le 31.03.2005

Comme il l’a rappelé dans ce dernier texte, Jean-Paul II était profondément convaincu que « l’enseignement et la diffusion de la doctrine sociale de l’Eglise appartiennent à sa mission d’évangélisation ; c’est une partie essentielle du message chrétien. »

Lui qui avait sévèrement critiqué le socialisme soviétique, ne nourrissait aucune illusion sur les excès du capitalisme, dont l’erreur primitive, écrivait-il dans Laborem Exercens, « peut se répéter partout où l’homme est en quelque sorte traité de la même façon que l’ensemble des moyens matériels de production, comme un instrument et non selon la vraie dignité de son travail, c’est-à-dire comme sujet et auteur, et par là même comme véritable but de tout processus de production. »

Comme ses prédécesseurs, Jean-Paul II n’a pas fait de cette doctrine sociale une « troisième voie ». Elle est, rappelait-il dans Sollicitudo Rei Socialis, « la formulation précise des résultats d’une réflexion attentive sur les réalités complexes de l’homme dans la société et dans le contexte international, à la lumière de la foi et de la tradition ecclésiale. » Si la question sociale a acquis une dimension mondiale, ajoutait-il, « c’est parce que l’exigence de justice ne peut être satisfaite qu’à cette échelle ». Et d’appeler « les nations les plus puissantes et les plus riches » à prendre leur responsabilité pour que « s’instaure un véritable système international régi par le principe de l’égalité de tous les peuples … »

Par ailleurs très soucieux de la question écologique, Jean-Paul II a eu la lucidité de ne jamais la couper de sa dimension sociale et internationale. « Il n’est pas juste qu’un petit nombre de privilégiés continuent à accumuler des biens superflus en dilapidant les ressources disponibles, alors qu’une multitude de personnes vivent dans des conditions de misère, au niveau le plus bas de la vie », écrivait-il en janvier 1991, dans son message pour la Journée mondiale de la Paix. Et d’affirmer que « la société actuelle ne trouvera pas de solution au problème écologique, si elle ne révise pas sérieusement son style de vie ».

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