Publié le 19 mars 2015

L’agriculture climato-intelligente en question

La science doit être force de proposition pour faire bouger les lignes !

Du 16 au 18 mars, se tenait à Montpellier la Conférence internationale de la recherche sur la Climate-Smart-Agriculture (agriculture climato-intelligente).

L’occasion pour Coordination SUD de rappeler les fortes critiques émises depuis près d’un an par les ONG françaises [1] et internationales [2] sur l’Alliance globale (GACSA), lancée en septembre 2014 à New York. A quelques mois de la COP21, la communauté scientifique a un rôle à jouer pour pointer les dangers potentiels de ce concept et de cette Alliance et relever les multiples défis auxquels doit faire face l’agriculture dans le contexte d’un climat changeant.

Durant ces trois jours de conférences et débats, la communauté scientifique internationale s’est penchée sur le sujet de l’agriculture « climato-intelligente » (ACI) avec comme principal objectif d’échanger entre pairs, mais également avec les décideurs politiques et la société civile. La conférence visait ainsi à partager des connaissances sur l’ACI en vue de préparer un agenda global de recherche et proposer des recommandations aux décideurs politiques, à quelques mois de la Conférence internationale sur le climat (COP21) de Paris. Des représentants des commissions Agriculture et alimentation et Climat et développement de Coordination SUD ont été invités à participer à la table ronde finale de la conférence.

Coordination SUD se félicite que de nombreuses institutions et centres de recherche travaillent aujourd’hui sur les liens entre agriculture et climat. La communauté scientifique a cependant une responsabilité indéniable pour affiner l’approche actuellement incarnée par l’ACI, concept beaucoup trop imprécis et non dénué de risques.

En effet, il est susceptible d’englober des modèles agricoles extrêmement différents, dont les impacts environnementaux (ressources naturelles), sociaux (emplois, égalité de genre), culturels (droits des minorités) et économiques (autonomie/dépendance des paysans) sont très divers, voire opposés. Comme l’a rappelé Patrice Burger du CARI lors de la table ronde finale : « l’ACI porte à ce stade le risque de légitimer les modèles agricoles productivistes et de l’agrobusiness, qui n’ont pas réussi jusqu’ici à assurer la sécurité alimentaire, à apporter des réponses satisfaisantes aux enjeux écologiques et à résorber la pauvreté rurale de 500 millions de paysans dans le monde ».

La recherche n’est pas neutre et a un rôle de clarification à jouer. Coordination SUD appelle les scientifiques à collaborer avec les décideurs politiques, mais également toutes les organisations paysannes et la société civile, sur les modèles agricoles de demain. Les ONG françaises invitent la communauté scientifique à travailler tout particulièrement sur l’agroécologie, de manière à prioriser les agricultures familiales paysannes, à assurer réellement et durablement la sécurité alimentaire, le maintien des emplois en milieu rural et à relever les défis climatiques et écologiques.

Comme le souligne Philippe Jahshan, président de Coordination SUD, « A quelques mois de la COP21, les ONG de Coordination SUD sont très soucieuses du contenu de l’agenda des solutions et estiment que l’approche de la communauté internationale sur l’agriculture via l’ACI, et notamment portée par la GACSA, comporte encore trop d’imprécisions sur le fond comme sur la forme ».

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Contact presse :

Coordination SUD : Bénédicte Bimoko, bimoko@coordinationsud.org -Tél : 01 44 72 03 78 /07 76 78 15 19
AVSF : Katia Roesch, k.roesch@avsf.org - Tél. : 04 78 69 67 96
CARI : Patrice Burger, patriceb@cariassociation.org – Tél. : 04 67 55 61 18
Secours catholique – Caritas France : Jean Vettraino, jean.vettraino@secours-catholique.org - Tél. : 06 80 46 93 84
GRET : Laurent Levard, levard@gret.org – Tél : 01 70 91 92 72

Coordination SUD – Solidarité Urgence Développement est la coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale. Fondée en 1994, elle rassemble aujourd’hui plus de 150 ONG, dont une centaine via six collectifs (Clong-Volontariat, Cnajep, Coordination humanitaire et développement, Crid, Forim, Groupe Initiatives) qui mènent des actions humanitaires d’urgence, d’aide au développement, de protection de l’environnement, de défense des droits humains auprès des populations défavorisées mais aussi des actions d’éducation à la solidarité internationale et de plaidoyer.

Coordination Sud
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