Un avenir sans faim
dossier

Terres

Publié le 14 juin 2012

Les multiples moteurs de la « soif de terre »

La hausse des prix des denrées alimentaires en 2007 et 2008 a largement contribué à l’accélération des acquisitions et des locations de terres à grande échelle. Les pays riches en ressources monétaires, mais fortement dépendants des importations alimentaires, ont mis en place des fonds souverains et encouragent leurs entreprises à s’investir dans des projets de production alimentaire à l’étranger, avec comme principale préoccupation : la sécurité alimentaire sur leur propre territoire.

Investissements étrangers pour la production d’agrocarburants

Les objectifs de substitution de consommation des combustibles fossiles, définis dans les cadres réglementaires des gouvernements du Nord (États-Unis et Union européenne), ont également encouragé les investissements étrangers dans les terres pour la production d’agrocarburants, en garantissant un marché à long terme et en offrant des incitations financières (subventions et exonérations fiscales) au secteur privé (entreprises de transformation). Les politiques mondiales de lutte contre le réchauffement climatique, et les rémunérations prévues dans ce cadre autour de
la séquestration du carbone, incitent aussi les acquisitions de terres par un jeu d’anticipation.

L’eau est également un moteur essentiel

70 % de l’eau douce propre à la consommation humaine sert à l’agriculture. Les pays du Golfe dépensent 80 % de leurs ressources en eau pour le secteur agricole. Face à la raréfaction de l’eau, certains pays ont décidé de limiter l’irrigation. L’Arabie Saoudite a ainsi décidé de suspendre la production de blé sur son territoire à l’horizon 2016 et a mis en place un fonds pour l’investissement agricole à l’étranger en 2008. L’Afrique, qui ne dépense que 2 % de ses ressources en eau pour l’agriculture, est donc une cible privilégiée pour de tels investissements.

Convaincus de l’intérêt des investissements étrangers pour le développement agricole (transfert de nouvelles technologies, création d’emplois, développement du potentiel productif, production alimentaire, diversification économique, accès facilités à certains marchés, exonération fiscale, etc.), les gouvernements des pays hôtes jouent un rôle prépondérant dans la facilitation des investissements fonciers d’acteurs étrangers. Ils mettent en place des réelles politiques d’incitation
(accords d’investissements, réformes législatives dans les domaines du foncier, de la fiscalité, dans le secteur bancaire, etc.) pour attirer les investisseurs étrangers.

La crise financière déclenchée fin août 2008 a sans doute elle aussi facilité les mouvements de capitaux vers le foncier. Ces investissements sont dictés par des logiques de spéculation à court terme, ou de retour sur investissements à plus ou moins long terme, dans un contexte où les ressources foncières sont bon marché et où le risque d’une hausse des cours des produits agricoles, y compris de commodités agricoles non alimentaires (coton, hévéa) est élevé.

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