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Souveraineté alimentaire et agroécologie

Depuis son origine, la vocation du CCFD-Terre Solidaire est de lutter contre la faim, en s’attaquant à ses causes. Pour garantir une alimentation suffisante et saine nous mettons au cœur de notre combat la souveraineté alimentaire : le droit pour chaque peuple de définir ses propres politiques agricoles, commerciales et alimentaires.
Partout dans le monde, nous soutenons des organisations et coopératives paysannes qui développent des modèles agricoles alternatifs, en s’appuyant notamment sur l’agroécologie paysanne. En France, nous sensibilisons le public sur l’impact de nos choix de production et de consommation ici et là-bas. Nous cherchons également à infléchir les politiques publiques qui nuisent à la souveraineté alimentaire et à renforcer celles qui la promeuvent.

Souveraineté alimentaire et agroécologie

Souveraineté alimentaire et agroécologie
Catalina Martin-Chico
821

millions de personnes ont souffert de la faim en 2018, en grande majorité dans les pays du Sud.

Guerres, phénomènes climatiques extrêmes, privatisation de la nature, conflits fonciers, désinvestissement des Etats, dérégulation des marchés agricoles… Les causes de la faim sont multiples et structurelles. Et elles semblent se renforcer puisque le nombre de personne souffrant de la faim dans le monde a de nouveau augmenté ces trois dernières années.
Selon la FAO, 821 millions de personnes, en grande majorité dans les pays du Sud, étaient touchées par ce fléau en 2018. D’ici une dizaine d ‘années, une personne sur trois n’aura pas accès à une alimentation équilibrée, saine et durable [1].

Les enjeux agricoles et alimentaires concernent également les pays riches, confrontés à une hausse importante des impacts de nos systèmes agricoles et alimentaire : sur la santé (pourcentage croissant de cas de diabètes ou d’obésité par exemple), sur l’environnement avec la pollution de l’eau et l’épuisement des sols et sur la précarisation et le mal être des agriculteurs.
Les systèmes de production et de consommation alimentaires promus depuis cinquante ans ne répondent pas aux nouveaux défis environnementaux et humains.
L’enjeu global n’est pas de produire plus, mais de mieux distribuer une alimentation saine et diversifiée tout en respectant celles et ceux qui la produisent et les limites des écosystèmes.

Soutien aux agricultures familiales et promotion de l’agroécologie paysanne

Alors que 60% des personnes souffrant de la faim appartiennent au monde paysan, les agricultures familiales assurent aujourd’hui 80% de la production alimentaire mondiale.
Pour le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires locaux, la promotion de l’agroécologie paysanne est un moyen efficace de lutter contre la faim, qui représente un défi majeur en Afrique subsaharienne, en Asie et en Amérique latine.
Depuis plusieurs années, nous constatons que la transition vers l’agroécologie paysanne contribue à la fois à l’intensification de la production alimentaire, et à une meilleure diversité nutritionnelle. Elle permet aussi de respecter les écosystèmes tout en assurant un maillage économique renforcé du territoire. Dans ce contexte, l’agroécologie est une réponse qui intéresse un nombre croissant de paysans et de paysannes à travers le monde.

L’agroécologie, souvent résumée à tort comme la mise en œuvre de simples pratiques agricoles, implique aussi une évolution sociale et politique dans les communautés : remise à plat de la question foncière, meilleurs équilibres dans les rapports entre les femmes et les hommes, emploi local favorisé, promotion des circuits courts et de l’économie locale…

Promouvoir un modèle agricole et alimentaire plus respectueux des droits humains et de l’environnement

Aujourd’hui l’agro-industrie ne cesse de chercher à étendre ses activités dans un contexte de mondialisation accrue. A la clé, de nombreux risques comme la déforestation, la privatisation et l’accaparement des ressources naturelles (terre, mer, eau, semences) par une minorité d’acteurs, un endettement croissant des paysans …
Pourtant l’agro-industrie est de plus en plus perçue comme "la solution" par des Etats qui ne cessent de se désinvestir du secteur agricole et des questions de souveraineté alimentaire. Tout cela est facilité par la mise en place de législations destinées à assurer un environnement favorable aux entreprises, bien souvent au détriment des populations locales et paysannes.

Le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires cherchent au contraire à ce que les politiques agricoles soient construites en réponse aux besoins des populations et permettent une gestion durable des biens communs. Nous nous mobilisons pour soutenir et aider à la structuration des mouvements paysans et de pêcheurs. Nous encourageons leur participation politique pour défendre leur accès à la terre, à l’eau, aux semences paysannes, aux zones de pêches etc…

Des actions de sensibilisation et d’interpellation des politiques publiques en France

En important du soja d’Amérique Latine pour l’alimentation de son bétail ou de l’huile de palme d’Afrique ou d’Asie, la France contribue directement à l’insécurité alimentaire dans le monde. Notre système agricole, nos modes de consommation, ainsi que nos investissements à l’étranger ont un impact sur les populations paysannes de nombreux pays. Ils sont par exemple responsables du développement de monocultures dévastatrices pour l’environnement et les populations paysannes des territoires concernés.

Nombre d’initiatives promues par la France telle que« l’alliance pour une agriculture intelligente face au climat » qui placent en leur cœur les principales multinationales de l’agrobusiness sont loin de répondre à l’enjeu de lutte contre la faim et des dérèglements climatiques. Ils font même peser des menaces supplémentaires sur les droits des populations les plus vulnérables.
Face à ce constat nous rappelons qu’il n’y a pas de fatalité. Chacun peut être solidaire et avoir un impact par sa manière de consommer, et en se mobilisant à travers des actions collectives pour faire bouger nos politiques publiques.
En 2018, la France s’est par exemple retirée de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire, une initiative contre laquelle nous nous étions particulièrement mobilisés.

Au sein de l’association, des bénévoles de toute la France particulièrement intéressés par la thématique souveraineté alimentaire se rassemblent au sein d’un réseau thématique sur ce sujet. Ils mènent des actions de sensibilisation de l’opinion publique et de mobilisation citoyenne sur les enjeux agricoles et alimentaires.

Une parole engagée :

« Les autorités ont le droit et la responsabilité de prendre des mesures de soutien clair et ferme aux petits producteurs et à la variété de la production.
Pour qu’il y ait une liberté économique dont tous puissent effectivement bénéficier, il peut parfois être nécessaire de mettre des limites à ceux qui ont plus de moyens et de pouvoir financier.
Une liberté économique seulement déclamée, tandis que les conditions réelles empêchent beaucoup de pouvoir y accéder concrètement et que l’accès au travail se détériore, devient un discours contradictoire qui déshonore la politique. » Le Pape François et la souveraineté alimentaire dans Laudato Si

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