Dans l’œil de… Charlotte, à la rencontre de nos partenaires palestiniens en Egypte

Publié le 16.10.2025| Mis à jour le 26.01.2026

Il y a quelques mois, nous avons donné un appareil photo jetable à Charlotte Massardier, chargée de mission du CCFD-Terre Solidaire, juste avant son départ pour l’Egypte. Là-bas, elle a rencontré plusieurs de nos partenaires gazaouis en exil. Découvrez son récit en images. 

« Dans l’œil de » est une série du CCFD-Terre Solidaire. Égypte, République Dominicaine, Serbie… Nos salariés parcourent le monde pour rencontrer nos partenaires et porter nos combats pour la solidarité internationale. A travers leurs clichés spontanés, pris à l’appareil photo jetable, ils et elles vous emmènent découvrir l’envers du décor. ☞ Découvrez tous les épisodes

Depuis les attaques du 7 octobre 2023 commises par le Hamas et la riposte sanglante d’Israël qui s’en est suivie, la population gazaouie affronte un génocide et tente de survivre malgré les bombardements et la famine. Même si depuis quelques jours un cessez-le-feu a permis de faire renaître l’espoir, il ne peut faire oublier qu’au moins 67 000 personnes ont été tuées par l’armée israélienne pendant ces 24 mois et que la destruction méthodique des systèmes de santé et d’alimentation, ainsi que le manque d’aide humanitaire sur place, continuent de menacer la survie de la population.

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Malgré la fermeture des points de passage pendant de long mois et la situation sur place, certains Gazaouis ont tout de même réussi à se réfugier en Egypte. Parmi elles et eux, des partenaires du CCFD-Terre Solidaire qui poursuivent leur combat dans l’exil. Charlotte est allée les voir il y a quelques mois.  

Une partie de mes partenaires gazaouis sont en exil en Egypte. Ils et elles ont fui Gaza à différentes périodes, en particulier pendant l’année 2024. 

Charlotte Massardier, chargée de mission au CCFD-Terre Solidaire

100 000

100 000 Palestiniens et Palestiniennes, au moins, se seraient réfugiés en Egypte depuis le 7 octobre 2023.

45

L’autorisation de séjour des Palestiniens en Egypte se limite à 45 jours, générant de nombreuses difficultés.

Une communauté soudée 

CDMC agit auprès des jeunes gazaouis en proposant notamment des ateliers sur les violences en ligne et du soutien psychologique d’urgence. 

Les femmes des organisations gazaouies que nous soutenons se connaissent bien en général. Ce jour-là, on avait proposé à tout le monde de se rencontrer car l’atmosphère n’était pas très joyeuse. Elles n’ont pas beaucoup l’occasion de se voir. 

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Mona a fui  vers l’Egypte en 2024. Elle est partie car son père avait des problèmes de santé et qu’elle espérait pouvoir lui donner accès à des soins adaptés en Egypte. Malheureusement, les services de santé ne sont peu voire pas disponibles pour la communauté gazaouie et son père est décédé.  

C’était une personne assez formidable que j’avais rencontrée lors de ma précédente mission : un médecin qui m’a fait voir Gaza sous un autre angle, qui baraguinait plusieurs langues dans sa jeunesse et faisait office de traducteur pour différentes organisations internationales.” 

Mona m’invite à chaque fois chez elle car les Palestiniens ne sont pas autorisés à travailler en Egypte et qu’elle n’a donc pas de bureaux.

Découvrez en vidéo le témoignage de Mona

L’exil sans repos des Palestiniens en Egypte 

Après avoir fui Gaza, les Palestiniens entrent en Egypte avec une autorisation de séjour de 45 jours qui est pratiquement impossible à renouveler. Une fois cette autorisation expirée, ils et elles se retrouvent en situation irrégulière, et sont alors confrontés à de très nombreuses difficultés.   

Être en situation irrégulière complique le fait d’accéder à un compte en banque, à une carte SIM et aux services de santé. On peut se faire contrôler dans la rue et se faire arrêter. Le pire dans tout ça c’est que beaucoup de nos partenaires sont partis de Gaza non pour eux-mêmes, mais pour leurs enfants. Or, il s’avère que les enfants palestiniens ne sont pas autorités à s’inscrire dans les écoles publiques égyptiennes.”  

Des petites solutions se mettent en place comme des écoles communautaires mais ce sont des organisations qui, pour le moment, ont du mal à recevoir des fonds et donc à assurer une éducation de qualité.  

Face à tous ces obstacles, la communauté palestinienne essaye de s’organiser et se serre les coudes. 

Beaucoup de choses se font par la communauté elle-même. Beaucoup d’Egyptiens aimeraient aider davantage les Palestiniens mais sont terrorisés à l’idée d’avoir des problèmes avec le régime.

Gaza n’est jamais loin 

Les photos de repas prises par Charlotte rappellent la grande hospitalité du peuple palestinien. 

Les Palestiniens sont extrêmement accueillants et chaleureux, on est toujours invités à manger. Ce jour-là, on a mangé du kabsa, un plat traditionnel composé de poulet, de riz et d’amandes, accompagné d’une petite salade arabe et de yaourt.” 

Mais derrière le plaisir d’un repas partagé, la situation à Gaza n’est jamais loin. 

Ce qui est frappant, c’est qu’on mangeait ce repas pendant qu’on parlait d’un article que Mona avait écrit sur la famine à Gaza. C’est important de mentionner la culpabilité des Palestiniens en exil et ceux en Cisjordanie qui vivent “normalement” (avec de gros guillemets) alors que leur famille est sous les bombes et mange à peine un repas par jour…” 

Quel est le rôle d’une chargée de mission qui travaille sur la Palestine ? Qu’est-ce que ça fait d’être à Paris tout en maintenant le contact avec des partenaires qui luttent pour leur survie et celle de leur peuple ? 

Depuis deux ans, je vis en dystopie. Je suis au travail et je contacte des gens qui sont soit sous les bombes, soit terrifiés pour leurs équipes et leurs familles encore sur place. Puis je rentre chez moi et j’ai une vie normale. Ce sentiment-là est encore pire pour les Palestiniens en exil. Malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis quelques jours, nos partenaires sont terrorisés à l’idée que les bombardements reprennent.” 

La situation de la population à Gaza reste dramatique. 90% de la population a été déplacée. 92% des habitations ont été détruites. Seules 1,5% des terres agricoles restent intactes. Nos partenaires locaux continuent de se mobiliser : ils accueillent les personnes déplacées et doivent accroître leurs capacités. Tentes, nourriture, eau et électricité sont essentielles. Faites un don dès aujourd’hui au CCFD-Terre Solidaire pour soutenir la population à Gaza

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