Noël contre la faim

Publié le 07.05.2008 • Mis à jour le 17.04.2015

Burundi

Petit pays d’environ 28 000 km² de la région des grands lacs d’Afrique de l’Est, le Burundi est entouré de la RDC (République démocratique du Congo) à l’ouest, de la Tanzanie au sud et à l’est et du Rwanda au nord.

Mots-clés :

Doté d’un climat particulièrement propice à l’agriculture, le Burundi compte une population de plus de 8 millions d’habitants, ce qui en fait le pays africain le plus densément peuplé au monde après le Rwanda (densité de pratiquement 290 habitants au km²). Le Burundi, comme le Rwanda, a rejoint la Communauté est-africaine ou EAC qui regroupe aussi l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie.

Royaume centralisé, où le roi (mwami) régnait sur une société relativement stable et structurée et dont les habitants se répartissaient dans les catégories suivants - Tutsi, Hutu et Twa, le Burundi passa sous administration allemande en 1890. A partir de 1916, le pays, associé au Rwanda au sein de l’entité territoriale du Ruanda-Urundi, devient colonie belge et ce jusqu’en 1962, année de l’indépendance.

Depuis son indépendance, le Burundi a connu des tensions selon des lignes de fracture tant ethniques que régionales. De nombreux débats ont cours sur la qualification des catégories « tutsi » et « hutu ». Certains analystes arguant qu’il ne peut s’agir d’ethnies étant donné que les tutsi et les hutu vivent sur les mêmes collines, parlent la même langue, ont la même culture et pratiquent les mêmes rites au moment des mariages et des enterrements. La réalité des temps précoloniaux a été tellement instrumentalisée par les colonisateurs puis les différents leaders politiques qu’il est aujourd’hui difficile de la distinguer de ce qui relève de l’invention. Toujours est-il qu’aujourd’hui il est fait référence tant dans la vie politique que dans la vie sociale à ces catégories comme étant des ethnies.

Ces tensions ont atteint leur paroxysme avec des massacres interethniques une première fois en 1972 puis une deuxième fois en 1993, plongeant le pays dans une crise dont il ne ressortira qu’en 2001 avec la signature des accords de paix d’Arusha et la mise en place d’un système de partage du pouvoir de type consociatif. Les élections de 2005, qui ont marqué la fin de la transition et ont porté au pouvoir le leader du CNDD-FDD, Pierre Nkurunziza, ont été qualifiées de libres. Elles ont soulevé une vague d’espoir dans le pays : le CNDD-FDD, ayant reçu des urnes un large mandat populaire, semblait en mesure de remettre le pays sur les rails et de garantir une certaine stabilité politique. De même, l’accord global de cessez-le-feu, signé en septembre 2006, entre le gouvernement burundais et le dernier groupe armé rebelle - le Palipehutu FLN - a permis de ramener une paix relative. Après de nombreux blocages, le mouvement est entrain de négocier son intégration politico-administrative.

Néanmoins, l’Etat peine à se relever du fait d’une gouvernance déficiente et de graves blocages institutionnels. Depuis son arrivée au pouvoir, le régime a développé des pratiques destructrices de sa légitimité : corruption grandissante - y compris corruption politique, détournements de fonds, exactions à l’encontre des citoyens et notamment des partisans de l’opposition.
Pierre Nkurunziza est réélu en 2010 au suffrage direct lors d’un scrutin marqué par le boycott des partis d’opposition et des violences.
En 2015, on lui prête l’intention de se représenter pour un troisième mandat à la faveur d’une interprétation « personnelle » de la constitution et ce alors que la société civile, et plus largement l’opinion publique burundaise, s’y opposent.

Les problèmes de fonds liés à la situation socio-économique sont loin d’êtres résolus. Le Burundi est le quatrième pays le plus pauvre du monde. L’espérance de vie n’excède pas 45 ans. Près d’un tiers du PIB, de 800 millions de dollars en 2006, provient de l’aide internationale. 90 % de la population dépend de l’élevage et de l’agriculture, vivrière ou pour l’exportation (café, thé, coton). Pourtant, la saturation économico-démographique, accrue par le retour des réfugiés, entraîne de nombreux conflits fonciers et ne permet pas d’absorber une jeunesse qui
devient alors le vivier des groupes armés et sujette aux manipulations politiciennes. Le dénuement des populations rurales ne fait que s’accentuer : le Burundi fait face depuis plusieurs années à de forts déficits de production agricole et subit de plein fouet la crise alimentaire mondiale. L’impunité fait le lit de l’insécurité, aggravée par la circulation d’armes légères au sein de la population. Dans cette société traumatisée, les femmes burundaises notamment continuent de subir des violences, souvent à caractère sexuel.

Partenaires :

Malgré tout, il existe un espace politique permettant à des acteurs de la société civile de mener des initiatives en faveur des plus défavorisés et d’exercer un rôle de contre-pouvoirs.

Le CCFD-Terre Solidaire appuie et accompagne cinq organisations partenaires intervenant sur les thématiques « prévention et résolution des conflits » et « souveraineté alimentaire » :

-  un mouvement paysan - Confédération des Associations de Producteurs Agricoles pour le Développement (CAPAD),
-  une organisation d’appui aux associations de producteurs - Inades-Formation Burundi,
-  deux mouvements de jeunes - Association des Scouts du Burundi (ASB) et Réseau des Jeunes en Action (REJA), impliquées dans un projet d’éducation citoyenne et électorale des jeunes en amont des élections de 2010,
-  une organisation généraliste - Association de coopération et de recherche pour le développement (ACORD Burundi).


Analyses et prises de positions :

Juin 2008 : « Bâtir la démocratie d’en bas : vers un nouveau leadership et la bonne gouvernance au niveau local », Mémorandum pour la présidence Française de l’UE, EURAC. (document pdf)

26 mars 2009 : « Le Burundi en 2009 : vers des élections libres et transparentes en 2010 », note d’analyse par le directeur d’EURAC. (document pdf)

26 mars 2009 : « Préparons des élections libres et transparentes pour 2010 » - EURAC. (document pdf)

22 juin 2009 : « Les élections et au-delà : Vers un Burundi stable », Mémorandum à la présidence suédoise de l’UE, EURAC. (document pdf)

17 septembre 2010 : Pour une gouvernance démocratique et une lutte contre la pauvreté effective au Burundi après les élections, EURAC (document pdf)

Etude sur la problématique foncière au Burundi, 2009 (pdf)

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