Publié le 20 novembre 2013

Les IDE, 1er financement vers les pays du Sud

Les Investissements Directs à l’Etranger (IDE) caracolent aujourd’hui en tête du classement mondial des flux financiers en direction des pays du Sud. Effectués, en grande partie, par des firmes multinationales, les montants de ces IDE devancent de très loin les flux d’aide au développement publique. En raison de leur taille et de leur efficacité supposée, les IDE dominent également dans les discours et les stratégies de développement des grands décideurs de la planète. Pourtant, seule une très faible partie de ces investissements a pour objectif de satisfaire aux besoins fondamentaux des populations. Pire, les IDE peuvent contribuer à aggraver les conditions d’existence économique, sociale, culturelle et environnementale des populations locales. Le championnat est-il truqué ? À noter aussi que dans 43 pays les plus pauvres, l’aide publique au développement reste la principale source de financement internationale.

Que sont les Investissements Directs à l’Etranger (IDE) ?

L’IDE est l’outil principal d’expansion des firmes multinationales à travers le monde. C’est un investissement productif qui désigne une opération d’achat ou d’apport en capital destinée à implanter une filiale à l’étranger ou à prendre le contrôle d’une entreprise étrangère existante. Mieux que le simple commerce, l’IDE contribue à internationaliser les activités productives de l’entreprise : grâce à lui, la multinationale établit une relation durable avec l’entreprise créée ou contrôlée dans un autre pays.

L’IDE, ce n’est pas…
En théorie, les IDE ne se confondent pas avec les investissements de portefeuille. Ces derniers sont des placements financiers qui correspondent à des achats de titres susceptibles d’être revendus à tout moment. Très volatiles donc, à caractère hautement spéculatif, leur objectif est de tirer un revenu très rapidement, sans intention de contrôle durable.

L’IDE, est-il toujours durable ?

Non, pas toujours aussi durable qu’il en a l’air. Sous divers prétextes, un investisseur peut se désengager très vite d’un projet, simplement parce qu’il estime que les conditions d’accueil de son engagement ne sont pas à la hauteur de ce qu’il attendait et qu’il peut trouver mieux dans un autre pays. Une partie importante des flux d’investissement transite aujourd’hui par les paradis fiscaux. Ce qui amène à comptabiliser deux fois certains investissements et à brouiller les cartes en matière d’origine des flux. Ainsi en 2011, presqu’un euro sur deux des IDE à destination des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire provenait des paradis fiscaux.

Depuis les années 80, le montant annuel global des IDE a été multiplié par 30 pour atteindre la somme de 1 500 milliards de dollars en 2012. En 2011, 684 milliards étaient destinés aux pays du Sud. Parallèlement, dans la même période, le nombre de multinationales a été multiplié par 10. Aujourd’hui 70 000 firmes multinationales possèdent 690 000 filiales basées à l’étranger.

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