extractivisme
la face cachée
Pour satisfaire les besoins des pays les plus riches, les multinationales extractives exploitent à grande échelle les territoires et les ressources naturelles des pays du Sud, souvent au détriment des droits humains et de l’environnement.
Malgré l’existence de normes, terres, forêts et rivières sont dévastées, tandis que les populations locales sont largement exclues des décisions impactant leur avenir. Les peuples autochtones et communautés paysannes sont les premières victimes de ce modèle de développement. Leurs modes de vie et leur prise en compte sont fréquemment ignorés au profit des intérêts des multinationales.
9 cas emblématiques de nos partenaires
Le Consentement des peuples autochtones
un droit trop souvent bafoué
L’impunité des multinationales
Retrouvez le décryptage de Clara Alibert, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire.
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Étude de cas : Le berceau de l’humanité menacé de disparition
En Irak, l’industrie pétrolière pourrait faire disparaître des marais habités depuis plus de 6 500 ans et classés au Patrimoine mondial de l’Unesco sont menacés de disparition. A l’occasion d’une table-ronde à l’Académie du Climat, le CCFD-Terre Solidaire, Notre Affaire à Tous et Mediapart reviennent sur le cas Total.
DE LA NATURE À NOS BESOINS QUOTIDIENS
QUELLES SONT LES FORMES D’EXTRACTIONS ?
L’extractivisme, souvent associée à l’exploitation des minerais et des combustibles fossiles, englobe également l’exploitation des forêts, des sols pour les monocultures, de l’eau pour les mégabarrages hydroélectriques, ainsi que des ressources agricoles et halieutiques. ⬇
La plupart des minerais sont extraits dans des mines à ciel ouvert ou en souterrain par le creusement de galeries. Après extraction, le minerai est traité pour le séparer de la roche, ce qui implique des étapes comme le broyage, le concassage, le lavage et l’utilisation de produits chimiques. Leur extraction peut entraîner des conséquences environnementales irréversibles, telles que la contamination de l’eau et des sols, ainsi que la production de déchets toxiques.
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L’or
L’or, présent notamment au Pérou, en Afrique du Sud, au Canada, en Australie et au Chili, est principalement exploité par la Chine, l’Australie, la Russie et les États-Unis pour des applications variées, notamment la bijouterie, l’électronique et comme réserve de valeur. Pour chaque kg d’or extrait, on estime que les mines génèrent environ 1000 tonnes de déchets. De plus, le processus d’extraction implique souvent l’utilisation du cyanure, hautement toxique pour les être humains.
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Le fer
L’extraction du fer requiert de grandes quantités de combustibles fossiles et d’électricité, et est responsable de fortes émissions de CO2. De manière générale, l’industrie sidérurgique est l’une des plus grandes consommatrices d’énergie au monde. Le fer est particulièrement présent en Australie, au Brésil et en Russie, et il est notamment exploité par la Chine, les États-Unis et les pays européens.
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Le lithium
Les réserves de cet « or blanc » se trouvent principalement en Australie, suivie par la Bolivie, l’Argentine et le Chili. Ces trois pays, formant le « triangle du lithium » en Amérique du Sud, détiennent 60 % des réserves mondiales. Le lithium est très prisé par les géants de la technologie et les constructeurs de voitures électriques, qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), il faudra 42 fois plus de lithium d’ici 2040 pour opérer la transition énergétique. En Australie, la majeure partie du lithium est extraite de gisements de roches, tandis qu’en Amérique latine, il provient principalement de saumures extraites de lacs salés et de plaines d’altitude dans les Andes. L’extraction de lithium nécessite jusqu’à 2.000 litres d’eau pour 1 kg de métal, ce qui accentue la pression sur des zones déjà arides.
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Le cuivre
Le cuivre, largement présent dans la croûte terrestre, est essentiel dans l’industrie électronique (puces, ordinateurs, smartphones), l’électroménager et les technologies renouvelables (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires). Les principales réserves se trouvent au Chili, au Pérou, au Mexique, en Australie, en Russie et aux États-Unis, tandis que la Chine est le premier importateur et consommateur. La demande mondiale, actuellement de 20 millions de tonnes par an, pourrait atteindre 100 millions de tonnes d’ici 2050. Or, l’extraction du cuivre nécessite d’importantes ressources en eau : pour extraire 20 millions de tonnes de cuivre, il faudrait entre 2 000 et 10 000 milliards de litres d’eau.
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Le nickel
Comme le cuivre, le nickel est très prisé dans la fabrication d’appareils électroniques, ainsi que dans les secteurs de l’aéronautique et du nucléaire. Avec le fer, il est très prisé pour produire de l’acier. Les plus grandes réserves de nickel se trouvent en Indonésie, en Australie, en Russie et aux Philippines, tandis que la Chine et l’Europe en sont les principaux importateurs.
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Le cobalt
Le cobalt est principalement utilisé dans les secteurs industriels et technologiques. Environ 70 % de la production mondiale du cobalt provient de la République Démocratique du Congo. Les principaux importateurs sont la Chine, l’UE, les États-Unis et le Japon. L’extraction de 1 kg de cobalt nécessite entre 10 000 et 20 000 litres d’eau. Comme le titane, ce minerai figure sur la liste officielle des matériaux critiques de : l’European Critical Raw Materials Act.
