Adil BINA, agent de crédit de AL AMANA, rend visite à un client qui vend du petit matériel électrique et des cages d'oiseaux dans l'ancienne médina de Rabat.
Maroc, Projet

L’épargne solidaire sert à tout : acheter une vache, créer une école, ouvrir une pâtisserie ou une boutique de mode…

Publié le 03.09.2008| Mis à jour le 08.12.2021

La SIDI est spécialisée dans l’appui financier et technique à des structures financières de proximité de crédit à la micro-entreprise.


L’objectif ? promouvoir le développement d’activités économiques pérennes et créer un tissu de solidarité dans des pays où une majorité de la population est exclue du système bancaire traditionnel.

Les partenaires
Au Maroc, la SIDI appuie depuis cinq ans déjà l’Association marocaine de solidarité sans frontières ou AMSSF. Les valeurs de l’association, basée à Fez, se reconnaît six grandes valeurs :
-L’offre de services de qualité et de proximité aux micro entrepreneurs,
-Le renforcement du sentiment d’appartenance à l’Association et la solidarité,
-La valorisation de la femme (86% des bénéficiaires sont des femmes et 56% du personnel)
-La lutte contre la fraude, la corruption et la prostitution,
-La valorisation des habitants des régions touchées,
-La transparence vis-à-vis des clients et des bailleurs de fond. Deux ans plus tard, la SIDI accompagne Al Amana.

Numéro un du microcrédit en Afrique, Al Amana compte 500 000 clients et envisage de doubler le nombre de bénéficiaires d’ici à 2011. En 2007, la SIDI renouvelle son précédent prêt. Cette avance de trésorerie a favorisé le développement de deux activités : les prêts individuels ou solidaires, qui lient les contractants entre eux en cas de défaillance d’un des membres, et les prêts pour l’amélioration des logements. Par ailleurs, la SIDI, qui a initié des formations, sur la notion de viabilité sociale des projets et sur le thème de la gouvernance, participe aux instances de décision d’Al Amana : Conseil d’administration, bureau exécutif, commission Audit et finances… « La qualité de leurs apports intellectuels et managériaux a contribué fortement à enrichir notre réflexion au sujet de ses principaux chantiers stratégiques et à développer d’une vision ouverte sur les expériences d’institutions et de pays pratiquant la micro finances de par le monde », explique Salma Kadiri, chef du département financier de l’association. Au vu des expériences étrangères, Al Amana souhaite aujourd’hui changer de statut pour pouvoir étoffer son offre de services auprès de ses clients : produits d’épargne, d’assurances….

Le projet
Afin d’aider les emprunteurs à mieux valoriser leurs produits, la SIDI a signé, en 2008, une convention de coopération avec Zakoura. Cette fondation compte 400 000 clients. « Notre objectif est de permettre aux bénéficiaires de développer leur activité et d’en retirer un meilleur revenu. Ne sachant pas vendre leurs marchandises, ils se font régulièrement gruger par des intermédiaires », explique Leila Akhmisse, directrice des études et du développement de Zakoura. Déjà présente en milieu rural, la fondation dispose dans sa base de données de coordonnées d’emprunteurs pouvant être intéressés par cette action. Cette liste a en outre été enrichie grâce à la SIDI qui y a ajouté un certain nombre de coopératives. S’inspirant des démarches du commerce équitable, les partenaires veulent créer des filières allant de la production à la vente. « Grâce à la SIDI, nous allons rencontrer différentes entreprises actives dans le domaine des produits équitables en France et en Belgique », se félicite Leila. De nouveaux circuits de commercialisation (boutiques spécialisées, hôtels…) pourraient aussi être mis en place. « Nous avons engagé un programme de sensibilisation auprès des bénéficiaires potentiels. Nous les accompagnons dans leur réflexion sur les efforts à entreprendre en matière de qualité, de prise en compte des attentes du marché, de packaging… », ajoute la responsable. Une première expérimentation sera conduite dans trois régions pilotes, auprès de trois coopératives. « Nous allons pouvoir nous appuyer sur l’expertise de la SIDI dans ce domaine », souligne la directrice des études et du développement. Un technicien agricole vient d’ailleurs d’être recruté par Zakoura pour suivre ces projets ambitieux : « Il ne sert à rien d’accorder sans arrêt de nouveaux prêts si parallèlement, aucune réflexion n’est engagée sur la manière dont ses investissements sont utilisés pour accompagner une montée en gamme. Il faut innover pour que ces produits se différencient des fabrications industrielles ou importées de pays comme la Chine où le coût de la main-d’œuvre est moins onéreux», conclut Leila.

avec le CCFD - TERRE SOLIDAIRE

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