4. La rencontre interculturelle
Parce que la rencontre est aussi complexe qu’enrichissante
Cet article propose quelques outils pour préparer les jeunes à l’incontournable rencontre interculturelle qu’ils et elles vivront lors de leur voyage. Il est essentiel pour les jeunes de prendre conscience en amont, de l’importance à accorder à cette rencontre et de savoir que c’est de sa qualité que dépendra la réussite de leur séjour.
La rencontre n’est pas quelque chose de facile. Il est aisé de se fourvoyer et de passer à côté. Voici quelques clés pour bien vivre la rencontre interculturelle et pouvoir réellement partir à la découverte de l’autre.
1. Culture et diversité culturelle
Contrairement à une vision restreinte mais bien souvent véhiculée, la culture ne se limite pas à l’art, au folklore ou aux manifestations « exotiques » d’une population. Voici la définition de la culture du dictionnaire Le Petit Larousse (éd. 2023) : « Ensemble des phénomènes matériels et idéologiques qui caractérisent un groupe ethnique ou une nation, une civilisation, par opposition à un autre groupe ou à une autre nation. » (Dictionnaires Larousse français).
De façon plus approfondie, voici quelques autres définitions :
« [La culture] est la manière structurée de penser, de sentir, de réagir d’un groupe humain, surtout acquise et transmise par des symboles. »
Dictionnaires Larousse français« La culture d’un groupe social, c’est l’ensemble des réponses qu’il a élaborées au cours de son histoire pour répondre aux défis de son environnement. »
Clyde Klucholn
La culture est une réponse à un problème dans un contexte donné. Comme nous n’évoluons pas toutes et tous dans les mêmes contextes, nous n’apportons pas les mêmes réponses aux problèmes, et nous évoluons donc dans des cultures différentes.
Nos vérités n’ont, elles non plus, rien d’universel : nous n’avons pas tous les mêmes valeurs, car celles-ci trouvent leurs explications dans notre histoire, notre éducation, notre vision du monde, notre religion, etc. « Reconnaître cette diversité, c’est reconnaître la nécessité et l’utilité de chacune de ces cultures » (Clair Michalon, « Chapitre thème d’animation CCFD-Terre Solidaire, n° 1, Garantir la paix ? Prévenir les conflits », 2002).
© Le Cil Vert
2. Les différentes logiques culturelles
Les réponses que nous avons trouvées pour résoudre nos problèmes répondent à un besoin réel et s’harmonisent entre elles afin de créer un ensemble cohérent et logique. Une fois que nous avons reconnu, compris et accepté ce phénomène, nous pouvons sans difficulté admettre la logique de tout comportement d’une communauté humaine.
Et si ces comportements sont logiques, ils peuvent être compréhensibles. Il est donc important de s’attacher à comprendre pourquoi l’autre agit ainsi, plutôt que de porter un jugement et considérer abruptement que son acte est irrationnel. « Pourquoi est-ce que certains ont fait le choix de la monogamie et d’autres celui de la polygamie ? » « Pourquoi dans certaines cultures pose-t-on tant de questions sur la famille lorsqu’on se salue ? » Cette attitude de questionnement sur le pourquoi du comportement de l’autre est une attitude indispensable pour rendre possible le dialogue et la rencontre.
3. Bien se connaître pour pouvoir découvrir l’autre
Ce travail de réflexion sur la connaissance de soi, qui peut à première vue sembler déplacé ou inutile, est véritablement nécessaire et doit être mené en amont, pour que la rencontre soit possible et positive.
En découvrant la culture de l’autre, nous sommes aussi amenés à (re)découvrir la nôtre. Chacun et chacune a en effet besoin de cohérence et de compréhension pour lire son propre quotidien. Si l’environnement de ce quotidien change fortement et brutalement – et c’est le cas lorsque l’on entreprend un voyage en réelle immersion –, les clés de lecture peuvent être bousculées jusqu’à être remises en cause. Si ces clés n’ont pas été préalablement identifiées, l’édifice risque d’être ébranlé, et la découverte de l’étranger rendue d’autant plus difficile. « Pourquoi l’atteinte à l’intégrité physique d’un être humain m’insupporte-t-elle tant ? » « Pourquoi l’idée qu’un fonctionnaire puisse me demander un bakchich me rend fou ou folle de rage ? » Et les réponses ne seront pas simples à trouver ! Il va falloir parfois aller chercher loin dans son histoire personnelle ou collective pour en trouver. Tous les champs sont à explorer : l’éducation, l’origine sociale, ethnique et religieuse, le contexte de vie actuel, les rencontres que l’on a faites… L’enjeu est de prendre conscience de certains des conditionnements liés à sa culture, à ses habitudes et à ses privilèges, et de reconnaître ainsi ses limites, ses contradictions, ses conflits internes. Une meilleure connaissance de soi et de son contexte occidental permettra de mieux partager ce que l’on est, et de mieux accueillir l’autre. Elle aidera à être soi-même et à éviter de jouer un rôle.
