Guatemala

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Le Guatemala est l’un des pays les plus culturellement divers d’Amérique centrale. Près de la moitié de sa population est d’origine maya et plus d’une vingtaine de langues sont parlées sur son territoire. C’est aussi le quatrième pays le plus inégalitaire d’Amérique latine. Les populations indigènes sont les plus affectées par ces inégalités, héritage d’un passé difficile.

Tout au long du XIXe siècle, le Guatemala a attiré de nombreux immigrés en provenance d’Europe. Ces derniers se sont peu à peu accaparé les rênes de l’économie du pays et ses ressources. Les Allemands, par exemple, se retrouvent à la tête des deux tiers de la production de café dès la fin des années 1890. A partir de la première moitié du XXe siècle, les Etats-Unis s’invitent à leur tour dans le pays, notamment par le biais de la multinationale United Fruit Company.

Les entreprises étrangères s’accaparent peu à peu les terres des paysans locaux, à la faveur de politiques favorables à leurs intérêts. Elles instaurent une agriculture industrielle fondée sur la monoculture, l’exportation et la mécanisation. Les paysans amérindiens, spoliés de leurs terres, trouvent refuge dans les hauts plateaux ou sur les terres arides du Nord.

En 1954, une réforme agraire oblige les multinationales, dont United Fruit Company, a céder une grande partie de leurs terres en friche aux communautés paysannes sans terres. Il n’en fallait pas plus pour qu’un coup d’Etat installe un régime autoritaire. La loi est abrogée, et plus de 9 000 personnes proches du régime précédent sont assassinées ou emprisonnées en quelques mois. C’est le début d’une guerre civile qui ne prendra fin qu’en 1996, opposant guerrilleros de gauche et communautés paysannes indigènes d’un côté, à l’armée et aux groupes paramilitaires de l’autre.

Près de 500 villages mayas sont rayés de la carte, plus de 200 000 personnes sont tuées et des milliers d’autres se réfugient au Mexique. Alors que plus de 83 % des victimes sont Mayas, plusieurs institutions internationales, dont la Cour interaméricaine des droits de l’homme, n’hésitent pas à qualifier les crimes de l’armée « d’actes génocidaires ».

De ce traumatisme, la société guatemaltèque est ressortie profondément fragmentée. Malgré la fin des persécutions, les populations indigènes demeurent fortement défavorisées et la représentation de leurs intérêts n’est que peu satsifaisante, dans un pays gangrené par la corruption. Dans ces conditions, la société civile s’organise en vastes mouvements sociaux autour des thèmes suivants :

  • accès à la terre
  • gestion et préservation des ressources et de l’environnement
  • opposition au modèle extractiviste. En 2017, plusieurs mégaprojets extractivistes, miniers ou hydro-électriques ont pu être annulés grâce à la mobilisation de la société civile
  • bonne gouvernance
  • égalité femme-homme dans un pays où les femmes demeurent victimes de fortes discriminations et de violences.
  • défense de l’identité indigène

Notre action

Le CCFD-Terre Solidaire accompagne ses organisations partenaires au Guatemala pour :

  • Renforcer la société civile afin d’aider les populations à construire et défendre leurs droits. Cela concerne notamment la promotion du droit à la terre et à l’eau, alors que les grandes exploitations agricoles n’hésitent pas à détourner les cours d’eau
  • Structurer et diversifier l’économie paysanne. Cela passe notamment par la promotion de l’agroécologie et des pratiques agricoles ancestrales dans les communautés rurales
  • Promouvoir les droits des femmes et construire des relations plus égalitaires et non violentes entre les femmes et les hommes

Sources des données chiffrées :
-  Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme
-  Pnud
-  Commission internationale contre l’impunité au Guatemala
-  Commission pour l’éclaircissement historique

Quelques projets que nous soutenons :