Noël contre la faim
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Publié le 3 juin 2008

Impact écologique

Obtenu, au Brésil, à partir de la canne à sucre, l’éthanol est présenté comme un carburant « propre ».

Rajouté au carburant classique, il réduit, aux dires de ses partisans, de 3 à 4 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) par litre de carburant consommé. Cependant, des voix toujours plus nombreuses et plus informées se font entendre. Elles remettent en question la nature réellement écologique de cet agro-combustible.

D’après les experts , la canne à sucre ne menace pas directement l’Amazonie, région au climat trop humide pour ce type de culture. En revanche, son développement entraîne un effet de domino, puisqu’elle avance sur les zones traditionnellement réservées au pâturage. Du coup, le bétail sera à terme repoussé vers le nord du pays, avec, à la clé, un risque de déforestation. D’où la nécessité -urgente- de déterminer des zones agricoles pour chacune de ces activités.

Autre inquiétude majeure : les conséquences environnementales du mode de production de la canne à sucre. Dans leur travail d’alerte de l’opinion publique, les organisations de protection de l’environnement argumentent –malheureusement- à partir d’analyses et expertises inquiétantes.

Afin de faciliter la récolte manuelle et d’améliorer la productivité des ouvriers agricoles, les propriétaires brûlent la paille de la canne à sucre avant la récolte. Or, de nombreuses études affirment que cette opération libère du gaz carbonique et des substances chargées en azote et en souffre, responsables de pluies acides. Quant aux particules libérées, elles sont hautement cancérigènes. A cela, il faut rajouter la pollution due aux pesticides et aux fertilisants qui, lors des pluies, se déversent dans des cours d’eau proches des exploitations. En l’absence de traitement efficace, cette pollution contamine notamment les nappes phréatiques. Elle compromet également la survie de nombreuses espèces aquatiques.

Ethanol, un carburant pas très vert

Ethanol : un carburant pas très vert Présenté comme un carburant « vert », l'éthanol est loin d'être le meilleur garant de la protection de l'environnement. Pour satisfaire une demande mondiale croissante, le Brésil n'hésite pas à mettre en péril son environnement. Certaines plantations de canne à sucre occupent la superficie d'États européens. Volontaire et maîtrisé, l'incendie volontaire de la canne à sucre améliore de 2 à 5 tonnes par jour la productivité des coupeurs de canne à sucre, selon une étude de la Confédération des Travailleurs de l'Agriculture (CONTAG). Sans cette action, la canne à sucre, verte, serait très difficile à couper manuellement et les conditions de travail plus dangereuses, car les champs grouillent de serpents et de scorpions. Les parcelles de canne à sucre sont brûlées 24 heures avant la récolte manuelle Des études scientifiques brésiliennes affirment que, en brûlant, la paille de la canne à sucre libère du gaz carbonique et des substances chargées en nitrogène et en souffre, responsables de pluies acides. Quant aux particules libérées, elles sont hautement cancérigènes. Autre source d'inquiétude pour l'environnement, les engrais et fertilisants répandus peu de temps après avoir planté la canne à sucre. Hautement toxiques et souvent utilisés sans un minimum de protection (gants, lunettes, masque), ces produits polluent l'air (en cas de vent) et l'eau (en cas de pluie). Mêmes préoccupations au sujet des insecticides, encore très souvent répandus à la main, essentiellement en raison des faibles coûts salariaux. Toujours d'après la CONTAG, plus d'un travailleur sur cinq de la canne à sucre présenterait des problèmes pulmonaires graves. Après la récolte et avant la plantation, les champs doivent être « lavés » avec un liquide composé d'eau et de résidu de mélasse récupérée lors de la transformation de la canne en alcool. Déversé ensuite dans les cours d'eau, ce liquide constitue un risque d'asphyxie pour une partie de la faune et de la flore aquatiques. En l'absence de traitement, ces insecticides constituent une menace pour les nappes phréatiques. Et donc pour l'homme.

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