La connaissance de soi et de son histoire – la petite et la grande – est d’autant plus essentielle lorsque l’on se rend dans un pays anciennement colonisé par notre pays d’origine. Le décalage peut être important entre ce que nous connaissons de la culture du pays d’accueil et ce que connaissent – ou croient connaître – de notre culture les membres du groupe qui nous accueille. On pourra être surpris et surprise par la connaissance du monde occidental et de notre pays par les populations locales, comparé au peu d’informations que nous avons de leur culture chez nous. Il pourra en découler une curiosité qui ne sera pas réciproque entre le groupe des visiteurs et visiteuses et le groupe qui les accueille. En avoir conscience peut éviter une potentielle déception.
Il est aussi nécessaire de se préparer à entendre une autre histoire que le récit national enseigné dans nos établissements scolaires. Avoir conscience que des événements historiques graves ont eu lieu au nom de l’intérêt de notre pays, avec des conséquences encore très marquées dans les cœurs et dans les esprits des populations locales, peut aider à être dans une posture d’écoute et non de déni, lorsque les hôtes évoqueront ce lourd passé avec les jeunes.
Exemple : le massacre de Thiaroye au Sénégal, en 1944 est une répression sanglante perpétrée par l’armée française envers ses tirailleurs réclamant le paiement de leurs soldes de captivité ainsi que les primes qui ne leur avaient pas été versées. Cet événement est quasiment inconnu en France, et pourtant très présent dans l’histoire et la mémoire des Sénégalais et Sénégalaises (plus d’informations ici).
4. La rencontre : accepter les joies et les difficultés de l’altérité
Une fois que je sais qui je suis et que j’admets que je vais nécessairement être confronté dans la rencontre à une altérité qui me dépasse, je peux alors partir à la rencontre de l’autre. La différence ne sera pas ici vécue comme une menace, et la rencontre mutuelle sera possible, source d’épanouissement, de plaisir et de développement réciproque.
Cette rencontre sera source de joie, mais aussi de difficulté. En effet, une vraie rencontre, qui est un réel dévoilement de l’un et l’une à l’autre, ne se fera pas sans violence : il y aura inévitablement des attitudes, des comportements, des aspects de la culture de l’autre qui vont me choquer, me blesser, me révolter. Il ne s’agit surtout pas de prôner une morale ou une vision du bien et du mal, mais de rester sur le registre du constat, de l’observable.
Attention cependant ! Chercher à comprendre ne veut pas dire tout approuver : chacun et chacune sera ici renvoyé·e aux valeurs qui lui sont chères et sur lesquelles il ou elle ne fera pas de concessions.
Il est tout à fait possible de comprendre pourquoi une population a décidé de se conduire d’une certaine manière sans pour autant cautionner ce comportement ; il ne s’agit pas de tout relativiser ni de renier les concepts qui nous constituent, mais de découvrir ceux des autres.
Il est essentiel aussi d’admettre que l’on n’a pas toujours de réponse à nos « pourquoi ? » ; le temps passé est bref, l’autre est complexe, autant que moi, et il demeurera souvent en grande partie un mystère.
C’est cette prise de conscience préalable des difficultés possibles qui me permettra de surmonter ces épreuves et d’entrer dans la complexité de la réalité de l’autre.
