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Francis Wahono - Indonésie

Publié le 02.03.2004 Mis à jour le 18.07.2012

Les trois quarts des paysans vivent sous le seuil de pauvreté

En Indonésie, les paysans ne disposent que de très petites parcelles de terre. La moyenne est d’environ 0,4 ha par famille. On a calculé que pour faire vivre une famille de cinq personnes, il fallait environ 0,5 ha de rizières inondables. Et si l’on veut que les trois enfants de cette famille puissent aller à l’école, il faut alors 1 ha de terre. Il est facile de comprendre pourquoi, dans ces conditions, beaucoup d’entre eux vivent en deçà de leurs besoins.

Sur les quarante millions de familles de paysans que compte le pays, trente millions vivent au-dessous du seuil de pauvreté, dont le tiers dans des conditions proches de la malnutrition. Il y a également deux millions de familles, habitant des régions en conflits, Moluques, Sulawesi et Irian Jaya, dont la survie n’est due qu’à la présence d’organisations caritatives internationales.

De nombreux agriculteurs et de jeunes partent désormais vers la ville pour essayer de trouver un travail. Auparavant, ils pouvaient travailler dans les usines, mais depuis la crise économique de 1998, qui a renversé le général Suharto, au pouvoir pendant trente-deux ans, de nombreuses entreprises sont en faillite. Quand elles n’ont pas déménagé leur capital en Chine ou au Vietnam. Ce qui fait que tous ces gens se retrouvent sans emplois et doivent se débrouiller comme ils le peuvent. Et ce sont aujourd’hui de plus en plus souvent les femmes qui se retrouvent seules, avec les jeunes enfants, pour assumer les taches agricoles.

Le problème est, comment défendre ces paysans ? Il faut absolument qu’ils puissent prendre le contrôle de leur outil de production. Avoir accès à la terre et à l’eau, bien sûr, mais aussi protéger la biodiversité. Sans contrôles de l’accès à la terre et à l’eau, sans protection de la biodiversité, il n’est pas possible de parler de développement durable ni de souveraineté alimentaire.

Mais, pour ce faire, ils doivent non seulement se battre contre la corruption généralisée de leur gouvernement et de leurs représentants locaux, mais encore contre certaines directives de l’Organisation mondiale du commerce ou du Fonds monétaire international qui, au nom du libéralisme et de l’ouverture des marchés, ne font qu’empirer les choses.

Par exemple, le quota de riz importé, qui était jusqu’alors de 30 %, est maintenant libre. Le résultat est que le riz en provenance de Thaïlande ou du Vietnam à grands coups de subventions est désormais moins cher que celui produit en Indonésie. Ce qui revient à dire que l’Indonésie est en train de laisser mourir de faim ses paysans sur leurs propres terres.

C’est pourquoi l’association Lo Rejo/Cindelaras se bat depuis cinq ans pour la reconnaissance des droits socio-économiques et culturels des paysans mais aussi, par un programme de formation adéquat, propose le développement de modes de productions alternatifs à travers, par exemple, la culture intégrée et le mini crédit.

Propos recueillis pas Patrick Chesnet

Francis Wahono est membre de Cindelaras dont l’objectif est de défendre la petite paysannerie.

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