Publié le 5 juillet 2006

Inde

Si l’Inde a toujours considéré l’Asie du sud comme son pré-carré, le déploiement depuis quelques années de bases militaires chinoises à Sri Lanka, en Birmanie, au Pakistan et au Bangladesh (stratégie du « collier de perles ») remet en question la suprématie de l’Inde dans la région, devenue un bastion essentiel pour la croissance économique de la Chine.

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En 2012, après cinq années consécutives, l’Inde reste le premier importateur de produits militaires et le restera pour les quatre années à venir, reléguant ainsi la Chine à la seconde place de ce triste palmarès selon les analyses croisées du Centre Russe d’Analyse de Commerce Mondial d’Armes (TSAMTO) et de l’Institut de Recherche sur la Paix de Stockholm (SIPRI). La croissance indienne d’importations de matériels de guerre est dictée par plusieurs facteurs dont la concurrence avec la Chine et le Pakistan, avec lequel les relations se sont tendues après les attentats meurtriers de Bombay en 2008. Toujours en quête d’un siège permanent au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, New Delhi multiplie les accords bilatéraux avec les Etats-Unis, la France, la Russie sur les segments militaires, énergétiques, et économiques.

Devenue 4ème puissance économique mondiale en 2012, le modèle politico-économique de l’Inde se caractérise depuis la libéralisation des services publics engagée en 1991 par une ouverture de son marché intérieur aux investisseurs étrangers adossée à une montée en puissance des Etats fédérés. Ces derniers se livrent à une véritable bataille pour attirer les investisseurs étrangers volontaires de se positionner sur l’exploitation des ressources naturelles, la sous-traitance de méga-projets industriels et plus largement sur le marché colossal de la production de biens manufacturés.

Si l’adoption du modèle néolibéral par les élites indiennes depuis 20 ans a permis notamment l’émergence d’une classe moyenne d’environ 300 millions d’indiens, la volonté de puissance de l’Inde se fait sur la base d’un processus d’accumulation (de ressources naturelles, foncières, budgétaires) par dépossession (des Dalit, Indigènes et basses castes) et reproduction des élites dans la vie politique, judiciaire, administrative et dans le milieu des affaires.

Ce processus ne fait que renforcer les inégalités inter-communautaires, les discriminations par la caste et la culture d’impunité banalisée notamment en situation de violence d’Etat contre les Dalit et les minorités religieuses (pogroms anti-musulmans du Gujarat en 2002 et anti-chrétiens de 2008 en Orissa).

Depuis 2010, l’Etat indien mène une guerre ouverte contre la guérilla maoïste, qualifiée par le Ministère de l’intérieur « d’assassins sans vergogne, de terroristes sanguinaires ». New Delhi met en œuvre ainsi des opérations militaires de grande envergure dans les Etats du Nord-Est contre le mouvement maoïste révolutionnaire. Sur cet objectif de lutte contre le terrorisme, New Delhi enfreint de nombreux textes internationaux dont ceux liés au devoir de protéger les populations civiles des effets des attaques militaires et ne se gêne pas pour criminaliser les mouvements sociaux, les ONG et les militants des droits de l’homme en les faisant passer pour pro-maoïstes.

Depuis 2010, le CCFD-Terre Solidaire travaille à la consolidation de ses partenariats en Inde du Sud via l’appui à la création de coalitions thématiques inter-sectorielles rassemblant ONG Dalit, Indigènes, de Basses Castes, de paysans sans terre sur des lignes de protection des ressources naturelles (TNLRF), de défense des droits des travailleurs (TNCWC), de renforcement de la démocratie locale et d’appui à l’émergence d’alternatives économiques.

Le CCFD-Terre Solidaire est aussi engagé au niveau national et dans 10 Etats du Nord de l’Inde avec NCDHR, plate-forme nationale d’organisations Dalit, impliquée dans le renforcement du respect des droits humains des Dalit (accès aux services de base, à la justice, aux avantages constitutionnels qui leur sont réservés, etc.) en Inde et au niveau international par un plaidoyer actif avec IDSN afin de faire reconnaitre la discrimination par la caste comme violation des droits humains.
Le CCFD-Terre Solidaire soutient par ailleurs une coalition d’ONG dans le Sud de l’Orissa et leur projet de développement intégré visant notamment leur pleine participation dans les instances de gouvernance locale.

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