Un avenir sans faim

Publié le 13.02.2009 • Mis à jour le 29.06.2012

Sri Lanka : protéger les civils et engager la réconciliation nationale.

Un conflit long de près de 40 ans, une offensive armée sans témoins

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Depuis les années 70, l’île de Sri-Lanka, à 31 kilomètres au sud-est de l’Inde, est en proie à une guerre civile meurtrière. Celle-ci oppose le gouvernement du Sri Lanka dominé par la majorité cinghalaise bouddhiste, et les Tigres de libération de l’Eelam Tamoul (LTTE).

Cette organisation séparatiste lutte par les armes pour la création d’un État indépendant dans l’est et le nord du pays, majoritairement peuplé de Tamouls de religion hindoue (18% de la population du pays). Ce conflit a causé la mort de plus de 70 000 personnes en près de 40 ans.

Une offensive armée sans témoins

A la fin de l’année 2008, le gouvernement cinghalais a décidé d’éliminer le LTTE par la force. Cela a entraîné des conséquences graves pour plusieurs centaines de milliers de civils, piégés au milieu des combats dans la région de Vanni, au nord de l’île. Cette offensive armée dans les derniers bastions du LTTE dure maintenant depuis plusieurs semaines sans témoins : les journalistes, observateurs des droits humains et travailleurs humanitaires (à l’exception du CICR) ne sont pas autorisés à pénétrer dans les zones de combats.

250 000 civils seraient ainsi piégés dans une zone de 300 Km2. Certains sont parqués dans les camps de fortune en zone de sécurité instituée par l’armée gouvernementale, sans assistance humanitaire ni liberté de circulation. D’autres sont retenus dans les territoires encore aux mains du LTTE, cibles directes des échanges de tirs et bombardements. Le gouvernement cinghalais ne se considère pas responsable de la sécurité de ces derniers, violant ainsi le droit international humanitaire.

Pour un dialogue politique avec les minorités

Les défenseurs des droits humains dans le pays demandent :

  • l’arrêt immédiat des bombardements par les deux parties,
  • l’accès aux zones de combats pour les médias et l’aide humanitaire,
  • l’arrêt des menaces envers les défenseurs des droits humains,
  • l’abandon des charges pesant sur les journalistes indépendants récemment appréhendés au nom de la lutte contre le terrorisme.

Dans une perspective de long terme, il parait indispensable que le gouvernement entame un dialogue politique avec les minorités marginalisées dans le pays pour favoriser la réconciliation nationale. Il devra aussi mener les enquêtes nécessaires pour faire la lumière sur les violations des droits humains qui se sont multipliées depuis 2006 et dont sont victimes les journalistes, parlementaires, représentants d’Eglise, travailleurs sociaux et défenseurs des droits humains.

L’établissement d’une représentation du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme pourrait contribuer à limiter la détérioration des droits fondamentaux dans le pays. Dans le même sens, les lois anti-terroristes en vigueur dans le pays, au nom desquelles de nombreuses arrestations ont lieu, devraient être mises aux normes internationales en matière de droits humains.

La Commission Justice, paix et intégrité de la création écrit à la présidence sri-lankaise. (Anglais)

Les Evêques sri-lankais appellent à la protection des civils. (Anglais)

Déclaration conjointe de plusieurs Evêques du Sri Lanka. (Anglais)

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