Crise alimentaire : produire plus n’est pas la solution

Publié le 10.06.2022| Mis à jour le 01.07.2022

A une semaine de la Journée mondiale contre la faim, la flambée des prix alimentaires est de plus en plus présente dans l’actualité. Valentin Brochard, chargé de plaidoyer souveraineté alimentaire au CCFD-Terre Solidaire, nous explique pourquoi produire plus en France n’est pas la solution pour faire face à la crise alimentaire.

La crise n’est pas un problème de production

Il n’est pas nécessaire de produire plus en France pour nourrir le monde. Depuis le début du conflit, il prédomine une vision faussée des raisons de la crise alimentaire actuelle. Cela fait des mois que le gouvernement français, mais aussi certains syndicats agricoles, nous expliquent que cette crise est liée à un manque de production céréalière.

 Leur raisonnement est simple : l’Ukraine est historiquement un méga exportateur de céréales. Elle ne peut plus exporter à cause du conflit. Il faut donc produire plus en France pour compenser ce manque et éviter des famines.

 Le problème est que ce raisonnement est aussi simple que faux :

  1. Malgré ce conflit, les prévisions des Nations Unies concernant la production mondiale de blé sont à la hausse. Il y aura plus de céréales produites dans le monde en 2022 qu’ en 2021.
  2. Il n’y a pas à ce jour de corrélation entre l’état des stocks de céréales disponibles au niveau mondial et la flambée hallucinante des prix que nous observons.

C’est un problème de régulation des marchés, non pas un problème de production.

Valentin Brochard, chargé de plaidoyer souveraineté alimentaire

Une flambée des prix due à plusieurs facteurs

La flambée des prix ne touche pas que les céréales. Au niveau international, c’est l’ensemble des aliments, du sucre à la viande, qui a augmenté de près de 20% en trois mois.

Il y a trois facteurs explicatifs :

  1. Produire, transformer, et acheminer la nourriture demande de l’énergie. La flambée actuelle des prix du pétrole et du gaz augmente mathématiquement le coût de l’alimentation.
  2. Il y a beaucoup de spéculation sur les marchés internationaux et nationaux. Comme lors des émeutes de la faim en 2009, les prix de l’alimentation actuels sont artificiellement gonflés par des firmes et fonds d’investissements qui souhaitent en tirer profit. La crise n’est donc clairement pas pour tout le monde.
  3. La flambée des prix est un phénomène qui s’auto-alimente. Par peur que les prix deviennent trop élevés, des États, au Nord comme au Sud, cessent leurs exportations pour nourrir leur population ou font des achats massifs pour constituer des stocks. Cela alimente clairement la hausse des prix sur les marchés internationaux.

On est donc bien loin d’une crise qui serait résolue en produisant plus en France.
Des millions de vie sont en jeu. Cette crise mérite bien plus qu’une course en avant productiviste.
Ce dont nous avons vraiment besoin pour faire face à la crise, c’est une coordination internationale et du courage politique pour enfin réguler les marchés.

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