Un guide pour accompagner une démarche de voyage solidaire

Publié le 01.09.2024| Mis à jour le 12.03.2025

Voyage solidaire ou voyage pour revenir solidaire ?

Lycéens et lycéennes, étudiants et étudiantes, membres de mouvements ou associations, groupe d’amis de longue date ou baroudeurs et baroudeuses solitaires – comme Romain et Maël –, de nombreux jeunes souhaitent se lancer dans un projet de séjour à l’étranger, souvent avec une dimension de solidarité internationale, toujours avec une certaine soif de la rencontre. Ce guide s’adresse à celles et ceux qui, à leurs côtés, les accompagnent pour faire de ce voyage une réelle démarche éducative.

1. Pourquoi et pour qui ?

Vous êtes animateur et animatrice, référent et référente, éducateur et éducatrice, enseignant et enseignante ou toute autre appellation vous conférant un rôle d’accompagnement d’un groupe de jeunes engagés dans une démarche de voyage solidaire, et ce ne sont pas les interrogations qui vous manquent… C’est à vous que s’adresse cette démarche !

Pas simple en effet de se lancer dans ce type de projet lorsqu’on se trouve au carrefour de plusieurs compétences : accompagner le cheminement d’un groupe de jeunes, les préparer à la rencontre
d’une autre culture, traiter des questions de solidarité internationale, superviser l’organisation pratique et logistique d’un voyage à l’étranger… Souvent soutenus par des dispositifs de financement divers, ayant accès facilement à des informations pratiques, les jeunes ne bénéficient que rarement d’un accompagnement qui met en perspective leur démarche par rapport à des questionnements liés à la solidarité internationale, à la rencontre interculturelle, à une relecture de leur expérience.

Or, bien préparé et suivi d’un travail de restitution, un projet de séjour à l’étranger peut devenir une véritable expérience « d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale » et se révéler un tremplin pour des engagements futurs, source de changements « ici et là-bas ».

Le CCFD-Terre Solidaire, dans ses relations avec diverses associations ou avec les jeunes de son Réseau de bénévoles, prête depuis plusieurs dizaines d’années un intérêt particulier à ces projets et à leur accompagnement.

Les « voyages solidaires » sont des projets collectifs de départ à l’étranger dans une visée d’échange interculturel et de solidarité. Ce terme inclut les chantiers de jeunes, les voyages d’immersion, les séjours dont l’objet est la rencontre entre groupes de jeunes de cultures différentes…

De même que nous vous incitons à travailler en réseau pour croiser les compétences dans le cadre de l’accompagnement d’un projet de voyage solidaire, ce guide est réalisé par des salariés et salariées du CCFD-Terre Solidaire, des délégués et déléguées de mouvements de jeunesse et des associations travaillant dans le champ de la solidarité internationale. Il vous propose une démarche qui n’est pas spécifique à un public cible, il se compose d’une diversité d’outils que nous vous laissons libres de choisir et d’adapter en fonction des spécificités du groupe de jeunes que vous accompagnez.

Je suis partie voir à quoi ça ressemblait ailleurs, et voir à quoi je ressemblais ailleurs ; mon départ était une recherche d’une autre manière de voir les choses.

Maël

2. Les enjeux de l’accompagnement de jeunes dans le cadre d’un voyage solidaire

L’accompagnement est au cœur de toute démarche d’éducation populaire. Étymologiquement, le compagnon est celui qui partage la même ration de pain. Accompagner, c’est cheminer avec. Il ne s’agit donc pas d’apporter un savoir, de guider, mais d’« aider une personne à cheminer, à se construire, à atteindre ses buts » (Martine Beauvais, Vers une éthique de l’accompagnement). En solo ou en groupe, par l’intermédiaire d’une institution, d’une association ou en « autonome », majeur ou pas encore ; les cas sont nombreux et divers, ce qui rend toute « recette » unique d’accompagnement impossible. Avant d’aborder quelques repères, précisons les enjeux.

Au cœur du projet, le jeune et son devenir

Pour le CCFD-Terre Solidaire, ces projets revêtent surtout une dimension d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale. En résumé, par une rencontre concrète de certaines réalités s’opère une prise de conscience sur les inégalités Nord-Sud et les injustices qui peut occasionner des changements d’attitudes, tant sur place qu’au retour en France. De la théorie à la pratique… C’est déjà pour favoriser ce cheminement que ce guide vous est proposé. Mais au-delà, c’est bien du développement, de l’épanouissement de chacun et chacune de ces jeunes dont il s’agit.