5. Des clés pour une rencontre réussie
L’indispensable dialogue : écoute et enrichissement mutuel
Chaque culture nous apporte son lot de solutions possibles face aux problèmes. Beaucoup de ces solutions sont judicieuses, adaptées, d’autres sont discutables, aujourd’hui peut-être inacceptables. […] Une différence comportementale ou culturelle mal lue, c’est un obstacle au dialogue, un conflit en germe. Une différence lue correctement, c’est un outil de dialogue efficace, riche pour les deux parties (Clyde Klucholn). Le dialogue, c’est deux « raisons » qui se rencontrent, s’écoutent et cherchent à se comprendre. Laissons la place au débat, favorisons les échanges, discussions où il ne s’agira pas d’affirmer « j’ai raison », mais d’expliciter sa position, de lui donner sens, et d’écouter celle de l’autre, de chercher à en comprendre le sens propre. On le voit, c’est une posture qui nécessite confiance et respect. Si nous voulons partager un avenir commun, il faut s’efforcer de connaître l’autre et d’apprendre les uns et les unes des autres ! Une démarche indispensable comme doit l’être celle de s’attaquer à nos préjugés et à nos illusions.
Ce dialogue passera sans doute par des échanges dans la langue officielle du pays, ou par une langue parlée en commun, même si elle n’est ni la langue maternelle du groupe de jeunes ni celle du partenaire. On pourrait alors être tenté de croire que nous n’avons pas besoin d’apprendre quelques notions des langues locales, puisque nous nous comprenons ainsi. Pourtant, cette posture nuirait à la richesse de la rencontre. Rien ne vaut une attitude à la fois curieuse et volontaire vis-à-vis de la langue maternelle des hôtes : incitez le groupe à apprendre les expressions de base des salutations, des échanges commerciaux, etc., et les jeunes en recevront le bénéfice au centuple ! Ce, même s’ils font quelques erreurs, bien au contraire. Cet effort favorisera grandement un dialogue riche et de vérité.
« Si vous parlez à un homme dans une langue qu’il comprend, vous parlez à sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, vous parlez à son cœur »
Nelson Mandela
Dépasser ses préjugés
Afin d’appréhender le monde qui nous entoure, nous utilisons toutes et tous des représentations, des schémas, qui permettent à notre cerveau de comprendre ce qui nous arrive. Ces représentations sont normales et elles sont propres à chacun et chacune d’entre nous. Nous avons chacun et chacune une représentation différente d’une même réalité, en fonction de notre vécu, de notre culture, du contexte et de notre propre perception de la vie ; il s’agit en quelque sorte de « lunettes » personnelles à travers lesquelles nous voyons et comprenons le monde. Ces représentations influencent alors directement notre rencontre avec l’autre.
Il faut cependant nous méfier des représentations négatives que sont les préjugés et les stéréotypes.
Le stéréotype est une généralisation, une caractéristique de tout un groupe, attribuée sans aucune distinction ; il peut être positif comme négatif (exemple : les Chinois et Chinoises sont travailleurs et travailleuses ; les jeunes de banlieue sont violents et violentes).
Le préjugé (ou « pré-jugé ») est le fait de juger une personne avant de la connaître et de la réduire le plus souvent à une caractéristique liée à un stéréotype.
Attention, donc, à l’essentialisation. « L’essentialisation est l’acte de réduire un individu à une seule de ses dimensions, ce qui suppose qu’il y a non seulement réduction d’un individu, mais qu’il y a l’idée de le faire malgré l’individu lui-même. Essentialiser, c’est donc poser une étiquette. Dans “essentialiser”, on entend aussi la généralisation d’un trait naturel : essentialiser, c’est ramener l’individu à une caractéristique (un sexe, une couleur de peau, par exemple), pour ensuite l’étendre à toute une catégorie partageant cette même caractéristique, et établir, à partir de là, une hiérarchie entre différentes catégories. C’est le fondement du racisme. » (Source : émission de France culture sur l’essentialisation)
Lors d’une rencontre, si des préjugés peuvent être identifiés, on peut tenter de les dépasser pour établir une relation allant au-delà des stéréotypes véhiculés par notre société. Nos représentations peuvent évoluer afin de ne pas être un frein à la rencontre. Pour cela, il est essentiel de savoir « se décentrer », c’est-à-dire identifier quelles sont nos représentations, quelles sont les lunettes qui nous permettent de voir le monde, et prendre le recul nécessaire pour en changer, essayer d’avoir une perception différente des choses, et transformer ainsi la vision que l’on peut avoir de l’autre.
