Publié le 22.08.2014 • Mis à jour le 08.09.2014

Point sur la situation humanitaire à Gaza

Point au 20 août 2014, d’après les informations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Depuis le 7 juillet, lancement de l’offensive militaire israélienne sur la bande de Gaza, les Palestiniens de la Bande de Gaza vivent l’opération la plus destructrice des quatre qu’ils ont vécu en 8 ans.

Du 7 Juillet au 20 août, 2030 Palestiniens ont été tués, dont 475 enfants et 246 femmes. Plus de 70% des Palestiniens tués jusqu’à présent sont des civils. Plus de 10193 personnes ont été blessées et plus de 1000 enfants vont souffrir de handicaps à vie.

Plus de 17200 logements ont été détruits ou gravement endommagés, des centaines d’entre eux directement visés par les frappes aériennes israéliennes. En conséquence des bombardements, plus de 400 0000 personnes ont été déplacées et vivent dans les écoles de l’UNRWA, des abris gouvernementaux, ou résident dans des familles d’accueil ou des abris de fortune.

Aucun lieu n’est sûr, les habitants n’ont pas où aller puisque le blocus confine la population dans les 400 km² de la Bande de Gaza, dont 44% a été désigné par l’armée israélienne comme un zone tampon.

L’action militaire actuelle dans la bande de Gaza a dévasté une population qui connaît déjà une crise humanitaire chronique : avant cette action récente, 80% de la population de Gaza recevait une aide humanitaire et l’économie avaient été ravagée par sept années de blocus.

L’ONU a lancé un appel d’urgence de 367 millions de dollars pour répondre aux besoins immédiats, dont 293 millions de dollars pour la nourriture et les abris. Les organisations locales et internationales sont mobilisées.
Les chiffres de l’ONU (compilation de données des différentes groupes de travail thématiques) réunissant gouvernements, agences de l’ONU et ONG) permettent d’identifier les besoins suivants au niveau humanitaire :

- Abris - Les maisons d’au moins 100 000 personnes ont été détruites ou gravement endommagées (17 200 foyers). Ce chiffre est près de 270% plus élevé que le chiffre enregistré pendant l’opération israélienne « Plomb durci » en 2008/2009. 238 000 personnes ont trouvé refuge dans 82 écoles de l’UNRWA, 36 000 dans des bâtiments gouvernementaux (notamment des écoles), d’autres sont hébergés chez des parents, familles d’accueil, dans des salles communautaires, des entrepôts, des mosquées, des bureaux et des organisations communautaires locales ou vivent dans la rue. Les Nations unies estiment que 17 200 familles (soit environ 103 200 personnes) dont les maisons ont été totalement détruites ou fortement endommagées ont besoin de kits de biens non alimentaires d’urgence. A moyen terme, ils auront besoin d’aide en espèces pour couvrir les frais de location et les articles ménagers de base.

- Sécurité alimentaire – On estime que 100 000 personnes dont les maisons ont été détruites ou gravement endommagées ont besoin d’une aide alimentaire. Cependant, c’est toute la population de Gaza qui a été touchée par le conflit et la quasi-totalité a besoin de nourriture et d’autres aides sur le long terme.
Les pénuries d’électricité limitent la capacité de stockage des produits frais tant pour les magasins que pour les ménages. Le prix de certains produits alimentaires a augmenté, y compris ceux des fruits frais, des légumes et des œufs, en raison des dommages occasionnés aux fermes et aux terres agricoles. Plus de 4000 animaux doivent être alimentés pour prévenir la perte des moyens de subsistance. Une forte proportion des terres agricoles a subi des dommages, du bétail a également été tué.
Le cessez-le feu a permis une distribution plus sûre et plus efficace de colis alimentaires. L’UNRWA et la FAO fournissent une aide régulière à plus d’un million de personnes, à laquelle s’ajoutent des distributions exceptionnelles par ces institutions et le Ministère des Affaires sociales. Les ONG locales et internationales distribuent aussi des vivres, notamment dans les écoles de l’UNRWA et du gouvernement.
De nombreuses personnes ne sont pas encore bénéficiaires de cette aide, en particulier les personnes vulnérables qui s’appuient sur l’agriculture comme moyen de subsistance et qui sont particulièrement touchées par le conflit.

- Eau et assainissement - au moins 180 000 personnes ont un accès restreint à l’eau. Le manque d’électricité et de carburant restreignent aussi l’approvisionnement en eau. L’ONU et d’autres organismes sont inquiets des risques de maladies liés au manque d’accès à l’eau.

- Santé et nutrition - de graves pénuries de médicaments et de fournitures médicales entravent la prestation de santé, en particulier ceux liés aux situations d’urgence, les opérations et les unités de soins intensifs. Les 29 hôpitaux de travail fonctionnent grâce à des générateurs de secours qui ont besoin de carburant. 15 hôpitaux et 16 centres de santé endommagés nécessitent reconstruction. Le manque de chirurgiens spécialisés limite l’appui médical aux blessés. Les cliniques publiques dans les zones où se trouvent les personnes déplacées ont du mal à répondre à la demande. Des milliers de personnes vivent dans des lieux surpeuplés (écoles, des abris de fortune). Cette situation, couplée avec le manque d’eau et l’assainissement insuffisant pose de graves risques d’épidémie.
- Protection : au moins 373 000 enfants ont besoin de conseils et de soutien psychosocial. Des milliers de restes explosifs de guerre se trouvent dans les zones bâties, ce qui pose un risque important pour les enfants, les agriculteurs, les travailleurs humanitaires et les personnes déplacées internes qui retournent chez eux.

- Education – la rentrée scolaire, prévue le 24 août n’aura pas lieu, et l’ONU a déjà annoncé un délai d’un mois pour la reprise, susceptible d’être prolongé si les hostilités se poursuivent. 25 écoles ont été détruites ou gravement endommagées, 230 ont subi des dégâts et il existe un risque important de restes explosifs de guerre.

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