Affirmer que « les voyages forment la jeunesse » c’est aller un peu vite. Si L’auberge espagnole (Cédric Klapisch, 2002) ou Carnet de voyage (Walter Salles, 2004) illustrent des expériences transformatrices, tant de voyages « scolaires » ou de séjours « touristiques » sont là pour nous prouver que cela peut ne rien changer. Si le déplacement n’est que kilométrique ou avec une unique finalité d’apport technique (« nous partons pour creuser un puits »), sans réelle envie de rencontre de l’autre, en particulier dans son altérité, peu de déplacements « intérieurs » sont à espérer.

Nous sommes ici dans une posture de rencontre, d’ouverture. Elles peuvent m’enthousiasmer, favoriser un décentrage constructif par rapport à mes références, mes habitudes, mes croyances, mes savoirs. Elles peuvent aussi m’effrayer, m’amener à me recroqueviller sur moi-même, réveiller des « vieux démons » enfouis dans mon histoire.

On parle souvent de « voyage initiatique », voire de « rite personnel de passage » (Amina Yala, Volontaires en ONG : l’aventure ambiguë. Paris, Éditions Charles Léopold Mayer, 2005, p. 190). Cette confrontation à une autre réalité peut nous faire revenir différent et différente, portant un regard et des attitudes modifiés sur notre monde, notre environnement quotidien. Évoquons aussi l’idée d’« expérience sociale » (François Dubet, Sociologie de l’expérience, Paris, Seuil, 1994). En quelques mots, chacun ou chacune de nous est un être de relations sociales et développe une réflexion éthique personnelle et des stratégies plus ou moins conscientes pour favoriser son insertion et sa « réussite ». Ces projets nous permettent d’amplifier, parfois fortement en un si court laps de temps, ces trois dimensions. Portant un regard plus personnel, construit autour d’un vécu, sur le monde et soi-même, nous pouvons être plus « acteur » ou « actrice » dans la société.

On le voit, les impacts sur chacun et chacune des voyageurs et voyageuses peuvent être considérables, d’autant plus que vous vous adressez le plus souvent à des jeunes en pleine construction. Comment alors concevoir la posture d’accompagnant et d’accompagnante ?

Avant tout, le dialogue

Dans le cas de ces projets de « voyages solidaires », il s’agit tout d’abord d’aider les jeunes à faire des choix qui peuvent orienter leur vie. « Aider l’autre à se construire implique de, au moins, l’aider à conscientiser ce qu’il fait et ce qu’il projette, et à s’en distancier » (ibid note 1) ; il ne s’agit en rien d’éloigner les jeunes de son projet, mais par la distanciation, lui permettre de se l’approprier par une démarche de verbalisation et de réflexion critique (Ce travail peut l’amener à remettre en question son projet ou à le modifier, par exemple en ne souhaitant plus « partir » mais en s’engageant dans une structure d’accueil de migrants).

Il y a là un risque pour l’accompagnant et l’accompagnante qui, en pensant (à tort ou à raison) détenir une expertise sur un sujet (par exemple les enjeux de la solidarité internationale ou le concept de partenariat), n’accompagne pas mais dispense seulement un savoir qui ne tient pas compte de la réalité, du contexte du ou de la jeune. L’accompagnement implique de partir d’où il ou elle en est et de cheminer en respectant des étapes intermédiaires, dans une relation caractérisée par le dialogue (La définition du verbe « accompagner » confirme cette organisation du sens, « se joindre à quelqu’un (dimension relationnelle) pour aller où il va (dimension temporelle et opérationnelle), en même temps que lui : à son rythme, à sa mesure, à sa portée. Tel est le principe de base : l’action se règle à partir de l’autre, de ce qu’il est, de là où il en est. », Maela Paul, Autour du mot accompagnement, Recherche et formation, n° 62, 2009, disponible ici).

Ainsi, par exemple, des motivations exprimées peuvent sembler inadéquates, des représentations de populations locales empreintes de préjugés. Il ne s’agit pas de faire « rêver » les jeunes, mais de chercher à savoir où ils et elles en sont sur le sujet abordé pour imaginer l’étape à franchir ensemble. Surgit une difficulté supplémentaire dont il faudra tenir compte en présence d’un groupe : chacun et chacune de ses membres n’en est pas nécessairement à la même étape !

L’accompagnement est un partage dans lequel les jeunes formulent à la fois leurs questionnements, leurs doutes, leurs convictions. Dans ce dialogue, l’accompagnant ou l’accompagnante, est là pour à la fois permettre aux jeunes d’exprimer leur liberté, leur autonomie, tout en favorisant une dynamique réflexive en apportant ses propres doutes, questionnements, connaissances et convictions, mais aussi en leur permettant d’avoir accès à d’autres sources d’informations : témoignages, rencontres, lectures, documentaires ou films…

Il ou elle doit à la fois tenir compte de la durée du projet et la prise en compte de chacun ou chacune dans un contexte souvent de départ en groupe.

