Prise à Madagascar, cette photo montre des indices de sécheresse et de déforestation. L'Accord de Paris vise à lutter contre le réchauffement climatique.

Prise à Madagascar, cette photo montre des indices de sécheresse et de déforestation. L'Accord de Paris vise à lutter contre le réchauffement climatique.

10 ans de l’Accord de Paris

Publié le 30.09.2025| Mis à jour le 12.12.2025

Adopté lors de la COP21 à Paris en décembre 2015, l’accord de Paris est devenu le symbole d’une prise de conscience mondiale face au dérèglement climatique. Pourtant, dix ans après, les objectifs fixés sont encore loin d’être atteints. Le CCFD-Terre Solidaire rappelle pourquoi ce traité reste crucial, notamment pour les pays les plus vulnérables.

Qu’est-ce que l’accord de Paris ?

L’accord de Paris sur le climat est le premier traité international juridiquement contraignant adopté par 195 Parties (194 États plus l’Union européenne). Entré en vigueur en 2016, il vise à contenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, et si possible à 1,5 °C.

Concrètement, en quoi consiste l’accord de Paris ? Chaque pays signataire s’engage à définir et mettre en œuvre une stratégie nationale, appelée « contribution déterminée au niveau national », détaillant les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Tous les cinq ans, ces engagements doivent être révisés à la hausse.

Contrairement au Protocole de Kyoto, qui ne concernait que les pays industrialisés, l’accord de Paris s’applique à tous. Son caractère universel en fait un outil sans précédent dans la gouvernance climatique mondiale.

Quel est l’objectif de l’accord de Paris ?

  • Limiter le réchauffement climatique à +2 °C maximum, avec l’ambition de rester à +1,5 °C.
  • Adapter les sociétés aux impacts inévitables du changement climatique, en renforçant leur résilience.
  • Financer la transition des pays en développement, afin de réduire les inégalités climatiques.

Ces objectifs s’accompagnent d’un cycle de révision tous les cinq ans, afin d’évaluer collectivement les progrès réalisés et d’ajuster les contributions nationales. Le premier bilan a eu lieu en 2023 et a mis en évidence l’écart persistant entre les engagements actuels et les réductions nécessaires pour contenir le réchauffement climatique.

Selon le dernier rapport du GIEC datant de 2022, nos émissions de gaz à effet de serre devraient atteindre leur pic cette année, en 2025, puis diminuer de 43 % d’ici 2030, pour espérer limiter le réchauffement à +1,5 °C. Or, la trajectoire actuelle mène vers +2,7 °C à +3 °C d’ici 2100.

Quels sont les principaux engagements de l’Accord de Paris ?

Les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris reposent sur plusieurs piliers :

  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs (énergie, transport, agriculture).
  • Neutralité carbone d’ici 2050, c’est-à-dire atteindre un équilibre entre émissions et absorptions.
  • Bilan mondial tous les cinq ans, le premier ayant eu lieu en 2023.
  • Transparence renforcée : les pays doivent rendre compte régulièrement de leurs actions et résultats.
  • Soutien technologique et financier : transfert de savoir-faire, aide à l’innovation verte, et fonds climat.

Combien de pays ont signé l’accord de Paris ?

Au total, combien de pays ont signé l’accord de Paris ? Aujourd’hui, 195 Parties l’ont ratifié, ce qui en fait l’un des traités les plus largement adoptés de l’histoire. Même les États-Unis, qui s’en étaient retirés en 2017, y sont revenus en 2021.

Si certains États ont pris des mesures ambitieuses, à l’instar de l’Union européenne, du Costa Rica ou encore du Maroc, d’autres continuent d’augmenter leurs émissions. La Chine reste le premier émetteur mondial, mais sa production est largement destinée à l’exportation. Les pays riches ont donc une responsabilité partagée.

L’importance de l’accord de Paris pour les pays en développement

Pour le CCFD-Terre Solidaire, l’accord de Paris est crucial car il reconnaît la vulnérabilité des pays du Sud face au réchauffement climatique. Ceux-ci subissent déjà sécheresses, cyclones, inondations et insécurité alimentaire.

Un soutien attendu

L’accord prévoit un appui fondé sur trois dimensions :

  • Soutien financier : les pays riches s’étaient engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an dès 2020, un objectif toujours non atteint en 2025. A l’issue de la COP 29 en 2024, l’objectif a été relevé à 300 milliards de dollars par an d’ici 2035. Cet objectif reste insuffisant au regard des besoins qui se chiffrent à 1300 milliards par an. 
  • Soutien technologique : partage de technologies propres, comme l’irrigation économe ou l’énergie solaire.
  • Renforcement des capacités : accompagnement des communautés pour renforcer leur autonomie face aux chocs climatiques.

Des enjeux de justice climatique

Le CCFD-Terre Solidaire, rappelle que les pays les moins responsables des émissions sont les plus touchés par les impacts des changements climatiques. L’accord de Paris sur le climat doit donc être lu comme un outil de solidarité, et pas seulement comme un mécanisme technique. Le CCFD-Terre Solidaire plaide ainsi pour que les pays riches apportent un soutien financier aux pays vulnérables, sous forme de dons et non de prêts, afin de ne pas alourdir le poids déjà considérable de leur dette

Des actions concrètes soutenues par le CCFD-Terre Solidaire

Le CCFD-Terre Solidaire agit avec plus de 500 partenaires locaux dans 69 pays pour renforcer la résilience des communautés :

  • Développement de l’agroécologie paysanne.
  • Préservation des semences paysannes.
  • Accès à l’eau et préservation de la biodiversité.
  • Actions d’adaptation au changement climatique.
  • Mobilisations citoyennes pour le respect des droits humains et environnementaux.

L’accord de Paris est plus qu’un texte diplomatique : il incarne l’espoir d’une action collective face à la plus grande menace du siècle. Mais les engagements doivent devenir des actes. Pour le CCFD-Terre Solidaire, l’urgence est double : limiter le réchauffement et soutenir les plus vulnérables. Dix ans après la COP21, il est temps de transformer ces promesses en réalité. 

Texte : Daphnée Breytenbach

Photo de couverture : Roberta Valerio

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