Au Brésil, les Indiens sont les perdants de la compensation carbone

Publié le 13.10.2021 Mis à jour le 13.10.2021

Ninawa Huni Kuin est le président de la Fédération des peuples Huni Kuin de l’Etat de l’Acre au Brésil. Il ne mâche pas ses mots pour dénoncer dans cette vidéo l’impact des programmes de compensation carbone sur son peuple et la forêt amazonienne

Le thème de la compensation carbone est apparu dans l’État de l’Acre, au cœur de l’Amazonie brésilienne, dans les années 2000 à travers le mécanisme REDD (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation forestière).

Comme d’autres peuples indigènes, les Huni Kui ont cru que leur environnement allait être protégé et que leurs conditions de vie allaient s’améliorer.

Mais ils ont vite déchanté.

La compensation, une promesse déçue

Le chef Ninawa Huni Kui dénonce aujourd’hui l’impact négatif de ce programme sur leur peuple :

"Le Programme REDD interfère dans la vie des Huni Kui car l’état de l’Acre a reçu des millions pour implanter des services sociaux dans la communauté, comme l’éducation et les services de santé, mais ces fonds n’ont pas bénéficié aux communautés. "

En fait, le gouvernement de l’État s’est approprié les terres indigènes pour récupérer des fonds à travers la compensation carbone. Et au contraire, la déforestation a triplé dans l’État de l’Acre témoigne-t-il.

À cause de cette déforestation, le mode de vie traditionnel des 16 500 indiens Huni Kui du Brésil est aujourd’hui menacé.

Les Huni Kui vivent de l’agriculture de subsistance, de la chasse, de la pêche :
" Mon peuple préserve 80 % de ses traditions, perpétue la connaissance des médecines traditionnelles et pratique la spiritualité à travers la médecine. Pour nous la forêt représente tout."

Les défis à relever pour les Huni Kuin sont nombreux : "Nous sommes aujourd’hui engagés dans une grande lutte pour protéger nos territoires qui sont menacés d’invasions pour implanter l’élevage, l’agro-négoce, les compagnies minières et l’industrie forestière. Tout cela dans le but d’exploiter nos territoires."

Les entreprises qui financent ces programmes sont celles qui polluent le plus

Les indiens Huni Kui sont farouchement opposés aux mécanismes de compensation carbone.

"La compensation carbone est pour nous une fausse solution car les entreprises qui financent ces programmes sont aussi celles qui polluent, comme les compagnies pétrolières, minières et aériennes. C’est pour cela que les émissions de gaz polluants n’ont pas diminué. "

Dans l'état de l'Acre, au Brésil, les indiens Huni Kuin sont confrontés au fléau de la compensation carbone

  • Le thème de la compensation carbone est apparu dans l'Etat de l'Acre au milieu des années 2000, où vivent près de 16 450 Indiens Huni Kuin © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire
    Le thème de la compensation carbone est apparu dans l’Etat de l’Acre au milieu des années 2000, où vivent près de 16 450 Indiens Huni Kuin © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

    Le thème de la compensation carbone est apparu dans l’Etat de l’Acre au milieu des années 2000, où vivent près de 16 450 Indiens Huni Kuin © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

  • "Les financements proviennent des entreprises qui polluent et qui achètent ainsi le droit de continuer à détruire une nature qu'ils prétendent vouloir protéger" © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire
    "Les financements proviennent des entreprises qui polluent et qui achètent ainsi le droit de continuer à détruire une nature qu’ils prétendent vouloir protéger" © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

    "Les financements proviennent des entreprises qui polluent et qui achètent ainsi le droit de continuer à détruire une nature qu’ils prétendent vouloir protéger" © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

  • "J'ai compris que le programme de compensation carbone est une fausse bonne solution" , Ninawa chef des Huni Kuin © Jean Claude Gerez /CCFD-Terre Solidaire
    "J’ai compris que le programme de compensation carbone est une fausse bonne solution" , Ninawa chef des Huni Kuin © Jean Claude Gerez /CCFD-Terre Solidaire

    "J’ai compris que le programme de compensation carbone est une fausse bonne solution ", Ninawa chef des Huni Kuin © Jean Claude Gerez /CCFD-Terre Solidaire

  • "Ce sont les Indiens, par leur mode de vie, qui protègent la nature, et ils sont aujourd'hui les grands perdants du programme de compensation carbone". © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire
    "Ce sont les Indiens, par leur mode de vie, qui protègent la nature, et ils sont aujourd’hui les grands perdants du programme de compensation carbone". © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

    "Ce sont les Indiens, par leur mode de vie, qui protègent la nature, et ils sont aujourd’hui les grands perdants du programme de compensation carbone". © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

