« Mine(s) de rien, ça change tout », quand l’extractivisme s’invite dans l’espace public
Le 13 septembre dernier, les personnes traversant le centre-ville de Besançon (25) se sont peut-être dit que l’Esplanade des Droits de l’Homme portait ce jour-là vraiment bien son nom. En effet, de 14h à 21h, on y trouvait différentes organisations et citoyen.nes qui proposaient aux passant.es nombre d’activités originales pour leur parler d’extractivisme.
« De quoi ? », répondaient bien souvent les personnes rencontrées par les bénévoles du CCFD-Terre Solidaire, un quiz à la main, pour justement échanger avec elles et mieux comprendre ce fléau pour les droits humains et l’environnement. Car l’extractivisme c’est un modèle économique basé sur l’extraction massive et intensive de matières premières (minerais, bois, ressources halieutiques…). Et bien souvent, l’exploitation de ces ressources – et les conséquences qui vont avec – se font ans les pays du Sud, au bénéfice des économies des pays du Nord. C’est donc un sujet qui cristallise beaucoup d’enjeux et sur lequel beaucoup d’organisations de penchent. C’est comme ça que cet évènement est né. L’idée a germé lors du Forum des 8 et 9 février 2025, consacré à la découverte de la campagne du CCFD-Terre Solidaire : « Abus des multinationales : on devrait tous pouvoir dire non ! ».
L’invitation avait été largement diffusée, notamment dans le milieu associatif. L’envie de créer un événement collectif, une aventure partagée, entre organisations, mais aussi – et surtout – avec tou.tes les citoyen.nes. Car la plupart des médias grand public sont totalement muets sur ce sujet. C’est donc à la société civile de porter ce sujet sur la place publique. Alors autant le faire au sens propre.
Un comité de pilotage s’est constitué avec Amnesty International, Amis de la Terre, ATTAC, France-Nature-Environnement, Ligue des Droits de l’Homme, qui a œuvré de mars à septembre, avec le soutien de la Mairie de Besançon et du Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté. Le jour de l’évènement, un village associatif avec encore d’autres organisations montrait bien la force de cette société civile, ci en France, mais aussi à travers le monde.
Faire vivre l’espace public
Mais pour arrêter des gens qui partent faire leurs emplettes du samedi après-midi ou retrouver des ami.es, il faut les intéresser. La volonté pour cette journée : être ludique, à la portée de tous.tes et riche d’informations. Le but est de semer des graines, favoriser une prise de conscience et susciter des débats. Le porteur de paroles était évidemment à l’honneur, avec cette question qu’on ne peut plus éluder « Et si une mine de lithium s’ouvrait près de chez vous ? ».
Autres animations : le « bocal à poissons » (outil pour débattre facilement), le TwisTerre (un jeu de mouvement qui permet de mieux comprendre les filières de nos produits du quotidien), l’exposition « Terres souillées, corps blessés » d’Alessandro Cinque… un caddie archi-plein, simule l’énormité des matériaux extraits pour produire un seul téléphone portable. Sans oublier la buvette et 2 concerts pour la convivialité.
Le Village associatif a réuni 11 organisations, celles du comité de pilotage mais aussi Alternatiba, Artisans du Monde, le Café-Librairie « L’Interstice », MRJC (Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne), RéCiDev (Réseau Citoyenneté Développement), les Soulèvements de la Terre, qui tous proposent des animations sur le thème du jour.
« Quelles ressources pour quel avenir ? »
Tel est le thème de la table ronde qui apporte un approfondissement du sujet : l’état des lieux et des pistes d’actions pour faire face à l’extractivisme qui envahit la planète entière.
La table-ronde est animée par Barbara Romagnan, de la Ligue des Droits de l’Homme et trois organisations ont la parole : le CCFD-Terre Solidaire, France Nature Environnement-France, et Ritimo représenté par Caroline en visio depuis Cuzco au Pérou où elle vit. Le public a beaucoup apprécié les analyses et présentation de solutions, diverses et complémentaires pour venir à bout de ces courses au pillage des ressources, tout en préservant la planète et le vivant. La sobriété-matière est mise en avant par FNE.
On pouvait souligner l’engagement de nos medias « alliés » : Radio-BIP, média indépendant de Besançon, a fait l’enregistrement de la table-ronde à retrouver en vidéo sur ce lien et RCF qui ouvre régulièrement son antenne pour informer sur les combats du CCFD-Terre Solidaire.
L’intérêt du collectif
Déjà, une première retombée après cette journée en collectif : une soirée de ciné-débat un mois plus tard sur le même sujet, avec Amnesty International, avec la projection du documentaire « L’Illusion de l’abondance », suivie par 60 personnes.
Une journée pleine d’espoir donc. Avec une société civile qui s’allie sur des combats clés pour l’avenir de nos sociétés, un espace public vivant au rythme de ces questions, des citoyen.nes de tous âges qui s’informent et s’intéressent à ces sujets, dont ils et elles n’avaient pas forcément conscience, cet évènement a montré que la bataille pour la justice sociale et environnementale, pour les droits des peuples et contre l’impunité des multinationales peut se mener de manière joyeuse donne envie d’être menée.
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