Paraguay

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Multiethnique, le Paraguay jouit d’une grande diversité culturelle. Il reconnaît le guarani, langue de sa majorité amérindienne, comme langue officielle, avec l’espagnol.

A l’instar de ses voisins, en particulier argentin et brésilien, le Paraguay est actuellement le théâtre d’un retour en force du conservatisme. En 2012, le président progressiste Fernando Lugo, évêque défenseur des populations paysannes sans terre élu quatre ans auparavant, a été destitué. Jugée irrégulière, cette destitution a été condamnée par les organisations internationales auxquelles appartient le Paraguay (Mercosur [1], Unasur [2], Celac [3]).

Le régime du président Horacio Cartés, du parti populiste Colorado, a fait preuve d’un autoritarisme croissant. De 2013 à 2018, il a mis en péril les acquis sociaux et accumulé les violations des droits humains : expulsions violentes de familles paysannes de leurs terres, arrestations arbitraires, cas de torture…

Les organisations sociales ont subi des attaques de plus en plus fréquentes de la part du gouvernement ou des entreprises privées. A titre d’exemple, la directrice de l’association Tierraviva, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, a été personnellement visée en 2015, alors qu’elle œuvrait pour la défense du droit territorial de la communauté Sawhoyamaxa, dans la région du Chaco, à l’Ouest du pays.

Cette insécurité est subie depuis des décennies par les familles paysannes. Ainsi, depuis la chute du dictateur Alfredo Stroessner, en 1989, plus de 130 leaders paysans ont été assassinés. L’octroi illégal de 8 millions d’hectares de terres cultivables à des proches du régime pendant la dictature n’a, de plus, jamais fait l’objet de poursuites. L’inégale répartition de la terre continue donc d’être aujourd’hui le centre de tous les conflits sociaux.

Seuls 5,75 % des terres cultivables sont destinés à l’agriculture paysanne. Les cultures de soja transgéniques et les élevages destinés à l’exportation s’étendent, entraînant une déforestation croissante du pays. Les conséquences sociales et environnementales de ces politiques agricoles productivistes sont désastreuses.

Notre action

Face aux menaces concernant la sécurité de nos partenaires et à la destruction accélérée de l’environnement et des acquis sociaux, nous soutenons les initiatives contribuant à :

  • Aider la population à se concerter et s’organiser elle-même pour mieux défendre ses droits, tout en renforçant la place des femmes et des jeunes dans la vie citoyenne
  • Promouvoir la transition écologique, économique et sociale dans les territoires ruraux, grâce notamment au développement de l’agroécologie.
  • Rendre visible et dénoncer l’impact d’un modèle agricole extractiviste [4] qui ne profite qu’à une minorité et appauvrit la population

Quelques projets que nous soutenons :