Vidéo : Aya de Tishreen, “Quand on naît Palestinienne, on naît activiste, qu’on le veuille ou non”
Aya est directrice générale de Tishreen, une organisation partenaire du CCFD-Terre Solidaire qui promeut l’engagement citoyen par et pour les citoyens arabes vivant dans la région du Triangle en Israël. 2 ans après le 7 octobre, Aya revient en vidéo sur la situation des Palestiniens en Israël.
Qui sont les “Palestiniens d’Israël” ?
Avec la création de l’Etat d’Israël en 1948, 800 000 Palestiniens et Palestiniennes sont forcés à fuir. C’est la “Nakba”. Environ 250 000 restent bloqués à l’intérieur des frontières d’Israël. On les appelle “Palestiniens d’Israël” ou “Palestiniens de 48”. Ils et elles ont été déplacés à maintes reprises et vivent jusqu’en 1966 sous un régime militaire distinct de celui des citoyens juifs.
Aujourd’hui, les Palestiniens d’Israël ont la nationalité israélienne et représentent 20% de la population de l’Etat d’Israël. Ils font pourtant face à de nombreuses discriminations. Ils n’ont par exemple accès qu’à 2,5% des terres d’Israël, un chiffre inchangé depuis 1948.
Une situation qui ne fait qu’empirer
Depuis le 7 octobre 2023, la situation des Palestiniens d’Israël s’est empirée. Leur activité sur les réseaux sociaux est surveillée, des salariés sont licenciés, des étudiants exclus de leur université, d’autres sont arrêtés, emprisonnés… Tout cela pour avoir témoigné leur soutien à la population gazaouie.
Contraints au silence, les Palestiniens d’Israël ont même parfois peur de prendre des nouvelles de leur famille ou de leurs amis à Gaza car l’Etat israélien peut considérer tout habitant de Gaza comme un potentiel membre du Hamas.
La période actuelle est la plus difficile que nous traversons. J’ai des membres de ma famille avec lesquels je n’ai plus de contact depuis des années.
Aya, directrice générale de notre partenaire Tishreen
Une Nakba perpétuelle
Pour les Palestiniens d’Israël, voir ce qu’il se passe à Gaza et ne rien pouvoir faire est insupportable.
Au début du génocide, j’avais très peur d’une nouvelle Nakba ici. Je pensais tout le temps au témoignage de ma grand-mère. Elle parlait des femmes qui, à cause de la peur et du stress, avaient oublié de prendre leurs bébés avec elles en fuyant […] Maintenant on voit des familles et des femmes à Gaza qui ont perdu leurs bébés, peut-être qu’elles ont oublié leurs bébés.
☞ Lire aussi : Pourquoi le CCFD-Terre Solidaire qualifie la situation à Gaza de “génocide” ?
Aya n’a pas pu accepter le silence auquel sa communauté était contrainte. Après le 7 octobre, le travail de son organisation Tishreen s’est reconfiguré. Des espaces de rencontre et de dialogue ont été créés pour renforcer la société civile et faire émerger une nouvelle génération d’activistes.
Un peuple éparpillé qui tente de rester uni
À partir de 2007 et le blocus de la bande de Gaza par Israël, la population gazaouie s’est retrouvée bloquée à l’intérieur même de son territoire. L’économie quant à elle s’est effondrée. 80% de la population de Gaza dépendait de l’aide humanitaire avant le 7 octobre 2023.
En parallèle, la Cisjordanie est divisée en trois zones et les habitants subissent un apartheid qui les entravent dans leur vie quotidienne et dans leurs déplacements.
☞ Lire aussi : La colonisation israélienne en 10 questions
Les Palestiniens et les Palestiniennes sont donc divisés entre plusieurs régions coupées les unes des autres, Gaza, la Cisjordanie et Israël, alors qu’ils vivaient auparavant sur un territoire uni.
Le peuple palestinien a le droit à un Etat, mais aussi de rentrer chez nous. Le droit au retour est reconnu par le droit international. Je ne veux pas rester une réfugiée de l’intérieur ou de l’extérieur.
Aya et Tishreen continuent de s’engager pour le peuple palestinien, de revendiquer leurs droits, leurs libertés.
C’est mon identité et c’est notre combat : être Palestinienne, être Arabe, parler arabe.
La situation de la population à Gaza reste dramatique. 90% de la population a été déplacée. 92% des habitations ont été détruites. Seules 1,5% des terres agricoles restent intactes. Nos partenaires locaux continuent de se mobiliser : ils accueillent les personnes déplacées et doivent accroître leurs capacités. Tentes, nourriture, eau et électricité sont essentielles. ☞ Faites un don dès aujourd’hui au CCFD-Terre Solidaire pour soutenir la population à Gaza
☞ Lire aussi : Plan Trump : quelle est la situation à Gaza deux mois après le début du cessez-le-feu ?
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