Retour en images sur les forums de clôture TAPSA, notre programme mondial pour l’agroécologie

Publié le 17.07.2026

Mis en œuvre par le CCFD-Terre Solidaire dans quatorze pays et sur quatre continents, le programme TAPSA touche à sa fin. Au Pérou comme au Sénégal, ainsi que dans plusieurs régions françaises, des événements de clôture ont été organisés pour marquer le coup et revenir sur ces quatre années dédiées à l’agroécologie. Retour en images.

TAPSA, c’est quoi ? TAPSA, pour “Transition vers une Agroécologie Paysanne au service de la Souveraineté Alimentaire”, est un programme cofinancé notamment par l’Agence française de développement, dont le but est de soutenir la transition vers l’agroécologie paysanne dans le monde. Pendant quatre ans, le CCFD-Terre Solidaire a accompagné 27 organisations partenaires dans cette transition. En France, le réseau bénévole du CCFD-Terre Solidaire s’est également mobilisé dans six régions pour sensibiliser à cet enjeu et tisser des liens avec des initiatives locales. En savoir plus

Lima : ancestraux ou universitaires, les savoirs circulent dans les pays andins

Du 14 au 18 mai, le Forum de clôture TAPSA dans les pays andins a réuni paysans, chercheurs et politiques à Lima, au Pérou. L’objectif : valoriser ce qui a été fait en termes d’agroécologie dans la région andine et encourager le dialogue entre les différents acteurs.

Grâce à une méthodologie participative, les savoirs ont pu circuler qu’ils viennent de paysans ou d’universitaires. Des femmes paysannes ont pris la parole pour témoigner de ce qu’il se passe sur leur territoire.

Mathilde Brochard, chargée de mission pays andins au CCFD-Terre Solidaire

Dans les pays andins, de nombreuses communautés ont toujours cultivé en agroécologie, sans que le mot soit forcément utilisé. Le rapport à la terre n’est pas seulement culturel, il est aussi sacré.

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Ces cinq jours de forum ont aussi été l’occasion de dresser la liste des défis que doivent affronter les paysans et les paysannes de la région. C’est le cas de l’extractivisme qui grignote les territoires et polluent les sols, un obstacle pour l’implantation ou la sauvegarde de l’agroécologie. En général, ce sont dans les zones où aucune mine n’est implantée que les résultats ont été les meilleurs.

Le forum s’est achevé par l’adoption d’une déclaration commune. Elle doit servir de base pour poursuivre le changement d’échelle de l’agroécologie dans la région. Elle contient 17 demandes, comme la participation de la société civile aux politiques alimentaires, la conservation des semences paysannes ou encore la préservation des savoirs ancestraux.

Thiès : Un vivier d’acteurs engagés pour l’agroécologie au Sahel

Au Sénégal aussi, le Forum de clôture qui s’est tenu à Thiès du 16 au 19 juin a permis de faire une rétrospective des années TAPSA, cette fois-ci au Sahel. Pendant ces quatre jours, les participants sont revenus sur les thématiques phares dans la région, comme la gestion des ressources naturelles face au changement climatique, mais aussi la sauvegarde des semences paysannes et la lutte contre les pesticides de synthèse.

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Ça m’a vraiment marquée de voir que ces acteurs que nous soutenons sont devenus des experts dans toute la sous-région, des experts reconnus par leurs pairs et qui sont parties-prenantes de réseaux, de collectifs ou d’espaces directs avec les gouvernements. Il y a désormais un vrai vivier de personnes engagées pour l’agroécologie dans la région. Elles font un travail remarquable !

Coline Podlunsek, Responsable de projet TAPSA au CCFD-Terre Solidaire

Le forum était aussi l’occasion de parler des avancées législatives dans les différents pays de la région en matière d’agroécologie. Au Sénégal, par exemple, une stratégie nationale pour l’agroécologie est en cours d’élaboration, avec la participation des organisations paysannes et de la société civile. Une initiative qui n’a pas d’équivalent en France.

©Franck Kantor

Lectoure : Un festival de l’agroécologie réunit 5 000 personnes dans le Gers

En janvier 2023, six groupes régionaux du CCFD-Terre Solidaire ont rejoint le programme TAPSA. Chacun a mené différents projets pour sensibiliser le grand public à l’agroécologie et à l’impact de nos choix alimentaires ici, mais aussi là-bas.

Notre force au CCFD-Terre Solidaire est de créer du lien entre le Nord et le Sud et de faire entrer dans les débats au Nord les problématiques du Sud. Depuis leurs territoires respectifs, les bénévoles ont sensibilisé aux effets de nos habitudes alimentaires sur les pays du Sud et ont défendu l’importance de la démocratie alimentaire. Nous devons être maîtres de notre alimentation.