6. À la rencontre de chacun et chacune
Il faut toujours garder à l’esprit qu’avant d’être une rencontre entre deux cultures, une rencontre est et demeure avant tout une rencontre entre deux personnes, deux individus uniques avec leur propre personnalité. Chacun et chacune est libre « d’interpréter », d’adapter sa propre culture, et il serait réducteur de ne voir qu’une culture derrière les membres d’un même groupe. La rencontre se fait en outre dans un cadre donné qui influence les rapports et les échanges – dans le cadre du travail ou de loisirs, en public ou en privé, entre une personne jeune et une plus âgée, etc. Il s’agit dans la rencontre de saisir de façon subtile tout ce qui constitue l’autre, dans sa dimension collective comme individuelle. Ainsi la rencontre devient source de création. Et quand un ou une jeune se sent devenir créateur ou créatrice de quelque chose, il ou elle augmente son capital confiance, et pourra devenir acteur ou actrice de changement par son comportement et ses convictions.
L’iceberg – Un concept de culture. Une culture est constituée d’aspects visibles – la partie émergée de l’iceberg – et d’aspects cachés – la partie immergée de l’iceberg. Les aspects visibles sont observables lors de la traversée d’une région, d’un pays (habitat, habillement, langue, musique…) ; les aspects cachés, moins flagrants, se révèlent lorsque l’on vit dans un groupe et que l’on cherche à connaître l’origine des aspects visibles : la vision du monde, les rapports homme/femme, la place de l’enfant, les concepts, les attitudes morales… (Source : AFS Orientation Handbook, New York : AFS Intercultural Programmes Inc. Vol 4 page 14, 1984).
→ Article suivant : 5. Vivre la relation partenariale
Les fiches d’animation
Fiche 1 – Des échelles de valeurs différentes
Prendre conscience des différentes perceptions de valeurs.
Fiche 2 – Face à certaines situations
Montrer que certaines réactions spontanées sont marquées par nos références culturelles et par notre histoire personnelle et collective et aborder la notion de préjugés.
Fiche 3 – Chacun et chacune son arbre de référence
Apprendre à mieux se connaître, comprendre que les réactions sont le fruit d’une histoire tant personnelle que collective.
Fiche 4 – Cheminer
Savoir que le voyage est une mise à nu, une mise en danger qui va amener réactions et transformations, identifier la nécessité en partant de « se décentrer » pour rencontrer l’autre, pour s’ouvrir à l’autre, à la différence.
Fiche 5 – Jeu de la lettre « deux visions d’une même réalité »
Faire prendre conscience aux participants et participantes qu’une même réalité peut être perçue très différemment selon les personnes, notamment dans un contexte interculturel et faire prendre conscience aux participants et participantes du choc interculturel impliqué par le voyage.
Fiche 6 – Jeu de l’albatros
Faire vivre une simulation de contact interculturel pour appréhender les possibles incompréhensions entre cultures et prendre conscience de l’écart entre interprétation et réalité.
Fiche 7 – À la rencontre d’autres religions
Appréhender les différentes logiques culturelles et religieuses, et la place de la religion dans la culture et aborder les notions d’ethnocentrisme, stéréotypes, filtres culturels et « décentration » : l’ouverture à d’autres valeurs, d’autres visions du monde…
Fiche 8 – Jeu de l’exception
Aborder la notion de groupe : intégration, rejet, discrimination, dans la société/dans le monde et débattre de l’exclusion et réfléchir aux personnes se retrouvant dans ces situations.
Fiche 9 – Jeu de la minute
Faire prendre conscience que, comme le temps, d’autres notions ou choses, sont relatives et que ce sont des représentations propres à chacun et chacune, même au sein d’une même culture.
Fiche 10 – Jeu du pas en avant
Sensibiliser à l’inégalité des chances dans la société et, parallèlement, montrer combien certaines personnes sont privilégiées par rapport à la majorité de la population mondiale et faire comprendre ce qu’implique parfois l’appartenance à certaines minorités sociales ou ethniques pour une personne.
Fiche 11 – Eurorail
Personne d’entre nous n’est raciste, mais… Cette activité est consacrée à l’étude des préjugés, par le biais d’une situation quotidienne : voyager ensemble dans un train.
Quelques références sur la question de l’interculturel
T-KIT n° 4, l’apprentissage interculturel
Conseil de l’Europe, 2001, disponible ici
Un outil très complet. Une trentaine de pages d’apports et de réflexion sur le fond de la thématique, suivie d’une soixantaine de pages de conseils pédagogiques et d’outils, du plus simple à certains plus complexes dans leur utilisation. Incontournable !
