©Jean-Claude Gérez

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Opinion : Défendre celles et ceux qui défendent nos droits, une urgence démocratique mondiale

Publié le 09.12.2025| Mis à jour le 25.02.2026

Quand s’engager pour les droits humains peut coûter la vie. Ces dernières années, les associations que soutient le CCFD-Terre Solidaire sont de plus en plus nombreuses à nous alerter sur les menaces qui planent sur elles. Alors que ce 10 décembre on célèbre la journée internationale des droits humains, Sarah Lecoq, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire, tire la sonnette d’alarme et appelle à un sursaut collectif.

Cette tribune est extraite d’Echos du monde, notre magazine de la solidarité internationale.

Diplômée de l’Institut Pratique du Journalisme et de Sciences Po Lyon, Sarah Lecoq a travaillé plus de 10 ans comme reporter, en France et à l’étranger, s’intéressant notamment aux sujets de société comme les violences faites aux femmes et les inégalités. Elle a ensuite repris des études à l’IRIS Sup pour se former aux projets humanitaires et internationaux. Elle est aujourd’hui spécialiste des droits humains et travaille au CCFD-Terre Solidaire depuis 2024, comme chargée de plaidoyer conflits et droits humains.

« Plus de 400. C’est le nombre de défenseurs des droits humains et de l’environnement qui ont été assassinés dans le monde rien qu’en 2022.  

Partout où le CCFD-Terre Solidaire agit, un même constat s’impose, brutal : les voix qui protègent nos droits, nos terres, notre planète sont traquées, criminalisées, réduites au silence. Climat, justice sociale, liberté de la presse, droits des personnes LGBT+, transparence publique… aucun combat n’échappe à la répression.

En quelques années, l’appel à l’aide de nos partenaires s’est mué en cri d’alarme. 

Aucun continent n’est épargné

Europe, Afrique, Asie, Amériques. Le recul démocratique est mondial, et aucun continent ne semble épargné. À cette offensive politique s’ajoute un modèle économique qui broie et creuse les inégalités. Les ressources du Sud sont pillées au nom d’un consumérisme débridé du Nord ; et quand les communautés s’opposent à la destruction de leur environnement ou à l’accaparement de leurs terres, ils deviennent des obstacles à éliminer.

☞ Lire aussi : Las Bambas : la vie des paysans andins à l’épreuve des mines de cuivre

Selon l’ONG FrontLine Defenders, les défenseurs de l’environnement ont 3,5 fois plus de risques de se faire assassiner que les autres défenseurs des droits.  

146

défenseurs de l’environnement ont été tués ou portés disparus dans le monde en 2024 (Global Witness).

48

assassinats de défenseurs de l’environnement ont été recensés la même année rien qu’en Colombie.

Un arsenal de mesures répressives

Les méthodes de répression, quant à elles, se perfectionnent. Sous prétexte de lutte antiterroriste, de nombreux États qualifient de « menace » toute contestation sociale.

À Sainte-Soline comme au Niger, le mot « terrorisme » est dévoyé pour bâillonner les mouvements citoyens. Dans beaucoup de pays, les ONG sont décrites comme « agents de l’étranger » et les financements internationaux criminalisés.  

☞ Lire aussi : Des ONG de plus en plus criminalisées

Notre responsabilité est immense

Face à cela, notre responsabilité est immense. Protéger physiquement les défenseurs est essentiel, mais insuffisant. Nous devons garantir leur capacité d’agir, de s’organiser, de contester, d’exister politiquement.

Soutenir celles et ceux qui défendent les droits, c’est défendre la possibilité même d’une démocratie. C’est préserver l’espace où chacun peut revendiquer sa dignité, contrôler l’action publique, refuser l’injustice. 

Ne nous y méprenons pas : ces enjeux ne concernent pas uniquement « les autres ». En France aussi, les tentatives d’étouffement du travail de la société civile, la solidarité et la remise en cause de modèles qui ne peuvent plus durer ont atteint des niveaux sans précédent.  

Le CCFD-Terre Solidaire le réaffirme avec force : tant qu’une seule voix sera menacée pour avoir défendu le bien commun, notre engagement restera intact. Parce que sans défenseurs, il n’y a plus de droits. Et sans droits, il n’y a plus de société libre. »

Texte : Sarah Lecoq

Photo de couverture : Jean-Claude Gérez / CCFD-Terre Solidaire

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