Publié le 1er mai 2006

Ils ne veulent pas s’intégrer

« Il y a les immigrés intégrables et les autres… » : une petite phrase qui désigne implicitement les immigrés trop "différents" pour être intégrés à la société française. Mais est-il si simple de faire le tri entre les "bons" et les "mauvais" immigrés ?

• Blancs, catholiques et indésirables
Rappelons que l’intégration des Italiens et des Polonais – tous blancs et catholiques – a également posé problème. En 1893, des ouvriers italiens ont été lynchés à Aigues-Mortes et, dans les années trente, les Polonais souffraient de graves discriminations. Alors que le chômage augmentait, des expulsions collectives étaient organisées vers la Pologne.

• Des étrangers qui s’adaptent
On désigne des pratiques culturelles, telle l’excision, comme autant de « preuves » de l’impossible intégration de certains étrangers, notamment les plus musulmans et les plus noirs. Polygamie, excision sont des pratiques ultraminoritaires.
En réalité, l’immigration conduit à un métissage culturel réciproque qui rapproche les pratiques des immigrés de celles des autres Français. Ainsi en est-il du taux de fécondité : il y a de moins en moins de différence entre celui des « natives » et des immigrées.
Le taux de mariage dits "mixtes" est aussi un bon indicateur de la capacité des jeunes générations issues de l’immigration à se fondre dans la société française.

• Une responsabilité sociale

L’intégration n’est pas seulement des immigrés. La société d’accueil a aussi sa responsabilité. D’abord en condamnant les discriminations. Ensuite en mettant en place des dispositifs d’insertion sociales. Or, par les choix de politique urbaine qui ont relégué les populations étrangères dans des cités des banlieues, on a créé les conditions d’un déficit d’intégration dont on ressent aujourd’hui les conséquences.

• Peut-on trier les immigrés ?
L’immigration choisie vise à sélectionner les étrangers utiles, les étrangers « intégrables ». Le père Christian Delorme, ancien membre du Haut Conseil à l’intégration*, se pose la question de la moralité d’une telle politique : « Peut-on asseoir une politique migratoire sur la base des seuls intérêts économiques nationaux ? » Peut-on distinguer le « bon » immigré du « mauvais » ? Réponse : « Et même […] si les politiques d’intégration ne vont pas de soi, il y a pour la France un devoir moral à se montrer reconnaissante à l’égard de toutes ces "vagues" d’immigrations, immigrations de travail, immigrations de peuplement. »

* Voir, « Pour une immigration accueillie et créatrice d’amitié entre les peuples », février 2006

Nos projets

5 avril 2018

Au Mexique, les familles de disparus témoignent et s’organisent (vidéo témoignage)

A la veille de l’élection présidentielle au Mexique, n’oublions pas les personnes disparues. Selon la société civile, au moins 180 000 (...)

12 septembre 2017

En vacances avec des demandeurs d’asile au Pays basque (diaporama)

Inviter des familles de demandeurs d’asile à passer des vacances ensemble ? C’est le pari relevé au mois d’août par des bénévoles du (...)

12 juillet 2017

Sri Lanka : aider les personnes déplacées par la guerre, en particulier les veuves

Après des années d’un long conflit meurtrier, l’association sri lankaise Nafso accompagne le retour des personnes déplacées par la guerre, (...)

S’informer

13 de julio de 2018

¿Qué hacen los miembros de la Unión europea para que la ONU acabe con la impunidad de las empresas multinacionales?

Un colectivo de 36 organisaciones de la sociedad civil (asociaciones y sindicatos) interpeló a los Estados miembros de la Unión europea (...)

12 July 2018

What are the European Union and its individual Member States doing at the UN to stop corporate impunity?

On 11 July 2018, during the consultations taking place at the UN, a group of 36 civil society organisations called on the Member States (...)

12 juillet 2018

Que font les Etats membres de l’Union européenne à l’Onu pour mettre fin à l’impunité des multinationales ?

Ce 11 juillet 2018, un collectif de 36 organisations de la société civile (associations et syndicats) a interpellé les Etats membres de (...)