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Lutte contre la pauvreté : nous n’abdiquerons jamais !

Publié le 25.11.2005 Mis à jour le 21.01.2013

Un bilan de la campagne "2005 : plus d'excuses !"

« 2005 restera dans l’histoire comme une année de choix où les dirigeants du monde ont eu l’occasion (…) de traduire leurs promesses en actions concrètes afin d’éradiquer la pauvreté extrême. Nous ne pouvons nous permettre de passer à côté » . L’avertissement du PNUD a été entendu par des millions de citoyens à travers le monde. Il ne l’a pas été par les chefs d’Etat.

Une mobilisation citoyenne sans précédent
L’Histoire retiendra peut-être de l’année 2005 que des milliers d’organisations du monde entier ont fait fi de leurs différences politiques ou stratégiques pour unir leurs efforts afin de bâtir un monde plus équitable, plus démocratique et plus sûr, pour les générations présentes et à venir. Du port du bandeau blanc, symbole de cette campagne, à la signature de pétitions, en passant par l’organisation de concerts ou de manifestations, ce sont 100 millions d’initiatives, dans plus de 90 pays, qui auront été prises dans le cadre de l’Action mondiale contre la pauvreté.

Les journées mondiales du bandeau blanc, les 1er juillet, 10 septembre et 10 décembre, auront vu des citoyens des quatre coins du monde crier à l’unisson leur soif d’un monde plus juste, d’un monde où, au moins, les dirigeants de la planète tiennent leurs promesses des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Les chrétiens ont pris une part active à la mobilisation : la campagne « assez de paroles, des actes ! » de la CIDSE a recueilli plus de 330.000 signatures à travers l’Europe ; une délégation d’évêques du Sud a rencontré les leaders européens à l’approche du G8.

En France, le CCFD a fortement contribué à rassembler plus de 100 organisations très diverses dans la coalition « 2005 : plus d’excuses ! ». Une centaine de villes se sont mobilisées le 1er juillet dans toute la France ; plus de 300.000 pétitions ont été remises au ministre des Affaires étrangères à son départ pour l’ONU ; des initiatives originales ont vu le jour (0,7 % humain géant devant Bercy ; réveil des grandes ambassades à l’aube du Sommet onusien) ; les grands médias s’en sont fait l’écho.

Avec ses alliés, le CCFD a effectué un lobbying incessant, rencontrant décideurs français et européens à de multiples occasions. Il a aussi permis à des partenaires du Sud de prendre la parole lors des grands événements internationaux : premières auditions de la société civile par l’Assemblée générale des Nations Unies, fin juin à New York ; conférence de l’OMC à Hong Kong.

Les pays riches tournent le dos aux OMD
Pas plus que le G8 en juillet, les Nations Unies n’ont su prendre en septembre les mesures nécessaires pour atteindre le seuil d’humanité qu’elles s’étaient donné pour objectif d’ici 2015.

L’annulation de la dette due par 18 pays au FMI, à la Banque mondiale et à la Banque africaine de développement, est un pas dans la bonne direction. L’adoption par l’UE d’un calendrier pour consacrer 0,7% du PIB à l’aide publique au développement (APD), d’ici 2015, et l’ébauche d’une taxe mondiale, aussi. Ces avancées, nous pouvons en être fiers, car jamais elles n’auraient été décidées sans notre mobilisation.

Pourtant, nous pouvons aussi avoir honte de nos gouvernements :

• L’accord du G8 ne concerne que 2 % de la dette des pays du Sud, et encore, en déduction de l’aide allouée aux pays concernés ;
• Remettre à plus tard l’augmentation de l’APD est criminel, alors qu’il suffirait d’un euro par semaine et par habitant des pays riches pour éviter la mort avant l’âge de 5 ans, d’ici 2015, de 230 millions d’enfants, faute de soins et d’une alimentation décente ;
• La taxe sur les billets d’avion n’a de mondiale que l’intention : à ce jour, seuls 3 pays (Royaume-Uni, Chili, France) se sont engagés à la mettre en place ;
• Le sommet de l’OMC devrait tristement conclure le cycle dit « du développement » : ni Bush, qui conditionne l’aide américaine à l’ouverture des marchés, ni l’UE, pour laquelle « la libéralisation du commerce devrait être le moyen pour réduire la pauvreté », ne semblent prêts à revenir sur une libéralisation souvent dramatique pour les pays du Sud ;
• La communauté internationale est restée silencieuse sur les paradis fiscaux qui, pourtant, facilitent la corruption et coûtent plus aux pays du Sud que ne leur rapporte l’APD.

Au total, pour la communauté des Etats, 2005 est l’année des renoncements.
Les voix se multiplient en son sein pour reléguer les OMD, pourtant définis modestement parce que réalisables, au rang d’utopie. Les égoïsmes nationaux, dont des Etats-Unis, ont gâché le 60ème anniversaire de l’ONU, en la marginalisant un peu plus encore dans la régulation économique mondiale et en vidant de son contenu la déclaration finale du Sommet de septembre.

Mais 2005 est aussi porteuse d’espoir, car nous sommes chaque fois plus nombreux et mieux organisés pour exprimer notre conviction : la pauvreté n’est pas une fatalité.

Jean Merckaert,
Chargé du programme Financement du développement au CCFD

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