Georges Brochier, Responsable de réseau TAPSA

Comme au Pérou et au Sénégal, des événements de clôture du programme TAPSA ont eu lieu dans les régions françaises. Début mai, la ville de Lectoure dans le Gers a accueilli pendant trois jours le Festival des Terres Solidaires (photos ci-dessus). Au programme : une quinzaine d’ateliers participatifs, des débats, des visites de terrain, des jeux, de la cuisine, de l’humour, des concerts… pour parler autrement d’agriculture et d’alimentation.

Gironde-sur-Dropt : Opération pomme de terre en Nouvelle-Aquitaine

Fin juin, les bénévoles du CCFD-Terre Solidaire Nouvelle-Aquitaine impliqués dans le programme TAPSA ont profité de leur événement de bilan pour organiser avec le centre de formation Beauséjour à Gironde-sur-Dropt une récolte solidaire de pommes de terre. Ils avaient planté ces pommes de terre avec des personnes en formation selon les principes de l’agroécologie. Les fonds collectés permettront de financer les activités du groupe régional.

Ce sont aussi eux qui ont lancé le Caravan’Tour qui a parcouru les routes de la Nouvelle-Aquitaine pendant trois ans pour aller à la rencontre des citoyens et discuter d’agroécologie.

Hauts-de-France : Un camp itinérant pour rassembler la jeunesse

Du 25 mars au 7 avril, le CCFD-Terre Solidaire Hauts-de-France et 70 élèves de lycées agricoles ont monté un camp agroécologique dans la région. Pendant deux semaines, des jeunes en formation agricole, venus de France et du Sénégal, devaient sillonner ensemble la région à la rencontre du public et des initiatives locales engagées. Les étudiants sénégalais n’ont finalement pas pu voyager pour des raisons de visa. Un rappel brutal des inégalités pour se déplacer. Des représentants de notre partenaire sénégalais, la FONGS, ont tout de même pu se rendre sur place.

Cette activité finale était organisée dans le cadre des Parcours Solidaires développés par le groupe régional. En 2025, ce sont 12 élèves français qui ont décollé pour le Sénégal, à la découverte de l’agroécologie en Casamance.

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Normandie : Normandie, Brésil, même combat

Pour sa part, le CCFD-Terre Solidaire Normandie a accueilli notre partenaire brésilien Assessoar du 18 au 31 mai pour une tournée sur les terres normandes dans le cadre de son projet De la Semence à l’Assiette. Cette venue a permis de croiser les expériences entre acteurs normands et brésiliens et d’ouvrir le dialogue autour des systèmes alimentaires durables.

Bourgogne–Franche-Comté : Un festival du Bien-Vivre pour imaginer d’autres possibles

Les 30 et 31 mai, l’Abbaye de Pontigny a abrité le Festival du Bien-Vivre organisé par le CCFD-Terre Solidaire Bourgogne–Franche-Comté. Pendant deux jours, rencontres, ateliers participatifs, débats citoyens et temps festifs et culturels se sont succédés pour nourrir les réflexions autour du bien-vivre, un concept venu tout droit d’Amérique latine, qui prône l’harmonie entre l’humain et la nature. L’occasion aussi d’accueillir nos partenaires péruvien CAAAP et togolais UST.

Carte des localisations des organisations impliquées dans le programme TAPSA avec le CCFD-Terre Solidaire, issue du rapport du programme (cliquer sur la carte pour qu’elle s’affiche en grand).

Du Sénégal au Pérou, en passant par plusieurs villes françaises, les forums de clôture TAPSA ont permis de rassembler autour de l’agroécologie sur trois continents. L’occasion de faire le bilan de ces quatre dernières années et de se projeter sur la suite, pour continuer à faire fleurir les pratiques agroécologiques aux quatre coins de la planète.

Cliquer sur l’image pour l’ouvrir en grand

Photo de couverture : Franck Kantor / CCFD-Terre Solidaire

Le vendredi 8 mai 2026, des bénévoles du CCFD-Terre Solidaire font découvrir la carte de Peters aux visiteurs du Festival des Terres Solidaires à Lectoure, dans le Gers. À droite, Marie-Reine Ndoricimpa d’Inades-Formation Burundi, partenaire du CCFD-Terre Solidaire (retrouver son interview sur RFI). Conçue en 1974, la carte d’Arno Peters redonne à chaque pays sa taille réelle et propose une projection inversée des continents, bousculant nos représentations du monde.

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