Noël contre la faim

Publié le 21.01.2009 • Mis à jour le 21.02.2013

Bande de Gaza

Le blocus et ses conséquences
Un blocus économique, sanitaire et sociétal enserre la bande de Gaza depuis plus de cind ans : 1,6 million de Palestiniens sont hermétiquement coupés du monde extérieur. Le processus de paix israélo-palestinien, initié dans les années 90, n’a pas répondu aux espoirs de la population ; bien au contraire, Israël a prolongé son occupation et durci ses politiques qui, après la prise de pouvoir du Hamas à Gaza et l’augmentation des attaques de roquettes sur Israël, ont atteint leur paroxysme.

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Cette situation a non seulement des conséquences humanitaires mais aussi en terme de fonctionnement de l’économie palestinienne et de liens, que ce soit avec l’international ou avec la Cisjordanie..

Le 27 décembre 2008, Israël lançait l’opération « Plomb durci », une offensive militaire à grande échelle qui dura 23 jours et suscita une souffrance sans précédent dans la bande de Gaza (1400 morts et plus de 5 000 blessés). Depuis, la reconstruction est limitée de manière conséquente par le blocus.
L’occupation, les attaques militaires, les troubles internes et la fragmentation croissante de la société palestinienne augmentent les difficultés rencontrées par les associations locales, dont les partenaires du CCFD-Terre Solidaire, dans la réalisation de leurs objectifs.

Le 28 mai 2011, l’Egypte a annoncé sa décision de rouvrir de manière permanente le point de passage de Rafah.

Cette ouverture est un pas positif pour la population de Gaza. Cependant, elle reste limitée puisque cette mesure ne concerne que les personnes (et non les biens et les marchandises) et que les hommes de 18 à 40 ans ont l’obligation d’obtenir une autorisation de la part des services de sécurités égyptiens pour pouvoir franchir la frontière. Ainsi, l’ouverture entre Gaza et l’Egypte ne remplace pas la nécessité de lever le blocus israélien. La liberté de circulation pour les biens et les personnes entre Gaza, la Cisjordanie et Israël reste prioritaire pour un bon fonctionnement de l’économie palestinienne et la reprise des liens sociaux anciens entre Palestiniens.

Le blocus imposé par Israël reste illégal au regard du droit international humanitaire et est reconnu comme punition collective par la communauté internationale.

Forces de vie à Gaza
Les associations partenaires du CCFD-Terre Solidaire à Gaza poursuivent leur travail dans les domaines de l’agriculture, de la culture, de l’éducation, de la santé, des droits de l’homme, de la jeunesse, etc. Malgré la situation étouffante, ils luttent pour que la population puisse accéder à ces services de base, ils militent pour une société pluraliste et ouverte, et pour la mise en place de règles de droit.

Ce sont les forces de vie que le CCFD-Terre Solidaire a voulu montrer, avec ses homologues européens de la Cidse (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité), dans une brochure intitulée « Bande de Gaza : Une dignité assiégée. Des voix s’élèvent par-delà le blocus ». Par ce recueil de voix palestiniennes de Gaza - ainsi que de quelques voix israéliennes et internationales - le CCFD-Terre Solidaire et ses alliés ont voulu présenter la diversité de la société de la bande de Gaza. En permettant à des partenaires et aux gens ordinaires de s’exprimer sur leurs expériences, leurs peurs et leurs espoirs, nous espérons montrer une facette moins connue de Gaza. En dépit de son isolement progressif du monde extérieur depuis près de deux décennies, Gaza est un lieu étonnamment accueillant et dynamique. La plupart des habitants de Gaza refusent de céder au désespoir et luttent de toutes leurs forces pour construire, dans des circonstances de plus en plus difficiles. La crise actuelle que subit Gaza est tout d’abord une crise de dignité. Les Palestiniens y voient leurs droits fondamentaux, tels que l’accès à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, au travail, et leur liberté de mouvement, violés au quotidien. Leur lutte pour mettre fin à l’occupation est un combat pour le respect de leurs droits fondamentaux, à commencer par leur droit à la vie.

Déclarations : où sont les actes ?
De nombreuses voix se sont élevées pour appeler à la fin de ce blocus qui engendre la pauvreté et nourrit le repli sur soi, au niveau des sociétés civiles, au niveau des gouvernements.
Ainsi, lors du point de situation du Ministère des affaires étrangères - 09/12/2010,
« La France continue d’appeler à la levée complète du blocus de Gaza, qui constitue une politique contreproductive et inefficace. » ou Catherine Ashton, haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité - 16/12/2010
« L’Union Européenne demande l’ouverture immédiate, durable et sans conditions des points de passage pour que l’aide humanitaire puisse parvenir à Gaza et que les marchandises et les personnes puissent circuler » 

