Publié le 15 octobre 2013

Des investissements contribuant réellement au développement

Tout investissement, encore plus lorsqu’il se fait au nom du développement, devrait veiller au respect des populations locales et des droits humains, et soutenir durablement les potentialités du territoire et des acteurs locaux.

Or, les partenaires du Sud du CCFD-Terre Solidaire sont de plus en plus confrontés à des investissements dévastateurs sur leurs territoires contre lesquels ils se mobilisent.

Au nom de la croissance, voire du développement, les investisseurs internationaux se tournent aujourd’hui vers les pays en développement : près de 700 milliards d’euros y ont été investis en 2011. Presque autant que dans les pays développés. Les États des pays occidentaux et des grands pays émergents, y compris la France, appuient des entreprises nationales afin qu’elles aillent investir à l’étranger : garantie sur fonds publics, et de plus en plus, financements dans le cadre de leur politique de développement.

En toute logique, ces investissements sont d’abord pensés pour répondre aux intérêts des investisseurs internationaux eux-mêmes - en majorité des multinationales. Mais que se passe-t-il quand certains ne prennent en compte ni l’avis, ni les besoins des populations vivant sur ces territoires et accaparent des ressources vitales pour elles ? Pire, quand ils violent les droits des habitants et ont des impacts délétères sur leur santé, leur mode de vie ou leur environnement ?
Des règles existent ou sont en voie d’élaboration, mais ne sont pas assez appliquées dans les pays du Sud. Les Etats des pays d’origine de ces investisseurs ont le devoir de renforcer leur encadrement.

Une campagne sur deux ans

Le CCFD-Terre Solidaire :
Mènera une action dans la durée pour engager un débat avec l’opinion publique sur cet enjeu et l’inciter à se mobiliser, à travers son réseau de 15000 bénévoles, et via le web et les réseaux sociaux. Echanges d’expériences, conférences débats, actions de rue, soutien à la démarche par divers moyens symboliques et ludiques, pétitions en ligne seront au rendez-vous. Les outils développés pour cette mobilisation utilisent la métaphore sportive afin de signifier le besoin d’un arbitrage pour des investissements responsables : carton jaune, sifflet, emploi des termes investissement « hors-jeu » et « règles du jeu » etc…

Interpellera les décideurs pour leur soumettre ses propositions – le gouvernement français et à travers lui l´Union européenne et les institutions internationales. Cette interpellation sera généralement menée en lien avec des démarches collectives dans le cadre de plateformes et réseaux dans lesquelles le CCFD-Terre Solidaire est engagé.

Publiera des rapports de plaidoyer sur des angles et cas spécifiques (agriculture, industrie extractive, infrastructures..). Ces rapports et études de cas sont travaillés en lien étroit avec nos partenaires du Sud.

Le premier rapport de la campagne « Investissements agricoles : sécurité alimentaire ou financière ? » étudie plusieurs cas d’investissements agricoles dans des pays en développement :
Cameroun, République démocratique du Congo, Sierra Leone, Malawi… Sécurité alimentaire, contribution fiscale, droits des travailleurs : les populations n’y trouvent pas toujours leur compte. Bien au contraire, elles sont souvent spoliées de leurs ressources alimentaires au mépris de leurs droits les plus fondamentaux. Tout en faisant mine de s’en inquiéter, et en multipliant les discours pour des investissements responsables, les Etats cautionnent et vont jusqu’à promouvoir toujours plus d’investissements étrangers sans les encadrer. Un exemple : la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire, une initiative des Etats du G8 lancée en 2012 qui, sous couvert de sortir 50 millions d’Africains de la faim, favorise l’implantation d’une quarantaine de multinationales agroalimentaires (Monsanto, Louis Dreyfus Commodities, Nestlé…) au lieu de soutenir directement les agricultures locales et les paysans.

En France, l’Etat s’engage à faire avancer la responsabilité sociale, environnementale et fiscale des multinationales et à soutenir en priorité les agricultures familiales. Pourtant, au nom du soutien au secteur privé, nombre de projets qu’il finance au nom du développement peuvent être bien éloignés de cette préoccupation.

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