  • "Chaque année les fazendeiros [les grands propriétaires terriens] grignotent la forêt", Busã, l'un des habitants du village de Formiga. © Jean Claude Gerez /CCFD-Terre Solidaire
    "Chaque année les fazendeiros [les grands propriétaires terriens] grignotent la forêt", Busã, l’un des habitants du village de Formiga. © Jean Claude Gerez /CCFD-Terre Solidaire

    "Chaque année les fazendeiros [les grands propriétaires terriens] grignotent la forêt", Busã, l’un des habitants du village de Formiga. © Jean Claude Gerez /CCFD-Terre Solidaire

  • "En détruisant la forêt, ils anéantissent notre source de nourriture, mais aussi nos plantes médicinales et notre spiritualité", Ninawa, chef des indiens Huni Kuin© Jean Claude Gerez /CCFD-Terre Solidaire
    "En détruisant la forêt, ils anéantissent notre source de nourriture, mais aussi nos plantes médicinales et notre spiritualité", Ninawa, chef des indiens Huni Kuin© Jean Claude Gerez /CCFD-Terre Solidaire

    "En détruisant la forêt, ils anéantissent notre source de nourriture, mais aussi nos plantes médicinales et notre spiritualité", Ninawa, chef des indiens Huni Kuin© Jean Claude Gerez /CCFD-Terre Solidaire

  • "À force de planter sur les mêmes terres sans pouvoir les laisser se reposer, les récoltes sont moindres ", Ninawa, chef des indiens Huni Kuin © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire
    "À force de planter sur les mêmes terres sans pouvoir les laisser se reposer, les récoltes sont moindres ", Ninawa, chef des indiens Huni Kuin © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

    "À force de planter sur les mêmes terres sans pouvoir les laisser se reposer, les récoltes sont moindres ", Ninawa, chef des indiens Huni Kuin © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

  • "La question de la terre est centrale pour la survie de mon peuple", Ninawa chef des indiens Huni Kuin. © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire
    "La question de la terre est centrale pour la survie de mon peuple", Ninawa chef des indiens Huni Kuin. © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

    "La question de la terre est centrale pour la survie de mon peuple", Ninawa chef des indiens Huni Kuin. © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

  • "Nous voulons préserver ce qui nous reste de forêt qui est le berceau de notre humanité" © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire
    "Nous voulons préserver ce qui nous reste de forêt qui est le berceau de notre humanité" © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

    "Nous voulons préserver ce qui nous reste de forêt qui est le berceau de notre humanité" © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

  • "Nous veillons à sauvegarder et cultiver notre langue et nos coutumes" © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire
    "Nous veillons à sauvegarder et cultiver notre langue et nos coutumes" © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

    "Nous veillons à sauvegarder et cultiver notre langue et nos coutumes" © Jean-Claude Gerez / CCFD-Terre Solidaire

  • "Nous nous excusons auprès de la nature de lui faire mal et lui expliquons l'usage médicinal ou spirituel de notre cueillette", la femme du Pajé, le sorcier-guérisseur . © Jean-Claude Gerez
    "Nous nous excusons auprès de la nature de lui faire mal et lui expliquons l’usage médicinal ou spirituel de notre cueillette", la femme du Pajé, le sorcier-guérisseur . © Jean-Claude Gerez

    "Nous nous excusons auprès de la nature de lui faire mal et lui expliquons l’usage médicinal ou spirituel de notre cueillette", la femme du Pajé, le sorcier-guérisseur . © Jean-Claude Gerez

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Un appui du CIMI et du CCFD-Terre Solidaire

Pour les accompagner, les indiens Huni Kui peuvent compter sur l’appui du (CIMI), association brésilienne soutenue par le CCFD-Terre Solidaire.

Lindomar Padilha, membre du Cimi témoigne :
Le CIMI travaille principalement sur trois fronts. Nous effectuons d’abord des recherches sur le thème de la compensation carbone. Ensuite nous formons des communautés et des leaders de communautés indigènes sur le marché du carbone et les mécanismes qui y sont associés. Et enfin nous organisons des mobilisations pour dénoncer ces mécanismes comme étant une fausse solution.

Au CIMI, nous pensons que notre travail au côté des communautés indigènes est fondamental parce que notre mission est de défendre la vie de ces peuples. Et le marché de la compensation carbone atteint justement la dignité des peuples indigènes, car il ne respecte pas leurs structures ni leur organisation communautaire.

Le CIMI accompagne 13 peuples indigènes dans l’État de l’Acre.

Tous sont impactés par les conséquences de la compensation carbone.

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