© Pierre Morel
Pêche artisanale

Conférence sur les océans : alerte sur la privatisation des mers

Publié le 25.06.2022| Mis à jour le 01.07.2022

La deuxième conférence des Nations unies sur les océans aura lieu du 27 au 1er juillet 2022 à Lisbonne. A cette occasion de nombreuses organisations de la société civile et de la pêche artisanale dénoncent “l’économie bleue”. Cette nouvelle stratégie internationale facilite l’appropriation des océans par les multinationales et dépossèdent les populations côtières de leurs moyens de subsistance au nom du développement durable.

Savita Vijayakumar est une chercheuse indienne qui travaille avec le CCFD-Terre Solidaire pour comprendre la nature de “l’économie bleue”, en identifier les acteurs et cartographier les dynamiques de pouvoir entre eux. Interview.

Quel est l’enjeu principal de la Conférence des Nations Unies sur les océans?

Savita Vijayakumar : Cet événement est sensé être la plus grande conférence jamais organisée sur les océans. Son but principal est de parvenir à un consensus entre les gouvernements, le secteur privé, les institutions financières internationales, les agences des Nations Unies et les organisations de la société civile sur l’Objectif de Développement Durable n°14 sur la vie aquatique.

La conférence s’inscrit dans le contexte de la décennie 2021-2030, déclarée Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable. Elle a aussi pour but d’atteindre des résultats précis comme l’objectif dit “30×30”, c’est à dire protéger 30 % des océans d’ici 2030. L’ONU a également désigné les dix prochaines années comme la Décennie pour la restauration des écosystèmes.

Quels problèmes posent cet agenda pour la société civile ?

Savita Vijayakumar : Nos principales critiques portent sur l’économie bleue. Cette politique économique donne lieu à des projets qui dépossèdent les pêcheurs artisanaux de leur accès à la mer et de leurs moyens de subsistance, au nom du développement durable.

Selon nous cette conférence est problématique pour deux raisons :

  • Premièrement, elle exclue délibérément les communautés côtières et l’intérêt général dans son programme, ses objectifs et son déroulement.
  • Deuxièmement la présence de multinationales. Elles vont utiliser la conférence comme un marché pour obtenir des partenariats et des financements du secteur public. Et ce pour des projets qui vont uniquement contribuer à l’accaparement des mers.

Quelles sont les actions de la société civile pour remédier à cela ?

Savita Vijayakumar : Du 26 au 28 juin, des organisations de la société civile, dont le CCFD-Terre Solidaire et plusieurs de ses partenaires, se réunissent pour organiser un atelier populaire à Lisbonne.

Lors de ce contre-sommet nous allons faire le point sur les impacts de la Conférence des Nations Unies dans différents pays. Nous voulons aussi construire de nouvelles alliances et des stratégies de résistance et de solidarité internationale.

Enfin, un dernier objectif est d’attirer l’attention sur le fait que les agences de l’ONU et les banques de développement doivent rendre des comptes aux populations avant de satisfaire les intérêts privés.

Rejoignez le contre-événement en ligne, auquel participe le CCFD-Terre Solidaire, pour dénoncer la Conférence des Nations Unies sur les océans !

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avec le CCFD - TERRE SOLIDAIRE

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