Un avenir sans faim

Publié le 20.05.2016 • Mis à jour le 02.06.2016

Nations unies : les communautés religieuses unies face au changement climatique

A New York, le 18 avril 2016, responsables religieux et spirituels du monde entier ont adressé à la communauté internationale, une déclaration sur les changements climatiques, pour demander aux chefs d’États de signer et ratifier l’Accord de Paris sur le climat.

Après la COP21 et en amont de la signature de l’Accord de Paris sur le climat aux Nations unies le 22 avril 2016, les communautés religieuses internationales ont appelé les dirigeants du monde à agir face aux changements climatiques, en leur remettant une déclaration commune signée par 270 hauts responsables religieux, 4970 personnes et 176 groupes religieux :

« Prendre soin de la Terre relève de notre responsabilité partagée. Chacun-e d’entre nous a une « responsabilité morale à agir », comme cela est dit de façon forte dans l’encyclique papale et les déclarations sur le changement climatique de leaders bouddhistes, chrétiens, hindous, musulmans, sikhs, et autres1. La planète a déjà dépassé les niveaux sûrs de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. A moins que ces niveaux ne soient réduits rapidement, nous risquons de créer des impacts irréversibles mettant en grand danger des millions de vies de toutes les espèces. Le défi auquel nous faisons face requiert de l’honnêteté et du courage, et nous devons tous agir pour réduire nos émissions.

L’humanité se situe à un carrefour crucial. Nous, en tant que communautés de foi, reconnaissons que nous devons amorcer une transition hors des énergies fossiles polluantes et vers les sources d’énergies renouvelables propres. Il est clair que pour de nombreuses personnes des changements de modes de vie significatifs devront être opérés. Nous devons nous efforcer de construire des alternatives à la culture consumériste qui est si destructrice pour nous et pour notre planète.

Le consensus inédit dont a résulté l’adoption de l’Accord de Paris, accueilli favorablement par des communautés de foi dans le monde entier, a ouvert un nouveau chemin vers une transformation bas-carbone et résiliente de l’économie globale. La collaboration mondiale entre toutes les nations prouve que nos valeurs partagées sont bien plus grandes que les différences qui nous divisent, quelles qu’elles soient. Elle démontre que le sens de responsabilité collective partagé par toutes les nations et par la société est bien plus puissant que l’imprudence et la cupidité de quelques uns.

Nous sommes unis dans notre soutien pour une mise en œuvre totale et ambitieuse de l’Accord de Paris et de toutes les autres décisions adoptées à la COP21. Pour atteindre l’objectif des 1,5 °C, les gouvernements doivent accélérer l’action climat avant 2020 et aussi grandement augmenter le niveau d’ambition des futures Contributions nationalement déterminées (NDCs), les convertissant rapidement dans des politiques, lois et programmes nationaux. Ces engagements doivent être définis par une ambition à la hausse, décrite dans des feuilles de route nationales dédiées à la transformation de nos sociétés et économies d’ici à 2050, et clairement intégrés dans les plans de développement nationaux. Nous reconnaissons l’importance d’atteindre un pic des émissions globales en 2020, de l’arrêt rapide des subventions aux énergies fossiles et de la transition vers 100% d’énergies renouvelables en 2050. Enfin, nous notons que des progrès supplémentaires sont requis quant à l’augmentation des ressources financières, en particulier pour l’adaptation et les pertes et préjudices, afin d’aider les pays vulnérables à mieux se préparer aux impacts climatiques et de nous aider tous dans notre transformation vers un futur sûr et zérocarbone.

Le changement climatique offre à notre famille globale l’opportunité de nous engager sur un chemin de renouvellement spirituel défini par une conscience écologique plus profonde et une action écologique plus grande. Tout acte destiné à protéger et prendre soin de tous les êtres nous connecte les uns aux autres, approfondissant la dimension spirituelle de nos vies. Nous devons réfléchir à la vraie nature de notre interrelation avec la Terre. Ce n’est pas une ressource que nous devons exploiter selon notre bon vouloir. C’est un héritage sacré et une maison précieuse qu’il nous faut protéger. Unis dans l’espérance partagée qui naît de la foi, nous, signataires de ce texte, croyons que le moyen, le désir et la volonté du soin pour la Terre et toute vie peut et va se transformer en action lorsque nos leaders politiques ratifieront les promesses faites à Paris – et ainsi sauvegarder les promesses plus grandes de cette génération et de toutes celles à venir.

C’est pourquoi :

- nous demandons instamment aux gouvernements de signer, ratifier et mettre en œuvre rapidement l’Accord de Paris, et d’augmenter les promesses de réductions d’émissions conformément à l’objectif de garder l’augmentation de la température globale par rapport aux niveaux préindustriels sous les 1,5 °C ;
- nous insistons sur des réductions rapides d’émissions et un pic en 2020, afin de garder l’objectif des 1,5 °C à portée ;
- nous plaidons fortement pour des flux financiers revus à la hausse, en particulier pour l’adaptation et les pertes et préjudices ;
- nous demandons instamment la suppression progressive mais rapide de toute subvention aux énergies fossiles et la transition depuis les énergies fossiles vers 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050 ;
- nous encourageons les communautés de foi à réduire les émissions de leurs domiciles, lieux de travail et centres cultuels, à soutenir les communautés déjà impactées par les changements climatiques et être en solidarité avec elles ;
- nous appelons au désinvestissement des énergies fossiles et au réinvestissement dans les énergies renouvelables et les solutions bas-carbone, et ce aussi dans nos communautés, et/ou en interpelant les entreprises sur la question des changements climatiques. »

New York, le 18 avril 2016

Signataires de la déclaration interreligieuse
Signataires de la déclaration interreligieuse

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