Un sursaut diplomatique a notamment été observé au lendemain de la première flottille envoyée en mai 2010 par une coalition internationale afin de lever le blocus de la bande de Gaza. Ainsi, soumis à une forte pression internationale, le gouvernement israélien avait finalement annoncé une série de mesures destinées à « assouplir » son blocus. Cependant, cet « allègement » s’est révélé être très limité et largement insuffisant par rapport aux besoins de la population palestinienne de Gaza. Dans le rapport intitulé « Des espoirs réduits à néant  » publié fin 2010, 26 ONG européennes, dont le CCFD-Terre Solidaire, démontrent données à l’appui que les mesures prises par le gouvernement israélien n’ont que très peu changé la situation dans la Bande de Gaza. En effet, non seulement des éléments majeurs du blocus n’ont pas été inclus dans les mesures d’ « assouplissement » (telle que la levée de l’embargo sur les exportations de Gaza...), mais aussi les engagements clés n’ont finalement pas été respectés par les autorités israéliennes. Les Palestiniens de Gaza se voient par conséquent toujours privés de leurs droits fondamentaux tels que la liberté de circulation ou encore l’accès à l’eau, tandis que la reconstruction des infrastructures peine à avancer.

Ainsi, alors que se sont progressivement relâchées les pressions diplomatiques à l’encontre de la politique israélienne d’enfermement des Territoires palestiniens, le blocus de Gaza perdure. 
 
De très nombreux acteurs internationaux attendent plus d’actes
Le CCFD Terre Solidaire, en écho aux attentes de ses partenaires à Gaza, alertent le gouvernement -et l’UE avec des alliés européens - sur la nécessité d’exiger d’Israël la levée complète, immédiate et inconditionnelle du blocus de Gaza. Le CCFD Terre Solidaire demande également au gouvernement français et au Conseil de l’Europe de condamner formellement le blocus en tant que « peine collective » et de statuer sur son illégalité au regard du droit international, puisqu’il constitue une grave violation de la 4ème Convention de Genève.

Tous sur le pont
Le CCFD Terre Solidaire a aussi décidé de rejoindre l’initiative citoyenne « Un bateau français pour Gaza », à travers notamment l’appel des chrétiens publié sur le site de Chrétiens de la Méditerranée. Ce texte s’accompagne de textes de prières afin que les chrétiens se joignent avec leur foi et leurs valeurs propres à cet élan d’espoir et de solidarité envers le peuple palestinien.
La campagne citoyenne a été initiée en octobre 2010, quelques mois après l’attaque de la première flottille, par deux réseaux : la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, dont le CCFD Terre Solidaire est un des membres fondateurs, et le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et israéliens.

Au total ce sont plus de 70 organisations, associations, syndicats et partis politiques qui soutiennent cette initiative, afin de : 
-  Dénoncer et briser le siège israélien de Gaza 
-  Promouvoir et faire respecter le droit international 
-  Répondre à la crise humanitaire que subissent un million et demi de palestiniens de Gaza

Cette campagne s’inscrit dans une large initiative internationale. Plus d’une vingtaine de pays embarqueront au sein de la flottille qui partira fin juin 2011. L’objectif est bien une mobilisation des sociétés civiles du monde entier par des moyens pacifiques, pour obtenir la levée du siège de Gaza et le respect par Israël du droit international.

Cette initiative internationale a su se construire autour d’une campagne nationale forte. La mobilisation populaire a été inattendue : plus de 1500 actions ont été menées dans toute la France dans le cadre de cette campagne populaire. 
L’appel à lever le blocus de la bande de Gaza a été signé et relayé par plus de 150 personnalités médiatiques (artistes, sportifs, intellectuels) et publié dans Le Monde du 20 mai 2011 et sur le site de Mediapart.

Des représentants politiques ont également manifesté leurs soutiens à travers la publication sur Rue89, le 30 mai dernier, d’un appel de plus de 400 élus, locaux et nationaux, en faveur de cette action citoyenne « Un bateau français pour Gaza ».

Pour plus d’informations sur la campagne, rendez vous sur le site : www.unbateaupourgaza.fr

AIDA - 5 Fausses idées sur Gaza (pdf, juin 2012)

Télécharger le communiqué de presse "La pression internationale s’intensifie contre le blocus de Gaza" (pdf, 14 juin 2012)

Télécharger le rapport "Des espoirs réduits à néant", Prolongement du blocus de Gaza (pdf)

Commandez la brochure

Bande de Gaza, une dignité assiégée. CIDSE (pdf)

"Abandon de Gaza : aucune reconstruction, aucune réparation, plus d’excuses. Rapport un an après l’opération Plomb durci". Rapport publié par 17 ONG européennes, dont CCFD-Terre Solidaire, Oxfam international, Amnesty International (déc. 2009, pdf)

L’aide de l’Union européenne aux Territoires palestiniens occupés (I). Un an après la conférence des donateurs de Paris. Note politique du groupe de travail Palestine/ Israël de la CIDSE, déc. 2008 (pdf)

L’aide de l’Union européenne aux Territoires palestiniens occupés (II). Aggravation de la Crise à Gaza. Note politique. Synthèse de la CIDSE, juin 2009 (pdf)

Texte théologique du Conseil œcuménique des Eglises, "Une parole de foi, d’espérance et d’amour du cœur de la souffrance palestinienne".

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