Droits humains, Paix et vivre ensemble

Visite du président colombien en France, les négociations de paix se poursuivent

Publié le 06.11.2014| Mis à jour le 08.12.2021

Vendredi 7 novembre 2014, Juan Manuel Santos sera reçu à l’Elysée par le président François Hollande pour rechercher le soutien de l’UE à la création d’un fonds européen destiné à financer le post-conflit.


L’éventuelle fin du conflit armé interne ne saurait suffire à créer les conditions d’une paix durable et à mettre un terme à l’ensemble des violations des droits humains en Colombie.

Le Réseau France Colombie Solidarités, plateforme de 10 ONG et associations françaises dont le CCFD-Terre Solidaire œuvrant dans le domaine de la coopération et la solidarité internationale avec ce pays, membre du réseau européen Oidhaco [[Bureau des Droits humains – Action Colombie. Plateforme de 36 organisations européennes dont le siège est à Bruxelles et qui travaille directement auprès de l’UE et de l’ONU. Site : www.oidhaco.org]], rappelle à cette occasion que :

– la Colombie est toujours un pays en guerre. Les combats se poursuivent. Le conflit a fait près de 220 000 morts, dont 80% de civils. La Colombie est le 2nd pays au monde en termes de personnes déplacées internes (6 millions) [[Ambassade de France à Bogota. Résumé du rapport Basta Ya du Groupe de Mémoire Historique. Données en annexe pages 28 et 29. http://www.ambafrance-co.org/IMG/pdf/LibroCNHM-10.pdf?8917/9a023b9269e2b522a3453dc9909e356b7a0b1f82]] ;

– si les Dialogues de paix initiés en 2012 entre le gouvernement Santos et la guérilla des FARC ont à ce jour permis de trouver un accord sur la réforme agraire, la participation politique ainsi que sur le narcotrafic, une solution sur les questions majeures de la réparation des victimes et d’un cessez-le-feu définitif reste à trouver ;

– si les négociations à La Havane peuvent déboucher sur la fin du conflit, elles ne résoudront pas pour autant les causes de la violence. La Colombie est l’un des pays au monde avec le coefficient d’inégalités parmi le plus élevé [[Voir rapport PNUD de 2011, « Colombie rurale, des raisons d’espérer ».]]. Le Traité de libre commerce (TLC) avec l’UE, entré en vigueur le 1er août 2013, risque de renforcer ces déséquilibres. La corruption est une réalité qui gangrène les institutions et les politiques publiques [[Voir la fiche Colombie de Transparency International : http://www.transparency.org/country/#COL]].

– les groupes paramilitaires continuent de semer la mort et la terreur. À Buenaventura, où se trouve le plus gros port commercial du Pacifique colombien, des maisons de torture, où les personnes qui s’opposent à ces groupes sont tuées et dépecées, ont été découvertes ces derniers mois [[Voir l’article sur le rapport de HRW intitulé « Crise à Buenaventura : disparitions, démembrements et déplacements dans le principal port du Pacifique colombien ». 20 mars 2014. http://www.hrw.org/fr/news/2014/03/20/colombie-les-fleau-des-disparitions-forcees-dans-une-grande-ville-portuaire]].

– la Colombie reste l’un des pays au monde où les défenseurs des droits humains sont les plus menacés. Depuis 2010, le nombre de défenseurs assassinés ne cesse d’augmenter, atteignant 78 en 2013 et déjà 45 dans les 9 premiers mois de l’année 2014 [[Programa Somos Defensores – Rapport semestriel janvier-juin 2014. http://somosdefensores.org/index.php/en/publicaciones/informes-siaddhh/89-informe-semestral-siaddhh-2014-imagina]].

– la justice transitionnelle et la réconciliation sont au centre des enjeux pour l’avenir du pays. Or, il est inquiétant de noter que le gouvernement du Président Santos a promu en 2012 un projet de loi renforçant la juridiction pénale militaire en matière de droits humains et de droit international humanitaire [[Voir article du Monde intitulé « Adoption d’une réforme de la justice militaire controversée en Colombie » paru le 18 juin 2013. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/06/18/adoption-d-une-reforme-de-la-justice-militaire-controversee-en-colombie_3431828_3222.html]]. Actuellement débattu au Parlement, ce projet ne ferait que renforcer l’impunité des cas liés aux forces de sécurité, au sein ou en dehors du conflit, de l’avis même des rapporteurs des Nations unies [[Voir la lettre ouverte des Rapporteurs au gouvernement et au parlement colombien, du 29 septembre 2014 : http://www.ohchr.org/SP/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=15116&LangID=S]].

En tant que partenaire important de la Colombie, la France – au titre également de son mandat au Conseil des droits de l’homme de l’ONU – est en mesure de jouer un rôle clé d’accompagnement dans le processus de paix et doit conditionner son soutien à la garantie du respect des droits humains.

Le Réseau France Colombie Solidarités souhaite que les points mentionnés ci-dessus soient pris en compte pour que les relations entre nos deux pays soient justes et responsables, allant dans le sens de la construction de la paix, de la justice sociale et en garantissant le respect des droits humains.

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