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Les terres rares regroupent 17 éléments chimiques aux propriétés magnétiques, optiques et électroniques essentielles pour des secteurs comme les éoliennes, les panneaux solaires et les technologies numériques.
Bien qu’elles soient appelées « rares », ces terres rares sont en réalité abondantes dans la croûte terrestre, mais à des concentrations très faibles. Leur extraction nécessite un processus complexe, en plusieurs étapes, polluant, coûteux, générant d’importants déchets toxiques.
Le marché est principalement dominé par la Chine, avec d’importants gisements également aux États-Unis, en Australie, en Birmanie, en Inde, au Brésil et à Madagascar.
L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) prévoit une multiplication par 10 de l’extraction nécessaire pour atteindre les objectifs de zéro carbone d’ici 2050.
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Le pétrole
Le pétrole est une source d’énergie cruciale utilisée pour produire des carburants, des lubrifiants et des matières premières pour l’industrie chimique. Il est également utilisé pour la production de produits pharmaceutiques, de plastique et autres matériaux de notre quotidien. Les principales réserves de pétrole se trouvent au Moyen-Orient, au Vénézuela, en Russie et aux États-Unis. L’extraction commence par la localisation des réservoirs souterrains, suivie de forages pour pomper le pétrole brut, qui est ensuite acheminé vers des raffineries pour être transformé. Les risques liés à l’extraction du pétrole sont nombreux. Les opérations de forage contribuent de manière significative aux émissions de GES et les déversements accidentels de cet or noir entraînent une pollution irréversible et massive affectant les écosystèmes marins et terrestres.
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Le gaz naturel
Le gaz naturel, dont les plus grandes réserves se trouvent en Russie, en Iran, au Qatar, au Venezuela et au Mozambique, est principalement importé par la Chine, le Japon et l’Allemagne. Il est notamment utilisé comme source de chauffage et d’énergie. Proche du pétrole, le gaz naturel suit des procédés similaires pour son extraction. Comme le pétrole, son extraction présente des risques de pollution des eaux, des sols et de l’air, tant lors du forage que du transport et du traitement. Elle génère notamment des émissions de méthane, un gaz à effet de serre plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2). À long terme, les sites d’extraction abandonnés et non sécurisés peuvent avoir des conséquences environnementales et sanitaires graves.
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Les barrages hydroélectrique (eau)
Les méga barrages hydroélectriques, qui peuvent s’élever à plus de 100 mètres et produire plusieurs milliers de mégawatts, bloquent le cours des rivières pour créer des immenses réservoirs d’eau, qui sont ensuite libérés pour faire tourner des turbines et produire de l’électricité. Cependant, leur construction affecte les écosystèmes locaux, diminuant la biodiversité et perturbant les processus naturels de dépôt de sédiments, ce qui affecte les terres agricoles en aval. Les réservoirs qui peuvent inonder des milliers de kilomètres carrés, ayant des répercussions majeures sur l’environnement et sur les populations locales. De plus, ces projets nécessitent souvent le déplacement de communautés, entraînant la perte de terres et de moyens de subsistance, ainsi que des tensions sociales. Enfin, les barrages modifient les régimes hydrologiques, réduisant l’accès à l’eau pour les populations et l’agriculture en aval.
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Les parcs éoliens (vent)
Les parcs éoliens convertissent l’énergie cinétique du vent en électricité grâce à des turbines équipées de grandes pales. Les éoliennes sont installées sur terre ou en mer (où les vents sont généralement plus puissants). L’électricité produite est ensuite envoyée au réseau électrique pour être distribuée. Dans la plupart des cas, cette énergie profite principalement aux grandes métropoles, tandis que les populations locales en sont largement exclues. Cependant, l’installation de grands parcs éoliens peut nuire aux oiseaux et autres espèces, et nécessite la déforestation ou la modification de terres agricoles, impactant ainsi les écosystèmes locaux et les ressources de populations locales.
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La pêche industrielle
La pêche industrielle consiste à exploiter de manière intensive les ressources marines. Comme l’extractivisme dans d’autres secteurs, la pêche intensive vise à maximiser les profits à court terme en utilisant des techniques destructives, comme le chalutage de fond. Or, la surpêche participe à la diminution de la biodiversité marine et affecte sur le long-terme l’environnement et les communautés locales, notamment les pêcheurs artisans. D’après la FAO, environ 34 % des stocks mondiaux de poissons sont pêchés de manière non-durable.
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L’agroindustrie
L’agrobusiness consiste à exploiter de manière intensive des terres agricoles pour maximiser la production de monocultures comme le soja, l’huile de palme, le maïs etc. Ces matières premières agricoles destinées à l’exportation sont souvent produites au détriment de l’environnement et des populations locales. Les espaces nécessaires à l’expansion de ses cultures sont souvent obtenus au moyen de la déforestation et/ou de l’accaparement des terres des populations locales. De plus, ce mode de production agricole à grande échelle privilégie l’utilisation de pesticides et d’intrants chimiques, et à terme, entraîne la dégradation des sols et la perte de la biodiversité.
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