Publié le 30.11.2010 • Mis à jour le 27.09.2012

Christian Rodriguez, représentant du programme NINA (Bolivie)

Programme NINA (Union Nationale des Institutions pour le Travail d’Action Sociale) en Bolivie


« Je m’appelle Christian Rodriguez. Je représente le programme NINA (Union Nationale des Institutions pour le Travail d’Action Sociale), de Bolivie. Je suis également délégué de la Confédération Syndicale Unique des Travailleurs Ruraux de Bolivie ou j’occupe le poste de Secrétaire à la défense des ressources naturelles et à l’environnement.

J’ai assisté au débat intitulé « Confrontation avec les monstres des fleuves : projets énergétiques et hydroélectriques en Pan-amazonie ». De très nombreux participants y ont évoqué chacun leur réalité. On a ainsi pu vérifier que l’Amazonie est en train d’être convertie en une terre de ressources naturelles destinées à l’exportation vers l’Asie et l’Europe. Cette région du monde a déjà commencé à être pillée, comme l’a été la Bolivie de son or, de son argent et de son bronze par les conquistadors espagnols. Ce débat m’a d’autant plus intéressé, qu’en Bolivie, nous avons nous-mêmes des méga projets hydro électriques prévus sur les rivières Madeira et Madre de Dios. A travers les témoignages, on se rend compte que tous ces projets hydroélectriques, d’extraction minière ou pétrolifère, d’exploitation forestière, etc... représentent en fait une chaîne créée par une poignée de multinationales dont le projet consiste à tirer profit des richesses naturelles de l’Amazonie. Nous parlons ici de plusieurs milliards de dollars d’investissements, réalisés par des entreprises qui n’ont que faire des impacts environnementaux, sociaux et culturels dans le poumon du monde.

J’ai également suivi un débat intitulé « Nos territoires sont notre Terre ». Il y avait, là aussi, des représentants de plusieurs pays du bassin amazonien dont les témoignages ont nourri les débats de manière très enrichissante. Pourtant, je trouve que l’essentiel a été oublié. Car j’ai le plus souvent entendu une réponse de nature sociale aux défis que représentaient les grands investissements. Mais à aucun moment, je n’ai entendu que le premier problème est celui de la Madre Tierra, la Terre Mère, des effets de ces investissements sur l’environnement, sur la vie. C’est pourtant LA priorité. Sinon, cela veut dire que c’est l’homme qui est affecté par ce qui se passe en Amazonie. Or, c’est bien la nature, qui abrite bien d’autres êtres vivants que les hommes, qui est la première affectée. Ces êtres vivants qui font partie de la chaîne de la vie.

Même problème en ce qui concerne le débat intitulé « Education Populaire et luttes sociales en pan-amazonie ». Là encore, j’y ai entendu que l’être humain était au centre des préoccupations. Mais quid de la Tierra Madre ? Or, notre environnement est bien ce qui nous unit, nous tous, malgré nos différences. Nous autres humains, nous pouvons souffrir des effets secondaires de la destruction de la Tierra Madre. Mais c’est elle qui souffre d’abord. Nous devons penser à elle comme à une mère. A notre mère. Une mère qui met au monde un enfant a-t-elle un prix ? »

Forum Pan-amazonien
30 novembre 2010
Jean Claude Gérez

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