L’éducation interculturelle
Martine Abdallah-Pretceille, PUF, coll. Que sais-je., 3e éd. 2011
Un petit ouvrage, mais extrêmement complet, sur les enjeux et la pédagogie d’une éducation à l’interculturel ; indispensable dans un monde contemporain marqué par la pluralité des appartenances et des origines.
Le Conteur et le Comptable
Clair Michalon, Sépia, 2017
Concret et vivant, extrêmement utile à ceux qui se rendent dans des pays dits « du Sud » afin, en particulier, de mieux appréhender le rapport au développement, et de nombreuses difficultés que l’on peut rencontrer en situation d’aide. De manière générale, une façon de prendre conscience qu’il y a plusieurs vérités, car plusieurs contextes et histoires.
Qui sommes-nous ? Quelques spécificités culturelles françaises
Clair Michalon, captation d’une conférence de 2016, disponible ici
Un regard historique et géographique sur notre pays qui permet de mieux comprendre certaines de nos spécificités culturelles. Un propos utile pour interpréter les décalages interculturels lorsque des Français et des Françaises voyagent hors de leurs frontières. (NB : les 15 premières minutes de la conférence sont un rappel des précédentes conférences. Le vif du sujet démarre ensuite.)
La Haine de l’Occident
Jean Ziegler, Albin Michel, coll. Livre de poche – éd. 2010
Où qu’il aille, dans l’exercice de ses fonctions internationales, Jean Ziegler est frappé par l’hostilité de principe que les peuples du Sud manifestent à l’endroit de ceux du Nord. Jusqu’à rendre parfois impossible l’adoption de certaines mesures d’urgence en faveur des plus démunis. Dans ces conditions, localiser les racines de la haine que le Sud voue désormais à l’Occident, et réfléchir aux moyens propres à l’extirper, est devenu une question de vie ou de mort pour des millions d’hommes, de femmes et d’enfants à la surface du globe. Comment contraindre le nouvel ordre du capitalisme mondialisé à cesser de soumettre le reste du monde à sa domination meurtrière, comment conduire l’Occident à assumer ses responsabilités ? Comment faire en sorte qu’au Sud, l’horizon de l’État de droit ne soit pas récusé du fait des injustices qui sont commises en son nom ? Dans quelles conditions le dialogue peut-il être renoué ?
L’intelligence de l’autre ; prendre en compte les différences culturelles dans un monde à gérer en commun
Michel Sauquet, éd. Charles Léopold Mayer, 2007, disponible ici
Un ouvrage complet, destiné à tous ceux qui envisagent une expatriation que ce soit dans l’humanitaire ou en entreprise. Il présente une synthèse des principaux travaux en matière de rencontre interculturelle, avec ses risques de malentendus et de tension. Particularité appréciable : une riche bibliographie commentée.
Deux romans pour une entrée à la fois concrète et souvent humoristique :
Stupeurs et tremblements
Amélie Nothomb, Le Livre de Poche
Entre incompréhensions et contresens, de « bourdes » en erreurs, les péripéties d’une jeune belge tentant de faire sa place dans une entreprise au Japon.
Un anthropologue en déroute
Nigel Barley, Payot
Ou comment au Nord Cameroun, celui qui partait pour observer se retrouve au centre des regards ; une vraie rencontre, à double sens !
Des vidéos pour mieux connaître la France et les préjugés sur notre pays
Cliché ! version française
Émission Karambolage, Arte, le dimanche soir et sur YouTube
Petit guide « Lutter contre les préjugés sur les personnes étrangères »
La Cimade, 2022
Outil très utile pour remettre en perspective la question migratoire et la réalité des personnes migrantes en France.
C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ?
FASTI, éd. Syllepse, Coup pour Coup, 2022
Interventions militaires, franc CFA, dette des pays du Sud, pillage des ressources naturelles, etc. En 10 exemples, cet ouvrage concis se veut être un pavé dans la marre, donnant des aperçus concrets de la politique coloniale de la France au XXIe siècle. Un livre utile pour comprendre la perception de la France à l’étranger, dans les pays du Sud.
La Pensée blanche
Thuram Lilian, Philippe Rey, 2020
Dans son dernier ouvrage, Lilian Thuram explique comment la pensée occidentale s’est imposée dans le monde, hiérarchisant les êtres humains dans les inconscients collectifs. À travers des exemples de racisme systémique, l’auteur tente de faire comprendre les mécanismes à l’œuvre pour une prise de conscience et, in fine, la construction de nouvelles solidarités entre les êtres humains.
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