Publié le 26.05.2008 • Mis à jour le 09.05.2016

Appuyer le développement des communautés birmanes

La Birmanie est un des pays les plus pauvres d’Asie. Un tiers des Birmans vivent sous le seuil de pauvreté. L’éducation des enfants y est déficiente et le sida y frappe avec une ampleur inégalée dans les autres pays du continent.

Après près de 50 années de régimes autoritaires et de juntes militaires, la Birmanie a amorcé en 2011 une transition démocratique. Le pouvoir demeure cependant majoritairement aux mains des militaires et malgré la libération de prisonniers politiques et l’annonce de réformes, le pays reste caractérisé par des graves violations des droits de l’homme. De nombreux conflits ethniques ont encore lieu dans plusieurs régions et atteignent en premier lieu les populations les plus défavorisées.

Le partenaire
La fondation Metta Development a été créée en 1988 à l’initiative d’une personnalité birmane, Mme Seng Raw. Née dans l’Etat Kachin suite aux accords de cessez le feu de 1995, cette organisation se donne pour objectif de venir en aide aux communautés les plus pauvres et les plus isolées du pays, celles qui ont été ruinées par des décennies de conflits ethniques. Le mot "metta", d’origine bouddhique, signifie "bonté". Ses bureaux se trouvent à Rangoon avec cinq antennes réparties dans le pays. Il s’agit de l’une des plus grandes associations locales en Birmanie, avec environ 300 salariés.

Le projet
Metta Development se donne quatre axes de travail :
• l’éducation et la formation,
• le développement communautaire,
• la reconstruction rurale
• la mise en réseau. Metta soutient en priorité le développement des capacités des communautés paysannes des zones frontières nord et est de la Birmanie qui sont composées de différentes ethnies (chin, kachin, shan, karen ...) et religions.

Les actions de Metta incluent : la mise en place d’activités génératrices de revenus et le développement participatif, des programmes de santé et de nutrition, la mise en place de structures éducatives pour la petite enfance, des formations techniques pour une agriculture autonome et durable, la promotion de pratiques agricoles traditionnelles et respectueuses de l’environnement, la préservation des ressources naturelles, Les catastrophes naturelles comme l’inondation de Myitkyina en juillet 2004, le tsunami en décembre 2004 et le cyclone Nargis en mai 2008 ou Giri en 2010 ont amené Metta à s’engager aussi dans des actions d’urgence et de secours.

Les réalisations
La fondation Metta Development a utilisé la méthode de l’action recherche participative (PAR) pour permettre aux paysans bénéficiaires du projet d’identifier leurs besoins et leurs ressources.

• Ainsi, les activités mises en œuvre ont été différentes selon les villages : élevage de chèvres, de poulets ou de porcs, culture de fruits, voire d’herbes chinoises. Toutes permettent aux paysans d’acquérir une certaine autonomie, notamment alimentaire.

• En parallèle, la fondation a mis en place des formations aux techniques agricoles. D’autres sont destinées à former des destinés à animer les actions locales et à devenir les porte-parole des populations.

• Les communautés ayant bénéficié de ces premières actions constituent des réseaux entre elles, afin d’échanger leurs expériences et de briser l’isolement.

Replanter la mangrove pour se protéger

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Pépinière de plants pour reforestation de la mangrove en Birmanie (2008)

Après le passage du cyclone Nargis en mai 2008, et après la période d’urgence, notre partenaire, la fondation METTA, a encourager les communautés birmanes à replanter la mangrove des zones côtières du Delta. La Birmanie possède, avec la mangrove, un éco-système côtier très favorable à l’aqua-culture et à la pêche, qui de plus protège les populations contre les tsunamis, typhons et cyclones. Dans ce contexte, la fondation Metta, partenaire birman du CCFD-Terre Solidaire, sensibilise et accompagne les villages dans la protection des zones de mangrove, et à la préservation de ce milieu vivant. La protection des abeilles est essentielle dans ces zones, dans une logique de polénisation, au même titre que les poissons, crabes et crevettes de mangrove, sources de revenus.

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Reforestation de la mangrove birmane avec de nouveaux plants (2008)

Le cyclone Nargis a détruit 35.000 hectares de mangrove, et plus de 40% des sources d’eau douce dans certaines régions comme la province d’Ayeyarwady. Dès l’été 2008, les villages s’organisent, en lien étroit avec la Metta Foundation, afin d’effectuer une reforestation efficace. Des pépinières de plants d’essences locales sont mises en oeuvre. Au total plus de 6.000 pousses de sol classique seront implantées, en plus des 170.000 plants de mangrove. Entre août 2008 et mars 2009,150 hectares ont déjà été replantés, sur une zone de 2.000 hectares sélectionnée par la Metta Foundation avec les communautés des villages. 40.000 personnes sont concernées par cette initiative de reforestation.

Partage d’expériences thaïlandaises pour la
Birmanie
Les côtés du sud de la Thaïlande et la zone du Delta (sud ouest de la Birmanie) possèdent des éco-systèmes similaires. Birmanie et Thaïlande ont sur ces zones les mêmes enjeux de protection de la biodiversité. Par ailleurs, les 2 pays ont du faire face à la destruction partielle de ces écosystèmes de mangroves lors de catastrophes naturelles : tsunami en 2004 en Thaïlande, Cyclone Nargis en 2008 en Birmanie. A l’initiative du CCFD-Terre Solidaire, un partage d’expérience à donc été organisé entre l’association Yadfon (Thaïlande) et la fondation Metta (Birmanie). Objectif : échanger sur leurs expériences et leurs pratiques pour la protection et la reforestation de la mangrove. En août 2008, les 2 organisations se rencontrent, avec des visions historiquement très différentes :

  • La mangrove birmane jusque là était exploitée de manière drastique sans chercher à restaurer le milieu naturel.
  • A contrario, la gestion communautaire des villages thaïlandais reposait -à l’initiative de l’association Yadfon- sur une approche traditionnelle de protection du milieu.

A l’issue de ces journées d’échanges, les birmans ont ainsi saisi l’intérêt de la reforestation :

  • augmentation de la fertilité de l’éco-système,
  • action préventive de protection contre les catastrophes naturelles,
  • augmentation des sources de revenus locaux,
  • implication des communautés locales, notamment dans un cadre de réhabilitation suite à une catastrophe naturelle.

 > Pour en savoir plus sur la Fondation METTA, rendez-vous sur le site web : http://www.metta-myanmar.org mise à jour : 17 juin 2008

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