Colombie : Andrea Echeverri, la foi de la jungle

Publié le 13.10.2022| Mis à jour le 20.10.2022

Rencontre avec la responsable « Jungle et biodiversité » de Censat Agua Viva, partenaire colombien du CCFD-Terre Solidaire. Elle estime que pour aimer et défendre la forêt, il faut la connaître.

Andrea Echeverri le répète volontiers : « j’aime la vie et la nature ». En particulier, la forêt tropicale et les animaux qui l’habitent. Depuis le virevoltant colibri, son animal fétiche, qu’elle a tatoué sur son épaule droite, jusqu’aux lucioles, la nuit, qui « donnent à la nature un aspect magique ». La jeune femme au sourire franc en accepte aussi les aléas. Comme celui de devoir « fuir un serpent dangereux au milieu de la nuit ! » C’était il y a dix ans, lors de son premier bivouac avec des amis. Andrea avait 24 ans.

Plus de 174 000 hectares ont disparu rien qu’en 2021, principalement en Amazonie. Soit une superficie équivalente à Bogota, la capitale.

La frayeur du moment ne l’a pas détournée de cet amour viscéral qui venait de naître pour la forêt. « La jungle, corrige-t-elle. La forêt peut être un lieu ordonné, apprivoisable. La jungle, c’est la puissance. » Une puissance menacée en Colombie, et pour laquelle Andrea se bat depuis cinq ans au sein de Censat Agua Viva-Les Amis de la Terre, où elle est responsable de la thématique « Jungle et biodiversité ».

« Nous travaillons notamment sur les effets de la déforestation et sur les solutions proposées par les peuples qui vivent dans et de cette forêt. » Car la déforestation avance à grands pas. Rien qu’en 2021, plus de 174 000 hectares ont disparu, principalement en Amazonie. Soit une superficie équivalente à Bogota, la capitale. En cause, la création de pâturages pour l’élevage extensif de bétail, le développement des monocultures de palmiers (pour l’huile), de canne à sucre et d’eucalyptus. « La création d’infrastructures, comme des routes, pour l’exploitation du pétrole et des minerais, est aussi un facteur de plus en plus important de déforestation. » Sans oublier, dans une moindre mesure, la croissance de la demande de plante de coca pour la production de cocaïne.

Les mauvaises surprises de la compensation carbone

Andrea travaille aussi sur le thème de la compensation carbone, en pleine expansion dans le pays. « Notre mission est triple. Nous effectuons des recherches sur ce que cela représente concrètement
pour les populations, et comment ils la vivent. Nous synthétisons et communiquons sur ces expériences, souvent négatives. Et, surtout, nous accompagnons les populations ayant signé des accords, notamment au niveau juridique. »

Car les mauvaises surprises sont légion. « Peu de gens comprennent vraiment dans quoi ils se sont engagés, et ils se retrouvent sou­vent pris au piège d’une terre devenue sanctuaire. Ils ne peuvent plus ni abattre un arbre pour construire une maison ou une pirogue, ni chasser, ni même déboiser pour planter ce dont ils ont besoin pour vivre. »

De ces multiples missions au cœur de la jungle, Andrea a tiré au moins deux convictions. La première, c’est qu’« il faut inviter toutes les personnes qui veulent défendre l’Amazonie à y séjourner. Pour sentir la force de la nature, percevoir sa dimension spirituelle, en apprécier la richesse médicinale et goûter à l’humilité qu’inspirent les gens qui y vivent ».

La seconde, c’est que « si la nature a besoin des humains – et ça reste à prouver –, elle n’a pas besoin de nous en tant que capitalistes. Juste de gens qui veulent la connaître, la respecter et vivre en harmonie avec elle ». Andrea, elle, a fait son choix. « Je sens que je suis liée à vie à la forêt amazo­nienne, à ses peuples, à sa faune. Et malgré les menaces qui planent sur elle, pour moi, l’Amazonie c’est l’espoir ! » Un espoir à partager, car « il faut être ensemble pour la sauver ».

Jean-Claude Gérez

avec le CCFD - TERRE SOLIDAIRE

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