Droits humains, Égalités femmes/hommes, Paix et vivre ensemble, Projet, Thaïlande

Pour la mise en place d’une Commission d’enquête pour crimes de guerre en Birmanie

Publié le 06.03.2013| Mis à jour le 08.12.2021

Dans son nouveau rapport, l’Association des femmes Kachin (Kachin Women Association Thaïlande – KWAT) décrit les nombreuses victimes civiles causées par les récentes offensives de l’armée birmane dans l’Etat Kachin, et appelle instamment la communauté internationale à faire pression sur le gouvernement birman pour mettre fin aux attaques militaires contre les populations Kachin.


Le rapport, intitulé « Terreur d’Etat dans les collines Kachin » (“State Terror in the Kachin Hills”), met en lumière le cas de 26 victimes civiles, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, tuées ou blessées par les bombardements de l’armée birmane dans son offensive menée contre l’Armée d’Indépendance Kachin (KIA) depuis le mois de septembre 2012. Les attaques se poursuivent encore aujourd’hui, malgré les pourparlers de paix en cours.

Les bombardements visant des civils se sont produits dans plusieurs localités de l’État Kachin: dans la ville de Hpakant, connue pour ses exploitations de mines de jade ; dans la ville de Mayan près de Myitkyina ; aux alentours d’un camp de déplacés internes près de Pangwa à la frontière chinoise ; ainsi que dans la ville frontalière de Laïza, où des coups de mortiers ont été lancés sans discernement dans une région peuplée par plus de 20 000 civils, pour la plupart déplacés internes.

Les troupes birmanes ont aussi délibérément détruit des villages, notamment un camp abritant plus de 300 déplacés internes au Nord de l’Etat Shan, près de la ville de Kyukok (Pangsai), qui a été incendié en novembre 2012.

La KWAT appelle à la réinstauration des sanctions internationales contre le gouvernement birman et à la mise en place d’une commission d’enquête menée par l’ONU et chargée d’enquêter sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre perpétrés par l’armée birmane.

« Sans pression internationale, le gouvernement birman continuera d’utiliser la force pour écraser toute dissidence ethnique », a déclaré la coordinatrice de la KWAT, Moon Nay Li. « Alors que le gouvernement parle de paix, il lance une guerre. »

Des cartes publiées dans le rapport montrent les conséquences dévastatrices de la guerre en Birmanie septentrionale, avec 364 villages entièrement ou partiellement abandonnés, et plus de 100 000 personnes déplacées, dont la plupart n’ont reçu pratiquement aucune aide internationale.

Malgré l’annonce du gouvernement au début du mois de février autorisant l’accès de l’aide humanitaire aux personnes déplacées internes dans les zones contrôlées par l’Organisation d’Indépendance Kachin, un convoi d’aide internationale à destination de Laïza a été bloqué le 25 février.

Le rapport peut être lu (en anglais) à cette adresse : www.kachinwomen.com

Info Birmanie :www.info-birmanie.org

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