Noël contre la faim

Publié le 26.05.2016 • Mis à jour le 27.05.2016

L’agriculture, un sujet qui dérange dans les négociations climat

Six mois après la COP21 et l’adoption de l’Accord de Paris, les 196 Parties à la Convention Climat se sont retrouvées à Bonn (16 - 26 mai 2016) pour une unique session de négociations en préparation de la COP22 qui se tiendra en novembre à Marrakech.
Une fois encore, les discussions sur l’agriculture ont été source de tensions entre les Etats et n’ont pas permis de poser la question clé soigneusement évitée : comment différencions-nous les modèles agricoles en fonction de leur impact sur les dérèglements climatiques et de leur capacité à assurer la souveraineté alimentaire des peuples ? A l’inverse, les initiatives volontaires et parallèles se multiplient.

Cette session, qui se veut un espace de discussions techniques a en réalité traduit de véritables blocages politiques. En premier lieu sur la question de l’adaptation des agricultures, notamment dans les pays du Sud, aujourd’hui largement impactées par les dérèglements climatiques. Mais également sur les moyens à mettre en œuvre pour agir en faveur d’une réduction réelle des émissions des agricultures chimiques industrielles fortement émettrices en gaz à effet de serre.

Une nouvelle fois, la question de l’agriculture n’est pas directement abordée dans les espaces de négociations. En revanche, elle est bel et bien traitée dans les espaces parallèles où l’on aborde, par exemple, l’initiative « 4 pour 1000 », soutenue par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, ou l’initiative « AAA » (Adaptation, Afrique, Agriculture) du ministre de l’Agriculture marocain Aziz Akhannouch. Ces initiatives sont présentes dans l’Agenda des solutions dont le CCFD-Terre Solidaire dénonce le flou depuis un an et qui laisse le champ libre aux fausses solutions et au greenwashing. Sans critères clairs et en l’absence d’une gouvernance transparente, cet Agenda comporte de sérieux risques pour les populations déjà les plus impactées par les dérèglements climatiques.

« L’Agenda des solutions est présenté comme une dynamique permettant à des acteurs divers d’influencer, à travers leurs actions, les politiques nationales des Etats en matière climatique. Il est inacceptable de voir des initiatives sans cadre de suivi et de redevabilité prendre une telle place dans les négociations climat. Comment va-t-on s’assurer qu’elles ont un véritable caractère transformationnel et qu’elles ne portent pas atteinte aux droits des populations ? Nous n’avons pas besoin d’une vitrine, mais d’actions concrètes et performantes avant 2020, pour les populations avant tout », déclare Anne-Laure Sablé, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire.

Laurence Tubiana et Hakima el Haite, les deux personnalités nommées « championnes pour le climat » conduiront des consultations auprès de la société civile sur l’avenir de cet Agenda des solutions. Le temps de la communication passé, il est maintenant impératif de construire un cadre transparent pour cet Agenda d’ici à la COP22 qui permette d’en mesurer le réel impact et d’en tirer des conclusions.

Contact presse :

- Karine Appy, 01 44 82 80 67 - 06 66 12 33 02

S’informer

12 décembre 2016

Dossier magazine Elections 2017 : Prenons le parti de la solidarité

FDM n°296

Dans le nouveau numéro de Faim et Développement : un dossier Campagne Elections 2017 avec un zoom sur la souveraineté alimentaire et la (...)

18 novembre 2016

COP22 : les populations vulnérables attendront !

Après deux semaines de négociations, la COP22 se clôture ce 18 novembre 2016. Les discours des chefs d’Etat et autres personnalités se sont (...)

15 novembre 2016

COP22 : Quand les négociations sur l’agriculture bloquent, les initiatives galopent

La première semaine de la COP22 s’est achevée par la clôture des négociations sur les sujets ayant trait à l’agriculture et à la sécurité (...)

Nos projets

10 janvier 2017 ITECA , Concert’Action

Trois mois après l’ouragan, des nouvelles d’Haïti

Les 3 et 4 octobre 2016, l’ouragan Matthew a dévasté Haïti. Vous avez été nombreux à manifester votre solidarité avec les Haïtiens en (...)

6 janvier 2017 RTI , KPA

En Indonésie, une riziculture écologique et deux fois plus productive pour les paysans

Grâce à une méthode de riziculture intensive mise au point à Madagascar, les cultivateurs de riz parviennent à augmenter considérablement (...)

16 décembre 2016 BEDE , IRPAD

Au Mali, protéger et valoriser les semences paysannes, vitales pour la souveraineté alimentaire

Au Mali la "modernisation" agricole soutenue par des projets internationaux et les politiques nationales (promotion des monocultures, (...)