République du Congo : Total abandonne son projet de compensation carbone
Mise à jour du 28 mai 2025 : Selon Reporterre, TotalEnergies aurait abandonné, en catimini, son projet de compensation carbone en République du Congo. Ce projet était dénoncé de longue date par le CCFD-Terre Solidaire, en lien avec le Secours Catholique et la commission diocésaine Justice et Paix Pointe Noire. Il s’agissait d’un projet répondant avant tout à des objectifs de verdissement, ne cherchant pas à réduire les émissions de CO2 en elles-mêmes et ne prenant pas en compte les personnes impactées. La question qui demeure aujourd’hui est de savoir comment ce site va être remis en état et comment les communautés locales vont pouvoir en toute quiétude et dans le respect de leurs droits avoir de nouveau l’usage de ces terres. ☞ Notre réaction
Au Congo-Brazzaville, le projet BaCaSi mené par TotalEnergies pour compenser ses émissions de gaz à effets de serre prévoit la plantation d’acacias sur 38 000 hectares de terre. Alerté par la Commission diocésaine Justice et paix de Pointe-Noire (CDJP), le CCFD-Terre Solidaire se mobilise pour obtenir une meilleure prise en compte des populations impactées par le projet.
Qu’est ce que le projet BaCaSi?
Le projet BaCaSi (“Batéké Carbon Sink”) est un projet de compensation carbone de TotalEnergies au Congo-Brazzaville conçu en accord avec le gouvernement congolais, mais en marge des populations locales.
Les parties prenantes – propriétaires terriens mais aussi les cultivateurs locataires et des populations autochtones vivant sur ces terres – n’ont été informées des implications du projet qu’un an après la signature de l’accord.
Aux côtés de la Commission diocésaine Justice et paix Pointe-Noire et du Secours Catholique – Caritas France, le CCFD–Terre Solidaire dénonce l’illusion que représente le projet BaCaSi, censé compenser les émissions de gaz à effets de serre de TotalEnergies, et la non prise en compte des personnes impactées par le projet.
Les populations évincées
Ce sont les populations évincées qui ont alerté la Commission diocésaine Justice et paix Pointe-Noire, qui a transmis leur interpellation au CCFD-Terre Solidaire et au Secours Catholique en France. La communauté locale qui pratiquait l’agriculture avait perdu l’usage de ses terres. Et la communauté autochtone se voyait refuser l’accès aux forêts, pourtant essentielles à leurs ressources vivrières et leurs activités économiques, comme la culture du manioc et la cueillette de produits forestiers.
Les familles ne savaient pas qu’elles étaient en train de perdre définitivement l’usage de leur terre.
Brice Mackosso, Secrétaire Permanent de la CDJP
Aucune alternative adaptée à leurs besoins n’a été proposée. Si une parcelle d’agro forestation a bien été créée sur le site du projet pour mêler la culture du manioc à la plantation d’acacias, l’absence de formation technique à cette agriculture, très différente du système traditionnel, ne permet pas de compenser la perte des biens et moyens de subsistance des personnes touchées.
Premières avancées obtenues
Une demande de dialogue a été entreprise par le CCFD- Terre Solidaire et le Secours Catholique. Grace à notre plaidoyer, les populations autochtones ont été à nouveau autorisées à mener leurs activités dans la zone. Et des nouvelles compensations sont prévues pour celles qui cultivaient la terre.
Aujourd’hui il y a des efforts qui ont été faits, et qui auraient du être fait avant le lancement du projet
Jean-François DUBOST, le directeur du plaidoyer du CCFD-Terre Solidaire
Les illusions de la compensation carbone
De plus en plus, les multinationales utilisent la compensation carbone comme une solution pour compenser les émissions de gaz à effets de serre liées à leurs activités.
Pour TotalEnergies, la plantation d’acacias est un moyen d’afficher des objectifs de neutralité carbone tout en maintenant des activités ayant un impact négatif sur le climat. Derrière ce projet, Total mène une stratégie de greenwashing.
Ce qu’on attend d’eux, c’est une réduction des émissions carbone et non pas une démarche de compensation des émissions carbone.
BRICE MACKOSSO, Secrétaire Permanent de la CDJP
Nos recommandations
Le CCFD-Terre Solidaire rappelle que la réduction immédiate des émissions à la source doit être la priorité de toutes les politiques et stratégies climat des entreprises.
Cela implique d’engager des mesures politiques ambitieuses pour réduire réellement les émissions de gaz-à-effet de serre.
Le CCFD-Terre Solidaire appelle à l’engagement d’actions de remédiations pour les personnes impactées par le projet BaCaSi par les porteurs du projet et l’Etat congolais.
Des garde-fous contraignants doivent être introduits dans la structure et le fonctionnement des marchés carbone afin d’assurer le respect des droits humains.
En savoir plus sur la compensation carbone.
Retrouvez notre mobilisation en faveur de la justice climatique.
Retrouver toute l’enquête ici :
J'ai 1 minute
Partagez et relayez nos informations et nos combats. S’informer, c’est déjà agir.
Je m'informe
J’ai 5 minutes
Contribuez directement à nos actions de solidarité internationale grâce à un don.
Je donne
J’ai plus de temps
S'engager au CCFD-Terre Solidaire, c'est agir pour un monde plus juste ! Devenez bénévole.
Je m'engage