CCFD-Terre Solidaire

Publié le 16 octobre 2012

Sondage de l’Institut CSA pour le CCFD-Terre Solidaire

Journée mondiale de l’alimentation, les Français et la lutte contre la faim dans le monde

Le sondage CSA / CCFD-TERRE SOLIDAIRE / LA CROIX / ORANGE atteste que les Français sont de plus en plus conscients de la réalité de la faim dans le monde, dont ils imputent avant tout la responsabilité aux gouvernements ou à la spéculation des marchés.

Ceux-ci croient cependant à la capacité de la société civile, y compris dans les pays du Sud, à se mobiliser pour contribuer à la résolution de ce problème, que ce soit par la mobilisation sociale et électorale ou par un changement des habitudes de consommation.

La faim dans le monde : une situation perçue en dégradation et favorisée par de multiples facteurs

Les Français ne semblent aujourd’hui pas entrevoir d’améliorations à la faim dans le monde : 56% d’entre eux estiment ainsi que la situation se dégrade tandis que 39% pensent qu’elle n’évolue pas vraiment, seuls 3% percevant une amélioration. Cette dégradation perçue, particulièrement forte chez les personnes les plus âgées (73% des 65 ans et plus), s’accentue d’ailleurs depuis quelques années puisqu’en en 2007 les proportions de Français percevant une dégradation ou une stagnation de la situation étaient beaucoup plus proches : 48% voyaient alors une dégradation et 46% une absence de changements.

Au-delà de cette dégradation ressentie, les causes perçues de la faim dans le monde s’avèrent multiples et varient souvent selon le profil des Français interrogés. La corruption des gouvernants arrive en première position : 39% des répondants la citent, les sympathisants de droite (50%) ou du Front de gauche (44%) étant les plus nombreux en proportion à le faire, ce jugement allant donc au-delà du clivage gauche/droite traditionnel.

Les conditions naturelles défavorables et le changement climatique (35% des citations) sont quant à elles souvent mises en avant par les sympathisants écologistes (49%) ou les plus jeunes (48%), alors que la spéculation des marchés financiers sur les produits agricoles (34% des citations) est un argument particulièrement fort chez les plus diplômés (52%) et les CSP+ (47%).

Preuve que la faim dans le monde semble avoir de multiples causes pour les personnes interrogées, d’autres facteurs sont également cités par une proportion non négligeable de répondants : les subventions des pays riches vers des agricultures destinées à l’exportation (25%) ainsi que l’achat ou la location des terres agricoles des pays pauvres par des entreprises privées (22%).

Si les causes perçues de la faim dans le monde divisent les Français, une majorité d’entre eux s’accorde pour désigner les acteurs à qui ils font le plus confiance pour lutter contre la pauvreté et la faim dans le monde. Plus d’un Français sur deux (54%) répond en effet « la société civile : ONG, associations, syndicats, mouvements populaires, etc. ». Cette perception est particulièrement répandue chez les sympathisants de gauche (65%), les plus diplômés (65%) ou encore les cadres et professions libérales (64%). Un peu moins d’un cinquième (18%) citent pour leur part « les instances internationales (ONU, FMI, G20, Banque mondiale, etc.) », tandis qu’une petite minorité de Français citent également les gouvernements des pays riches (6%), les gouvernements des pays du Sud ou les entreprises multinationales (3% chacun).

L’accès des multinationales aux ressources naturelles des pays du Sud : un enjeu identifié par plus d’un Français sur deux et qu’une majorité d’entre eux estime possible de réguler

L’achat ou la location de terres agricoles des pays du Sud par les multinationales voulant exporter les productions qui en sont issues est connue par plus d’un Français sur deux. 55% affirment ainsi connaître le phénomène, ce score de notoriété variant cependant selon le niveau social ou le niveau de diplôme des répondants. 69% des titulaires d’un diplôme supérieur à bac+2 et 65% des étudiants déclarent ainsi connaître cette pratique (tout comme 68% des cadres et professions libérales), tandis qu’à l’inverse une majorité d’employés (57%) ou d’ouvriers (54%) n’en ont jamais entendu parler.

Une majorité de Français estiment en tout cas que ce problème n’est pas insoluble puisque 59% déclarent que l’on peut réglementer et contrôler l’accès des multinationales aux ressources naturelles des pays du Sud, 37% exprimant un avis inverse. A noter que cette opinion varie sensiblement selon l’âge ou la proximité politique : si les personnes âgées de 50 à 64 ans (67%), les sympathisants Verts (68%) ou ceux du Front de Gauche (64%) sont assez largement persuadés que l’on peut changer les choses, les jeunes âgés de 18 à 24 ans pensent quant à eux majoritairement le contraire (52%), tout comme 48% des sympathisants du FN.

Les agro-carburants suscitent des réactions contrastées entre bénéfices attendus et risques perçus.
L’étude menée par l’institut CSA pour le CCFD-Terre Solidaire a aussi cherché à mieux connaître les représentations associées aux agro-carburants au sein de la population française. Il ressort des résultats de l’étude que les personnes interrogées en ont une image contrastée, sans doute encore en construction. Ainsi 69% des Français sont d’accord avec l’idée selon laquelle les agro-carburants « sont une chance pour réduire notre dépendance au pétrole » et 59% qui pensent qu’ils sont « une opportunité de développement pour les pays pauvres ». Mais à l’inverse 69% estiment qu’ils « favorisent la spéculation des produits agricoles et la hausse des prix » tandis que 65% considèrent qu’ils « réduisent les zones de cultures destinées à l’alimentation ».
Au final 54% des Français estiment que les agro-carburants sont « bons pour l’environnement », alors que 40% pensent l’inverse. A noter que seuls les cadres ne pensent pas en majorité que les agro carburants sont bons pour l’environnement (56% pensent le contraire) tandis que les jeunes âgés de moins de 35 ans, les catégories populaires ou encore les sympathisants des Verts sont les plus convaincus de leurs effets bénéfiques.

Les Français croient en la capacité des populations du Nord et du Sud à obtenir de leurs gouvernements qu’ils luttent contre la faim dans le monde

Il semble possible pour une large majorité de Français que les habitants des pays du Nord se mobilisent pour obtenir de leur gouvernement des mesures pour lutter contre la faim dans le monde : 71% pensent ainsi qu’il est possible de le faire « par leurs pratiques ou habitudes de consommation », et 69% affirment qu’il est possible d’obtenir que les gouvernements occidentaux luttent contre la faim dans le monde « par leurs votes et leur mobilisation sociale ». Ces convictions sont particulièrement partagées par les sympathisants de la gauche non socialiste (Verts, Front de Gauche) mais aussi par les personnes les plus âgées ou les plus diplômées tandis qu’à l’inverse on observe un plus grand scepticisme chez les plus jeunes ou les sympathisants du FN.

Une majorité de Français a aussi confiance en la capacité des habitants des pays du Sud à se mobiliser pour faire évoluer leurs gouvernements : 51% estiment qu’ils peuvent l’obtenir de leur gouvernement « par leurs votes et leur mobilisation sociale » tandis que 45% des interviewés pensent l’inverse. Si cet optimisme est moins élevé que celui exprimé à l’égard des pays du Nord, peut-être en raison d’une mauvaise image des gouvernants des pays touchés par la faim dans le monde (corruption, instabilité politique), il semble tout de même attester d’une certaine confiance dans la capacité de ces derniers à se mobiliser eux-mêmes pour lutter contre ce fléau.

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Sondage, les Français et la lutte contre la faim dans le monde

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