Publié le 10 janvier 2005

Les enjeux de la reconstruction

Quelle réhabilitation dans une région en guerre ?

L’état d’urgence est maintenu à Aceh et en dépit de la trêve du 27 décembre, l’armée n’aurait pas cessé ses raids contre la guérilla qui lutte pour l’indépendance. L’armée joue un double rôle, entre aide d’urgence et maintien de la sécurité. Elle souhaite par ailleurs limiter la présence des opérateurs étrangers...

Alerte maximum pour les enfants et les déplacés

Le tsunami laisserait plus de 35 000 orphelins en Indonésie. Le nombre de déplacés atteint 700 000. Ces populations particulièrement vulnérables doivent faire l’objet d’une attention particulière.

Tension inter religieuse entre chrétiens et musulmans

La charia a été promulguée en 2002 dans la province d’Aceh (qui bénéficie d’un statut spécial) et des associations islamistes craignent le prosélytisme chrétien sous couvert d’aide.

La dette : générosité limitée

Cette année, l’Indonésie est dispensée de payer les 3 milliards de dollars de service de sa dette publique extérieure (132 milliards de dollars). Le moratoire décidé par le Club de Paris est-il une aubaine alors que l’annulation de la dette n’a pas été évoquée ?

Coordination et transparence de l’aide

A Aceh, les acteurs de l’aide sont mulitples : Ong locales, gouvernement, Ong internationales, armées étrangères. La complexité et l’efficacité de cette logistique sont mises en doute. Face à l’afflux record de dons, se pose aussi le problème de la corruption. L’Ong Transparency International considère l’Indonésie comme l’un des pays les plus corrompus du monde.

L’aide contre la subsistance ?

Dans la province d’Aceh, des organisations locales ainsi qu’Oxfam donnent l’alerte : un apport massif d’aide alimentaire pourrait mettre en péril l’agriculture et la pêche qui font vivre la majorité de la population. Oxfam rapporte qu’avant le tsunami, Aceh produisait suffisamment de riz et d’aliments pour nourrir la totalité de sa population. Pourtant, les conditions de vie étaient déjà difficiles, notamment en raison des bas prix des denrées agricoles.

Les organisations paysannes locales, dont Fspi (partenaire du Ccfd) et Permata (Union des paysans et pêcheurs d’Aceh) craignent que l’arrivée d’aliments gratuits ne provoque l’effondrement des prix. D’où la nécessité de protéger et relancer les moyens de production, garants de l’autonomie des petits acteurs économiques.
Henri Saragih (Fspi) précise : « Tout le monde reconnaît le besoin d’aide alimentaire d’urgence. […] Mais nous demandons que les programmes d’aide s’approvisionnent autant que possible sur les marchés locaux ». Jusqu’à présent, le riz fourni par les Nations Unies provient de la compagnie d’Etat indonésienne et les importations de riz ne sont pas autorisées dans le pays. Mais l’ambassade des Etats-Unis a demandé à importer du riz dans le cadre de l’aide alimentaire… Une démarche qui, selon certaines organisations paysannes, pourraient amorcer l’ouverture du marché du riz et fragiliser encore plus les petits producteurs.

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