Accompagner dans la durée

Le « projet » ne peut évidemment se limiter à l’action (dans son sens matériel, « concret ») envisagée sur place (construire une école, monter une pièce de théâtre…). Il ne peut non plus se réduire au séjour en lui-même. Le projet a avant tout pour finalité le développement de chaque jeune, avec pour support une ou des activités en lien avec « le Sud », répondant à un certain nombre de critères éthiques définis par les différents partenaires concernés, démarche que ce guide peut vous aider à mener.

Pour ce qui est de la durée du projet, il est commun d’affirmer que ces « voyages solidaires » se préparent pendant un an et se poursuivent plusieurs mois après le retour. Donc, nous voilà partis pour environ 18 mois au minimum.

© le Cil Vert

→ Article suivant : Accompagner en 6 étapes : 1. Des motivations pour un projet

QUELQUES ÉTAPES ESSENTIELLES EN TERMES D’ACCOMPAGNEMENT

  1. En premier lieu viendra l’expression des motivations des principaux acteurs concernés ou principales actrices concernées. Si la verbalisation des attentes des jeunes est indispensable, ne pas oublier d’aborder explicitement celles des autres acteurs essentiels : partenaires sur place, institution ou association dont feraient partie les jeunes, parents, financeurs… Croiser ces différents regards, c’est aussi entrer de manière concrète dans la pluralité, la complexité, et ainsi nourrir le débat et approfondir et mûrir ses propres opinions.
  2. Puis définir un projet commun, parfois à partir d’attentes à la fois diverses et parfois contradictoires. Un conseil : entre ces deux étapes, prévoir des temps d’échanges et de partage entre membres du groupe, sur tous les autres sujets, afin de développer la confiance réciproque, et donc faciliter l’expression individuelle lors des débats sur le projet commun.
  3. Impliquer, responsabiliser en veillant à une répartition des tâches et des rôles. Bien entendu, on tiendra compte des compétences de chacun ou chacune afin de ne pas mettre la barre trop haut tout en permettant aux uns et aux autres de prendre une place à part entière. Un exemple auquel on ne pense pas souvent : maintenir une veille d’information sur l’actualité du pays d’accueil grâce à Internet et la diffuser aux autres membres du groupe.
  4. Faire le point : en tant qu’accompagnant ou accompagnante, faire un point régulier avec chacun ou chacune, puis collectivement sur l’avancement du projet de manière plus globale.
  5. Si vous allez sur place avec le groupe, parvenir à rester attentif ou attentive à chacun et chacune – réactions, replis, enthousiasmes, peurs… – malgré les contraintes logistiques, les imprévus en tout genre et ses propres ressentis face à tout ce qui se passe tant dans le groupe que dans l’immersion, dans un autre contexte : bonne chance !
  6. Enfin, on n’oubliera pas l’étape du retour de séjour. L’expérience vécue « là-bas » est la plupart du temps extrêmement forte en émotions – en particulier à travers les relations nouées, mais aussi les valeurs interpellées – et prises de conscience – pauvreté, relations Nord-Sud, ses propres limites… L’accompagnement, avec cette éthique du partage et de l’écoute, est alors primordial pour permettre la verbalisation du vécu et des ressentis afin de favoriser d’une part la prise de conscience de ce qui a été vécu et la mise en lien avec le parcours – passé et à venir – du ou de la jeune.

En conclusion, de manière plus transversale, trois points d’attention :

  • Veiller à l’expression et à la prise en compte de chacun et chacune dans les temps collectifs.
  • En fonction des groupes, des jeunes, le maintien de la motivation dans la durée peut être une difficulté. Pour cela, être attentif ou attentive à chacun et chacune : il peut y avoir démotivation par manque d’intérêt, par sensation de rejet par le groupe, par peur, par crainte non exprimée ou non prise en compte…
  • Multiplier des modalités pédagogiques, les activités : faire le point sur l’avancement du projet, visionner ensemble un film ou une série, prévoir une sortie commune, aller manger ensemble dans un restaurant proposant de la cuisine du pays d’accueil, en rencontrer des ressortissants, participer au Festival des Solidarités, échanger avec un autre groupe engagé dans une démarche similaire…

L’accompagnement nécessite donc à la fois écoute et propositions pour élargir les horizons de la pensée de chacun et chacune. Le travail en réseau et l’échange entre adultes intervenant dans ces projets sont à privilégier. Mais le jeu en vaut la chandelle ; ces expériences sont « transformatrices d’identité, vers de nouvelles solidarités » (Marc Bulteau, Va, vis et deviens : en 2006, disponible ici).

Quelques ressources complémentaires pour une introduction aux voyages solidaires

Partir pour Être solidaire ?

