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Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement – Terre Solidaire

Hausse de la faim et de l’insécurité alimentaire dans le monde : il est temps de s’attaquer aux causes (communiqué)

Publié le 11.09.2018 Mis à jour le 06.02.2019

Le constat du rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde [1], publié le 11 septembre 2018 par cinq agences des Nations unies est alarmant : 821 millions de personnes ont souffert de la faim en 2017. Un chiffre en hausse depuis maintenant trois ans, nous ramenant une décennie en arrière.

Hausse de la faim et de l'insécurité alimentaire dans le monde : il est temps de s'attaquer aux causes (communiqué)
© CCFD-Terre Solidaire

Un chiffre au regard duquel l’objectif “Faim Zéro” fixé par la communauté internationale pour 2030 semble de plus en plus inatteignable. Face à ce scandale de l’inaction politique, le CCFD-Terre Solidaire appelle le gouvernement français à prendre ses responsabilités.

L’insécurité alimentaire touche les populations pauvres du monde entier

La situation se dégrade en Amérique Latine, ainsi qu’en Afrique où une personne sur cinq est en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle.
Le rapport (en anglais) note également une hausse importante de l’obésité, en particulier chez les adultes. Ainsi, ils sont 642 millions aujourd’hui à connaître un excédent pondéral.
Ces chiffres pointent deux réalités qui doivent interpeller l’ensemble de la communauté internationale. Tout d’abord, ces situations - sous-nutrition et obésité - coexistent sur un même territoire. Et la malnutrition ne touche pas seulement les pays pauvres, mais l’ensemble des populations pauvres, partout dans le monde.

Ne pas se contenter de traiter les effets des dérèglements climatiques

Le rapport des agences onusiennes souligne particulièrement l’impact des dérèglements climatiques sur l’insécurité alimentaire. Bien que le constat soit clairement posé, les solutions proposées ne s’attaquent pas aux causes mais seulement aux effets. Comme le préconise le rapport, il faut bien sûr renforcer les capacités d’adaptation aux dérèglements climatiques des populations rurales des pays déjà très touchés.

Cependant, nous n’y parviendrons pas si nous ne réduisons pas les émissions de gaz à effet de serre.

Il faut s’attaquer en particulier à celles des systèmes agro-industriels fortement émetteurs depuis plusieurs dizaines d’années en Europe, aux États Unis et dans les pays émergents. Sans cela, les effets seront de plus en plus extrêmes et non maîtrisables. Les efforts d’adaptation resteront vains.

Un appel à l’action et à la cohérence des politiques

Enfin, les agences onusiennes notent le besoin de renforcer la cohérence des espaces et des politiques qui traitent à la fois des enjeux de sécurité alimentaire et de climat, et ce à tous les échelons : international, régional et national.

Cela doit interpeller directement le gouvernement français à la veille d’une nouvelle lecture à l’Assemblée nationale de la loi issue des Etats généraux de l’Alimentation. En effet, le projet ne fait ni mention de la cohérence des politiques, ni même du lien avec les enjeux internationaux. Rappelons que la France, qui se fournit en soja en Amérique Latine, ou en huile de palme en Afrique ou en Asie, contribue directement à l’insécurité alimentaire dans le monde. Notre système agricole et alimentaire est responsable du développement de monocultures dévastatrices pour l’environnement, pour les paysannes et paysans des territoires concernés, et pour la santé des populations.

Contact presse : Karine Appy, 06 66 12 33 02

Pour en savoir plus  : notre infographie Comprendre et lutter contre la faim dans le monde

[1Rapport SOFI 2018, FAO, FIDA, OMS, PAM et UNICEF

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