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Au Mexique, une maison d’accueil pour les personnes migrantes victimes de violence

Publié le 05.02.2019| Mis à jour le 01.07.2022

La Casa Mambré, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, permet aux migrants victimes de violences de souffler et de se projeter à nouveau dans l’avenir.


Bienvenue à la Casa Mambré, une maison située au coeur de la capitale mexicaine, dépourvue de tout signe extérieur d’identification afin de garantir l’anonymat de ses résidents. « Le lieu a été créé le 1er octobre 2016 par la Mission scalabrinienne pour les migrants et les réfugiés (partenaire Le CCFD-Terre Solidaire) », explique Axela Romero, l’une des coordinatrices de la Casa Mambré. Elle ajoute :

« Nous y accueillons des migrants qui, pour la plupart, ont été victimes de délits graves comme le kidnapping, les réseaux de prostitution, les vols avec maltraitance. Ils ont souvent pris le risque de dénoncer leurs bourreaux… Il y a aussi des mineurs, des défenseurs des droits humains et des LGBT. Ces personnes restent en moyenne de trois à six mois, voire plus. »

De pays de transit à terre d’accueil

Originaires pour la plupart du Honduras, du Salvador, du Guatemala, d’Haïti, du Venezuela, mais aussi d’Afrique (Togo, Cameroun, République démocratique du Congo), les personnes migrantes sont généralement orientées vers la Casa Mambré par les autorités mexicaines ou par l’UNHCR, l’agence de l’Onu pour les réfugiés.
Elles vont y suivre un parcours d’accompagnement en trois étapes. « La première phase est “l’accueil cordial”, précise soeur Fefa Martinez, présente depuis la création de la maison. Après l’évaluation de leur situation avec une assistante sociale, les migrants sont reçus par un médecin, puis par une psychologue et une avocate. »

Migraines récurrentes, douleurs intestinales à cause d’une alimentation rare ou irrégulière, MST… les migrants présentent également des problèmes dentaires, parfois suite aux violences subies. « La plupart présentent des symptômes de dépression et d’anxiété, explique Ruth Gonzalez Ramirez, la psychologue. Ils passent leurs journées à revivre les épreuves par lesquelles ils sont passés. Certains tombent ou retombent dans des addictions, comme la drogue et l’alcool. Globalement pourtant, ces personnes montrent une impressionnante capacité de résilience. Même si pour certains, dire “je vais bien !” est souvent un mécanisme de protection. »

« La santé psychologique s’améliore aussi avec leur régularisation. Pour monter les dossiers de demandes de statuts de réfugiés ou de visas humanitaires, je mène des entretiens approfondis. Ensuite, la Commission nationale d’aide aux réfugiés (Comar) a 100 jours pour statuer », souligne Katherin Ramirez, 31 ans, l’une des avocates de la Casa Mambré.

Parallèlement à leur demande de régularisation, les résidents entament leur « intégration sociale », deuxième étape du parcours d’accompagnement intégral. « Ils suivent des cours d’espagnol et commencent à définir leur projet de vie », souligne Leonila Romero Gonzalez, coordinatrice du Centre pastoral des droits humains, structure liée au SMR. Avant d’ajouter :

« Face aux difficultés croissantes pour aller aux États-Unis, 60 % des migrants affirment vouloir rester ici… au moins un temps, avant de retenter leur chance. »

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Préparer son intégration

Cette installation est souvent le fruit de la troisième et dernière phase du parcours, intitulée « intégration communautaire et exercice des droits ». Leonila Romero Gonzalez assure que :


« Plusieurs migrants ayant séjourné à la Casa Mambré nous ont donné des nouvelles. Ils ont réussi à se construire une vie heureuse au Mexique ou aux États-Unis. »

Des informations qui donnent du baume au coeur à une équipe bénéficiant de moyens limités. « La Maison fonctionne grâce au financement de l’UNHCR, qui représente 80 % du budget, poursuit-elle. Nous avons également l’appui du CCFD-Terre Solidaire, de Médecins sans Frontières, de bénévoles et de donateurs. Actuellement, nous menons des travaux afin d’accroître notre capacité d’accueil, limitée aujourd’hui à environ 70 personnes. Nous voulons notamment offrir des chambres pour les familles. »

De quoi satisfaire Clara, guatémaltèque de 26 ans et son époux Manolo, hondurien de 36 ans, qui dorment dans des dortoirs séparés : « C’est une bonne nouvelle, sourit Manolo. Mais j’espère surtout qu’on aura bientôt notre chez-nous au Canada ! »

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