Ritimo, 2019, disponible ici

Ce guide répond aux nombreuses interrogations que suscite un projet solidaire dans un pays du Sud. Il permet de réfléchir à ses motivations et à ses propres représentations, il passe en revue les divers dispositifs qui existent pour partir et les différentes pratiques de solidarité internationale. Ce petit guide est également un appui au retour : il donne des pistes pour continuer de s’engager près de chez soi. Une première approche en particulier pour ceux qui ont « l’aide » comme motivation affichée. Il peut être utilement complété par Vacances, j’oublie tout ?, un autre guide Ritimo et Partir en tant que volontaire, sur le site de Ritimo.

Partir pour Être solidaire ? L’exposition

Ritimo, 2022, 7 panneaux à œillets, disponible ici

Inspirée du guide Partir pour être solidaire ?, cette exposition aborde les questions de l’engagement et de la solidarité internationale. Elle propose à la fois des éclairages sur les mécanismes de dépendance et de domination entre pays pour mieux comprendre le monde actuel et permet également de faire le point sur des engagements individuels et collectifs : quelles motivations réelles d’un projet solidaire ? Quelle préparation au voyage ? Quels dispositifs ? Quelles solidarités construire ici ?…

Cette exposition permet de créer des animations pédagogiques autour des raisons qui poussent à partir et de celles qui poussent à rester.

Kilomètre zéro : le chemin du bonheur

Maud Ankaoua, 2019, éd. J’ai lu

Maëlle est une directrice financière débordée qui se lance dans une aventure au Népal. Au fil de son périple elle découvre les clés du bonheur et transforme sa vie grâce à des rencontres inspirantes.

Guide du Routard Tourisme responsable

2014

Ce guide du célèbre éditeur de voyage Le Routard aborde le tourisme responsable et solidaire. Il propose des adresses et des conseils pour voyager de manière plus responsable, en soutenant les initiatives locales et en minimisant l’impact négatif sur l’environnement.

Mentions pour le Guide papier et numérique

Directeur de publication
Dossier coordonné par Alice IDRAC puis Aline POLLMANN (édition 2024).


Ont collaboré à la rédaction de l’édition 2024
Pauline Robert, Julie Marchand, Aline Pollmann (CCFD-Terre Solidaire), Aurélie Le Goaëc (SGDF), Léandre Marcinkowski (SGDF), Delphine Bellanger (CCFD-Terre Solidaire), Matthieu Chanut (CCFD-Terre solidaire), Virginie Duval (ritimo) et Myriam Merland (ritimo), Clémence Roux.


Ont collaboré à la rédaction de l’édition 2013
Céline Bernigaud (CCFD-Terre Solidaire), Nicolas Balmand (DCC), Marc Bulteau (RIVEs), Laurent Colas, Nathalie Delatre (CCFD-Terre Solidaire), Yasmine Duboisset (SGdF), Alice Idrac, Céline Lefèvre (CCFD-Terre Solidaire), Delphine Muller (DCC), Frédéric RAUL (Association Lasalle-Frères des Écoles Chrétiennes), Romain Simonneau (CCFD-Terre Solidaire), Mathias Rocoplan (MRJC), Amélie Dussolier (SGdF), Thibaut Vignes (Étudiants et développement).


Ont collaboré à la rédaction de l’édition 2007
Fréderic Amiel (SGdF), Sophie Barbaza (SDF), Stéphanie Barzasi, Michel Besse (Réseau Jeunes-et-Mission), Julie Biro, Alexandre Boulanger, Anne-Sophie Gaulué, Marc Bulteau, Sophie Chesnais, Geneviève Comeau, Axelle de la Tourette (OPM), Aude de Montigny (GDF), Xavier de Nobili (Saint-Vincent de Paul), Hélène Descourvières, Bénédicte Duhamel (OPM), Fiona Dupont-Robertson (GDF), Jérôme Faure, Peggy Foulé (MRJC), Anne-Laure Joly (DCC), Madie Joubert (EC), Mathilde Kenarlikdjian (JIC), Isabelle Laurencot,
Marie Leclerc, Khadija Marfouk, Aneta Messelet, Bernard Paulet, Denis Perdrix, Marie-Ange Ponsard, Bernadette Prévot (JM), Lisette Prost, Frédéric Raul, Valérie Rodriguez, Eric Rost, Amélie Roy, Amélie Teisserenc (SGDF), Christianne Vanvincq, Anne-Gaëlle Verdier.


Création graphique & maquettage : Isabelle Cadet. Correction : Élisabeth Maucollot. Impression : Sipap Oudin.


Dépôt légal : juillet 2013. Édition 2024. Référence : 5140224

Nous remercions les structures ayant accordé les droits de reproduction gracieux pour cet ouvrage : Ritimo, Le Conseil de l’Europe, Les éditions Payot & Rivages, Les éditions Actes Sud, le magazine Croire aujourd’hui (Bayard), Libération, l’association belge Quinoa, Iteco, SGDF, Fédération Afric’Impact.

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