Publié le 14.08.2013 • Mis à jour le 16.07.2014

Développement

La notion de développement que défend le CCFD-Terre Solidaire fait appel à une conception globale de la personne humaine et à la capacité de chaque individu d’être acteur de sa propre histoire.

“Le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c’est-à-dire promouvoir tout homme et tout l’homme”  [1]

Un processus collectif qui doit être initié, décidé, géré et coordonné par les sociétés concernées

Malgré ce que tentent d’imposer certains acteurs (États, institutions ou entreprises) et même si les échanges internationaux se sont intensifiés avec leurs lots d’opportunités et de contraintes, il n’y a pas de raison de préconiser un modèle unique de développement. Le CCFD-Terre Solidaire défend au contraire le droit des peuples à « devenir eux-mêmes les artisans de leur destin » [2]. Cette position nous amène à rejoindre les critiques émises à l’encontre du modèle dominant (celui de la libéralisation des échanges, de la dérégulation des acteurs économiques et financiers, de la marchandisation de sphères croissantes de la vie en société et de la financiarisation de l’économie) et à affirmer que le développement est un processus qui concerne l’ensemble des sociétés, au Nord
comme au Sud.

Le développement dans la durée n’est possible que s’il est initié, décidé, géré et coordonné par les sociétés concernées et adapté aux réalités sociopolitiques locales – en un mot, s’il est issu d’un processus démocratique et participatif. Cela suppose entre autres, un contexte de paix, la reconnaissance de la société civile et de ses corps intermédiaires, l’égalité des droits notamment entre les hommes et les femmes…

Répondre aux besoins fondamentaux…sans oublier les générations futures

Le CCFD-Terre Solidaire rejoint l’aspiration exprimée par de larges pans de la société civile en faveur d’un développement répondant « aux besoins présents d’une humanité solidaire, mais qui laisse aux générations futures la possibilité de survivre et de prospérer » [3]. Le développement doit en priorité, permettre l’accès de tous aux services de base que sont l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable,l’habitat, la nourriture… Ce sont là les bases nécessaires pour un processus de développement pérenne et solidaire.

Pour mesurer un processus de développement, nous proposons les critères suivants :

- Au plan des personnes, sont-elles libres de leurs actes ou au contraire sont-elles laissées dans une situation de dépendance, voire d’esclavage, physique ou psychologique ?

- Les droits essentiels de chacun tels que : alimentation, logement, éducation sont-ils mieux satisfaits ?

- La vie collective est-elle plus riche ? Les personnes ont-elles la possibilité de coopérer grâce à leurs talents et capacités à la construction de leur société ? Chacun a-t-il les moyens de s’informer sur les décisions qui le concernent, peut-il influencer les choix, et comment ?

En conclusion : chaque homme a- t-il la possibilité de vivre, de grandir en dignité et de contribuer avec les autres, à la construction du monde ?

Le développement suppose donc la mobilisation des ressources humaines à travers le travail des femmes et des hommes. Il suppose également une volonté politique des gouvernements du Nord comme du Sud. Il requiert enfin une mobilisation de ressources financières à la fois internes et externes, tout en veillant à ce que l’argent reste un moyen au service du développement et ne devienne pas une fin en soi.

Le sens du développement

Pour Benoît XVI, « le développement humain intégral suppose la liberté responsable de la personne et des peuples : aucune structure ne peut garantir ce développement en dehors et au-dessus de la responsabilité humaine. […] Cette liberté concerne le développement qui a lieu sous nos yeux, mais aussi, en même temps, les situations de sous-développement qui ne sont pas le fruit du hasard ou d’une nécessité historique, mais qui dépendent de la responsabilité humaine » [4]. Il s’agit « de faire en sorte que les mécanismes de développement et d’échange répondent aux besoins de tous, y compris des plus pauvres et des plus vulnérables » [5].

Cette responsabilité humaine décrite par le Pape se manifeste par la solidarité. Pour les Evêques de France, la solidarité « propose à celui qui est en manque de participer à un projet commun pour créer quelque chose ensemble. La solidarité devient ainsi un projet de société plutôt qu’aide à l’égard de plus démunis » [6]. La solidarité est pour le CCFD-Terre Solidaire une condition indispensable du financement du développement. Il est très important de rendre acteurs les citoyens et de chercher à accroitre, autant que possible, l’autonomie financière des personnes, des organisations et des pays.

Dans l’encyclique Centesimus Annus, Jean Paul II rappelle qu’« il ne s’agit pas seulement d’élever tous les peuples au niveau dont jouissent aujourd’hui les pays les plus riches, mais de construire par un travail solidaire une vie plus digne » [7] et pas seulement sur le plan matériel, mais aussi sur ce qui concerne la promotion des droits de l’Homme, le respect de l’environnement, la transparence, l’équité, la justice sociale, etc.

[1Populorum Progressio

[2Populorum Progressio

[3Définition du développement durable donnée pour le Sommet de la Terre de 1992, par la commission présidée par Mme Gro Harlem Brundtland.

[4Benoît XVI, Caritas in veritate, §17

[5Conférence des Evêques de France, « Grandir dans la crise », mars 2011, p. 19

[6Conférence des Evêques de France, « Grandir dans la crise », mars 2011, p. 19

[7Jean Paul II, Centesimus Annus, §29

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