Commémor’action du 6 février : migrer pour vivre, pas pour mourir 


Une journée pour
rendre hommage aux personnes mortes ou disparues sur le chemin de l’exil

Le 6 février, c’est la Journée mondiale de Commémor’action pour les personnes migrantes mortes ou disparues aux frontières.

 

Cette journée d’hommage permet de rappeler qu’il y a des personnes, des vies humaines, derrière les chiffres souvent instrumentalisés sur les migrations. C’est aussi l’occasion de se mobiliser collectivement pour les droits des personnes migrantes et pour dénoncer les politiques migratoires responsables de ces décès et disparitions.

 

Depuis 2019, des commémor’actions ont lieu tous les 6 février, simultanément dans plusieurs villes d’Europe et d’Afrique, des deux côtés de la Méditerranée. Aux côtés de ses partenaires, le CCFD-Terre Solidaire participe à la mobilisation.

67 000

Selon les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM), plus de 67 000 personnes sont mortes ou disparues sur les routes migratoires entre 2014 et septembre 2024.

61

En 2025, la commémor’action a eu lieu dans plus de 60 villes, réparties dans 19 pays.

«  Les Commémor’Actions sont à la fois des commémorations et des protestations qui visent à construire collectivement des processus qui peuvent soutenir les familles dans leurs revendications pour obtenir vérité et justice concernant le sort de leurs proches. « 

Communiqué du réseau Commémor’Action, janvier 2025

Que s’est-il passé le 6 février 2014 ?

Le 6 février 2014, plus 200 personnes ont essayé d’accéder à la nage à l’enclave espagnole de Ceuta, depuis le Maroc. Alors qu’elles étaient à quelques dizaines de mètres de la plage du Tarajal, la garde civile espagnole a utilisé du matériel anti-émeute, tirant des balles en caoutchouc et des fumigènes dans leur direction pour les empêcher d’entrer en Espagne. 15 personnes sont mortes et de très nombreuses ont disparu en mer, sans que l’on puisse en connaître le chiffre exact. Ni les policiers marocains, ni les policiers espagnols ne leur ont porté secours.

Malgré des enquêtes et des recours en juste, les autorités responsables de ces décès et disparitions sont restées impunies.

Le 6 février 2019, des familles et proches des personnes décédées et disparues lors des évènements du Tarajal se sont retrouvées à Oujda. C’était la première Commémor’action. Depuis, cette date est devenue une journée de mémoire et de mobilisation collective.

Retour sur la Commémor’action 2026

Du Maroc à l’Italie, en passant par la France, la Guinée, la Mauritanie, le Togo ou encore l’Espagne, l’Autriche et le Mali… Le 6 février 2026 et les jours qui ont suivi, des commémor’actions ont eu lieu dans de nombreux pays.

Le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires ont pris part aux mobilisations.

Photos des commémor’actions 2025


3 raisons de se mobiliser le 6 février 

1. Pour rendre hommage aux personnes migrantes mortes et disparues.

 

Depuis 2019 et la première commémor’action à Oujda au Maroc, la commémoration de cette journée tragique est devenue celle de toutes les personnes qui sont décédées ou ont disparu lors de leur exil.  

 

Chaque année, de nombreux événements sont organisés aux alentours du 6 février des deux côtés de la Méditerranée. En France, en 2025, des commémor’actions sont organisées dans une quinzaine de villes, comme Briançon, Caen, Calais, Marseille, Paris, Nantes et Toulouse.  

 

Les Commémor’actions ont pour but de commémorer les personnes migrantes décédées, disparues ou victimes de disparition forcée au cours de leur voyage à travers les frontières du monde. Elles cherchent à donner un visage, à rappeler une histoire, à ne pas oublier des personnes qui sont trop souvent occultées par les chiffres. 

 

En savoir plus sur les commémor’actions organisées en France

2. Pour dénoncer les conséquences de l’Europe forteresse

 

Au-delà de l’hommage qui leur est rendu, il s’agit aussi de dénoncer les effets destructeurs des politiques migratoires et de l’Europe forteresse.  

Criminalisation des migrations, déshumanisation des personnes migrantes, violations des droits… Chaque jour, des personnes migrantes décèdent et disparaissent du fait de ces politiques migratoires et ce, en totale impunité.

  

Car ce ne sont pas les frontières qui tuent, mais bien les mesures toujours plus répressives qui sont prises par les Etats. 

 

“Les responsables politiques français et européens parlent de “flux migratoires”, “de gestion des frontières, et prétendent oublier ce qu’il y a derrière. Mais la réalité est là : ce sont des vies humaines qui sont détruites par ces décisions politiques. Nous nous devons de les mettre face à leur responsabilité.”

Ysé El Bouhali Bouchet, Chargée de plaidoyer migrations internationales au CCFD-Terre Solidaire

3. Pour défendre les droits des personnes exilées

 

La Fasti, le Gisti, Tous Migrants, le CRID, Ca-Minando Fronteras, l’Anafé, le réseau AlarmPhone, Migreurop, Boza Fii… De nombreux partenaires et alliés du CCFD-Terre Solidaire se mobilisent le 6 février aux côtés d’une diversité d’associations, de collectifs et de familles de victimes.

 

Ensemble, leur voix porte plus loin pour exiger la vérité et pour défendre des politiques respectueuses des droits des personnes migrantes et la liberté de circulation. 

 

Pour ne pas oublier, pour soutenir les proches des victimes décédées ou disparues, pour appeler à la vérité et à la justice, pour dénoncer les responsables de ces vies détruites, ces associations se mobilisent. La date du 6 février est ainsi un moment symbolique fort pour ces structures, permettant de se réunir, collectivement, pour porter le même message et se soutenir dans cette lutte pour qu’enfin, la liberté de circulation soit respectée pour toutes et tous, de manière digne, sans avoir à risquer sa vie”.  

Emilie Pesselier, Chargée de mission migrations internationales au CCFD-Terre Solidaire 

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Photographies : Marianne Ibos-Augé

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