Briefing presse : Quels enjeux pour le sommet des leaders du climat le 22 et 23 avril ?

Publié le 15.04.2021

Après avoir déstabilisé la diplomatie climatique pendant 4 ans, les États-Unis annoncent leur retour dans la lutte contre le dérèglement climatique. Les 22 et 23 avril prochains, Joe Biden organise le sommet des leaders du climat (Leaders’ Climate Summit).

L’objectif pour le Président américain est double :

  • montrer au monde que les objectifs climatiques des États-Unis sont ambitieux et permettent d’atteindre l’objectif de l’Accord de Paris de limiter la hausse de la température globale à +1,5°C.
  • reprendre le leadership international sur le climat en encourageant les pays les moins ambitieux comme le Brésil ou l’Arabie Saoudite à relever leurs objectifs.

Le sommet réunira une quarantaine de chef.f.e.s d’État et de gouvernement, notamment de pays grands émetteurs, dont certains comme l’Union européenne ont d’ores-et-déjà mis à jour leurs objectifs climatiques nationaux. D’autres représenteront des pays faiblement émetteurs, qui sont cependant durement frappés par les changements climatiques et qui ont peu de moyens d’y faire face, comme le Bangladesh ou le Bhoutan.

Le sommet convie également des acteurs non-étatiques, en particulier des entreprises. La liste des invités reste non officielle pour le moment, mais il est certain que des représentants de grandes multinationales seront présents, de même que Bill Gates et sa fondation. Ces acteurs non-étatiques sont évidemment essentiels pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris, mais ce rendez-vous ne devra pas être un énième sommet où ils prennent des engagements flous et verdissent leur communication, sans aucune réelle transformation dans leur modèle de développement.

Le sommet se donne donc pour objectif de lancer une nouvelle dynamique internationale sur l’ambition climatique et préparer les grands rendez-vous de l’année sur le climat, comme le G7, le G20, l’Assemblée Générale des Nations-Unies, la COP15 sur la biodiversité et la COP26 prévue en novembre à Glasgow.

Les attentes de la société civile vis-à-vis de ce sommet sont fortes, notamment autour de 5 enjeux clés traités lors de tables rondes à l’ordre du jour du sommet :

  1. Ambition : relève de l’ambition climatique, en particulier des grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, en amont de la COP26 de Glasgow, afin de respecter l’objectif de limitation de la température à +1,5°C ;
  2. Solidarité : augmentation des financements climat, en particulier pour l’adaptation, pour les pays les plus vulnérables, peu responsables des émissions mais qui n’ont pas les moyens de faire face seuls aux changements climatiques ;
  3. Désinvestissement des énergies fossiles : réorientation des financements publics et privés vers la transition énergétique, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.
  4. Engagement des acteurs non-étatiques : un cadre de redevabilité et un suivi robuste afin d’éviter le greenwashing et pour une contribution réelle pour la mise en oeuvre de l’Accord de Paris
  5. Développement de technologies : éviter les solutions purement technologiques qui pourraient avoir un impact négatif sur l’environnement et la biodiversité, qui retardent la réduction des émissions, ou qui omettraient les enjeux sociaux et de protection des droits humains.

Ce sommet doit contribuer à la dynamique internationale sur le climat en 2021, et la France doit s’y inscrire de manière exemplaire et ambitieuse, notamment à travers la participation du Président Emmanuel Macron. Sur la scène internationale, le Président français se pose en leader et encourage les autres États à faire plus d’efforts. Pourtant, au niveau national, le Gouvernement est loin d’être exemplaire, ne serait-ce qu’au regard du projet de loi Climat et résilience qui ne reprend que très partiellement les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat et ne permet pas d’engager la France sur une trajectoire permettant de respecter ses objectifs actuels sur le climat. Ce sommet ne devrait donc pas être une nouvelle possibilité pour Emmanuel Macron de briller à l’international, sans être prêt à traduire concrètement le contenu de ses discours en mesures ambitieuses et nécessaires sur le territoire national.

Consulter le rapport :

Quels enjeux pour le sommet des leaders du climat le 22 et 23 avril ?
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