Publié le 9 juillet 2015

Vivre sans essence et sans viande

De notre vie quotidienne à la question du climat

Peut-on aujourd’hui vivre sans essence et sans viande ? Cette question peut paraître surprenante : pour certains cela semble impossible, pour d’autres cela peut se vivre comme une réalité subie, pour d’autres encore cela peut sembler une évidence, relever d’un choix conscient de mode de vie.
Pourtant c’est le type de questions que les enjeux environnementaux nous incitent à envisager sérieusement. Car par nos modes de vie, de production et de consommation, nous contribuons collectivement aux changements climatiques.

Les activités humaines entraînent une augmentation des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) présents dans l’atmosphère.
Leur forte concentration amplifie le phénomène naturel de l’effet de serre et contribuent à une hausse des températures (+0,85°C en moyenne depuis 1880) [1] .
Les conséquences sont déjà à l’œuvre et risquent de s’intensifier : montée des eaux [2] , acidification des océans, récurrence des sécheresses et changement du régime des pluies, fragilisation des écosystèmes…
Afin de limiter ces effets le GIEC [3] recommande de ne pas dépasser une hausse des températures de 2°C. Cet objectif nécessite une réduction drastique de nos émissions de GES – de 40 à 70% d’ici 2050 au plan mondial. Il ne pourra être atteint que si on change dès aujourd’hui nos politiques et nos modes de vie.

"S’il faut dire la vérité, le vrai riche n’est pas celui qui a beaucoup amassé, mais celui qui n’éprouve pas le besoin de beaucoup de choses ; le vrai pauvre n’est pas celui qui ne possède rien, mais celui qui convoite tout : telle est la définition de la pauvreté et de l’opulence" Saint Jean Chrysostome

Changements climatiques au quotidien

Afin de permettre aux populations vulnérables et aux générations futures de répondre à leurs besoins, nous devons agir maintenant.
Réduire nos émissions implique de revenir aux causes structurelles du problème : la plupart des économies fonctionne grâce à la combustion d’énergies fossiles (le pétrole, le charbon et le gaz), utilisés pour la production d’énergie, le chauffage, l’industrie, les transports…
Au niveau mondial, ces différents postes représentent les principaux émetteurs de GES [4].

Nos économies occidentales, basées sur le postulat d’une croissance infinie, surconsomment des biens et services dont la production, l’acheminement, ou encore le conditionnement utilisent de l’énergie.
Prenons le cas des appareils électriques : malgré la mise sur le marché de produits moins énergivores, la course à la consommation et l’extension des besoins tendent à accroître la demande d’énergie.
La multiplication des appareils électroniques au sein des foyers, consoles de jeux, ordinateurs, tablettes, smart phone et autres « box » ont ainsi quasiment réduit à néant les baisses de consommation énergétique des produits électro-ménagers, comme les réfrigérateurs, lave-linge ou autres lave vaisselles qui sont devenus moins gourmands en électricité (par exemple tous les appareils ménagers étiquetés A+ et au-delà).
Autre exemple, les émissions liées aux loisirs et à la culture en France ont augmenté de 150% entre 1990 et 2007 !

Ainsi, le nombre et le type de produits que nous acquérons, la façon dont nous nous chauffons, nous déplaçons ou nous éclairons peuvent avoir un impact fort sur le climat.

De même, la façon dont nous nous alimentons est très importante. Certains types et modes de production agricoles sont fortement émetteurs, par leur utilisation massive de fertilisants, de pesticides, et la consommation d’énergie liée à leurs équipements. L’élevage animal est responsable de 18% des GES mondiaux, par la déforestation qu’il engendre pour produire le soja destiné au bétail et par les flatulences des ruminants.
Ainsi, une simple substitution hebdomadaire de la consommation de viande par une alternative végétale, suivant les recommandations de l’Ecole de santé publique d’Harvard, réduirait de 36% les émissions de gaz à effets de serre de la production alimentaire.

Au-delà de notre quotidien

Trop souvent donc, nos pratiques quotidiennes sont déconnectées de leur impact sur notre prochain.

Mais, au-delà de notre responsabilité en tant que consommateurs, l’urgence climatique révèle certaines failles du système mondial : les biens communs sont souvent accaparés par un petit nombre ; l’usage des ressources naturelles se fait sans considération de la finitude terrestre ; les choix politiques, nationaux ou internationaux, sont souvent guidés par les intérêts du secteur privé et ne répondent pas à la nécessité d’une véritable transition écologique et sociale.
L’urgence climatique nous interpelle donc également en tant que citoyens.

[1Selon les scénarios du GIEC les plus pessimistes (soit une prolongation du niveau d’émission actuel), les températures pourraient augmenter de 4,8°C en moyenne d’ici 2100. Ce réchauffement n’est pas uniforme : une moyenne globale de +4°C signifie que l’on pourrait avoir plus de 10°C aux hautes latitudes de l’hémisphère Nord.

[2+19 cm entre 1901 et 2010, + 82cm d’ici 2100 si la trajectoire actuelle des émissions est maintenue.

[3Groupe d’experts Intergouvermental sur l’Evolution du Climat

[4Ces secteurs représentent respectivement 26%, 19% et 31% des émissions mondiales de GES.

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